La Mannée était un royaume de l’âge du Fer au sud du lac d’Ourmia. Diplomatie, successions et découvertes archéologiques éclairent sa place entre ses puissants voisins.

Au sud du lac d’Ourmia
Karen Radner situe la Mannée approximativement dans les provinces iraniennes actuelles du Kurdistan, d’Azerbaïdjan occidental et en partie oriental. L’Urartu était au nord, les provinces assyriennes au sud et à l’ouest. [1] La diplomatie comptait autant que la guerre. Cette géographie ne définit pas une population inchangée selon les frontières actuelles.
Rois et successions
La synthèse de Hassanzadeh examine les mentions du règne de Salmanazar III et l’ascension d’Iranzu. Après sa mort, le bref règne d’Aza finit violemment ; Ullusunu s’accorda avec Sargon II. Les annales assyriennes racontent ensuite la défaite d’Ahsheri et sa mort dans une révolte interne. Ualli lui succéda et envoya son fils Erisinni en otage. Erisinni n’est donc pas un roi ultérieur indépendamment établi. En 616, des forces mannéennes combattaient avec l’Assyrie. [2]
La diplomatie des campagnes
Selon Radner, Iranzu régnait encore en 719 lorsque la faction de Mitatti à Zikirtu se révolta, créant des centres concurrents. Ullusunu se soumit en 716 et fut reconnu roi. Mitatti survécut jusqu’à la campagne de 714 puis devint vassal assyrien. [1] Faire mourir Aza en 719 ou exécuter Mitatti en 716 confond des épisodes distincts.
Une lettre sur les chevaux
SAA 5 169, d’Issar-shumu-iqisha, signale des envoyés de Zikirtu accompagnés de messagers urartéens captifs. De l’argent était déposé pour des chevaux promis à Pashshate. Les envoyés niaient connaître la promesse ; le roi devait interroger un autre émissaire. [3] Paiement, négociation et livraison incertaine apparaissent ici, pas seulement le tribut. La tablette appartient au règne de Sargon sans date précise.
Briques glaçurées
Binandeh, Kargar et Khanmohamadi étudient les briques fouillées à Qalaichi en 2006 : êtres composites ailés, déesse, losanges et génie. Formes variées et décor sur faces adjacentes composaient des ensembles architecturaux. Certaines briques furent remployées. [4] Un objet isolé et un contexte fouillé n’offrent pas les mêmes informations. Les comparaisons assyriennes éclairent des traditions communes, non leur survie démontrée dans une religion actuelle. Le pillage a détruit des contextes.
Capitale, langue et patrimoine
Radner juge non prouvée l’identification de Qalaichi à Izirtu par le toponyme de la stèle de Bukan. [1] Hassanzadeh souligne les limites linguistiques et une diversité possible. Des inscriptions araméennes et assyriennes ne constituent pas un corpus complet d’une langue locale ; ses critères archéologiques restent à tester. [2] Ce patrimoine régional n’établit ni ascendance génétique exclusive ni chaîne documentée vers les croyances kurdes actuelles.
Sources et lectures complémentaires
- Karen Radner, Mannea, a forgotten kingdom of Iran, Assyrian Empire Builders (updated 2 September 2024): political divisions, chronology, capital identification and historical drawing.
- Yousef Hassanzadeh, An Archaeological View to the Mannaean Kingdom, Asia Anteriore Antica 4 (2022), pp. 13–46; especially pp. 14–16 and 36–37. DOI: 10.36253/asiana-1746.
- State Archives of Assyria 5, no. 169, King of Zikirtu as Horse Trader, K 537 / ABL 205, P334149. Edition adapted from Giovanni B. Lanfranchi and Simo Parpola (1990), Oracc SAAo.
- Ali Binandeh, Bahman Kargar and Behruz Khanmohamadi, Mannaean Art: Some Glazed Bricks from Qalaichi, Iran, Aula Orientalis 35/2 (2017), pp. 213–222; especially 215–220.