Des récits racontés à Mem û Zîn, à la poésie soranie, aux manuscrits gorani et aux archives actuelles.

Page étroite de poésie gorani manuscrite à l’encre noire et rouge, British Library Or. 6444, folio 55r
Anthologie gorani copiée en 1782–1784, British Library Or. 6444, folio 55r. Ni portrait de poète ni page de Mem û Zîn. British Library · Or. 6444, f. 55r · CC0 1.0 · Wikimedia Commons.

Une littérature entendue et lue

La littérature kurde comprend récits interprétés, chants, poèmes écrits et prose moderne. Oral et écrit s’influencent : un poème peut devenir chant, un récit inspirer une œuvre nouvelle. Une collecte doit donc identifier l’interprète, le lieu et la date. La tradition orale renseigne sur la mémoire et la pratique artistique, mais n’est pas automatiquement un témoignage oculaire reproduit mot pour mot. [1]

Memê Alan et Mem û Zîn

Le récit populaire Memê Alan et le Mem û Zîn d’Ehmedê Xanî sont liés mais distincts. Kreyenbroek décrit plusieurs versions d’un récit particulièrement associé aux régions kurmanjiphones. [2] Shakely date le poème kurmanji de Xanî de 1694. Une œuvre littéraire amoureuse n’est pas une biographie documentaire de ses personnages. [3]

Plusieurs traditions littéraires

Melayê Cizîrî, Feqiyê Teyran et Xanî appartiennent à la poésie classique kurmanji. La poésie soranie s’est notamment développée autour de Souleimaniye et de la cour des Baban ; Nalî en est une figure essentielle. Revues et prose moderne ont ensuite élargi les formes littéraires. Les dates de certains poètes anciens restent incertaines. Réduire cette histoire à un seul « père » de la littérature kurde efface sa diversité. [4]

Le gorani et les manuscrits

MacKenzie décrit le rôle littéraire du gorani sous le patronage des Ardalan et ses récits épiques et amoureux. Classification linguistique et appartenance culturelle sont des questions différentes. Le gorani peut figurer dans l’histoire culturelle kurde tout en conservant une description linguistique précise. L’anthologie illustrée possède une cote de collection vérifiable. [5]

Préserver et documenter

Le rapport UNESCO de Slemani de 2024 décrit une numérisation associant Zheen Archive Center, Kurdish Heritage Institute, Kashkul à l’American University of Iraq, Sulaimani, et l’Université de Sulaimani, autour de livres, manuscrits et documents musicaux. [6] Une notice doit identifier interprète, collecteur, modifications et lieu de conservation. Comparer une édition imprimée à un manuscrit ou à un enregistrement permet de comprendre les variations de transmission.

Sources et lectures complémentaires

  1. Christine Allison and Philip G. Kreyenbroek, Oral Literature in Iran — Encyclopaedia Iranica
  2. Philip G. Kreyenbroek, Mem-ê Alan — Encyclopaedia Iranica
  3. Farhad Shakely, Aḥmad-e Ḵāni — Encyclopaedia Iranica (Mem û Zîn, 1694)
  4. Philip G. Kreyenbroek, Kurdish Written Literature — Encyclopaedia Iranica
  5. D. N. MacKenzie, Gurāni — Encyclopaedia Iranica
  6. Slemani, UNESCO Creative Cities Network Monitoring Report 2024, pp. 6–7 (city-submitted report)