Le parcours de Daysam au Xe siècle associe soutien militaire kurde, commandants rivaux et retours au pouvoir. Les monnaies permettent de vérifier la chronologie.

Deux faces d’un dinar d’or attribué à Daysam, inscriptions arabes centrales et circulaires sur fond blanc
Dinar d’or de Daysam, American Numismatic Society 1966.31.4, Wikimedia Commons, CC0. Ce n’est pas un portrait ; les dirhams d’argent du texte sont d’autres objets. American Numismatic Society · 1966.31.4 · Wikimedia Commons · CC0 1.0. Wikimedia 1280-pixel rendition; no creative changes.

Origines et premiers conflits

Abu Salem Daysam ibn Ibrahim al-Kurdi gouverna par intermittence en Azerbaïdjan au Xe siècle. Bosworth lui donne une mère kurde et un père arabe lié au kharijite Harun al-Wazeqi. Il servit Yusuf ibn Abi’l-Saj et revint avec Vushmgir après son expulsion par Lashkari. Marzuban le chassa en 330 H/941–942. [1] L’appartenance religieuse ne prouve pas ses motivations politiques personnelles.

Quel Azerbaïdjan ?

Akopyan et Vardanyan distinguent l’Adharbayjan historique au sud de l’Araxe de la république moderne au nord. Ils suivent les rapports avec l’Arran et l’Arménie, sans frontière nationale fixe. Une monnaie de Bardaa datée de 325 H situe son autorité avant le début habituel en 326 H. [2] Un atelier monétaire atteste une revendication datée et localisée, pas une carte complète des territoires ou des populations.

Un secrétaire discuté

Un dirham d’argent d’Arminiya de 331 H porte Muhammad ibn Ahmad. Les auteurs proposent le secrétaire Abu Abdallah Muhammad ibn Ahmad al-Nuaymi, au service de Daysam puis des Sallarides. L’identification reste une hypothèse. Les émissions de Daysam le nomment au revers, sous le calife. [2] Les inscriptions doivent être confrontées au récit politique.

Le retour à Ardabil

Vardanyan cite en 2007 des dirhams de Daysam frappés à Ardabil en 338 H : un retour dès 949–950. Il le relie à sa libération par Wahsudan après la défaite et l’emprisonnement de Marzuban. Cela diffère du résumé de Bosworth situant le retour en 341 H/952. [3][1] La date monétaire antérieure doit rester visible ; une restauration locale ne prouve pas la reconquête de tout le territoire.

Des fidélités croisées

Près d’Ardabil en 341 H, la plupart des soldats daylamites de Daysam passèrent à Ali ibn Mishaki. Justan ibn Sharmazan resta fidèle et fut capturé. [3] Cette exception interdit de représenter tous les Kurdes comme loyaux et tous les Daylamites comme ennemis. Commandants, patronage et occasions changeantes façonnaient aussi les alliances.

Salmas et la fin

Bosworth rapporte son appel à Sayf al-Dawla à Alep, l’occupation de Salmas en 344 H/955–956 puis le repli en Arménie. Deranik, fils de Gagik et prince artsrunide, le livra à Marzuban, qui le fit aveugler et emprisonner. Après la mort de Marzuban en 346 H/957, ses partisans tuèrent Daysam. [1] Le dinar illustré est un objet associé à son autorité, pas une preuve de chaque campagne. [4]

Sources et lectures complémentaires

  1. Clifford Edmund Bosworth, Daysam, Encyclopaedia Iranica VII/2 (1994), pp. 172–173; origins, campaigns and death.
  2. Alexander Akopyan and Aram Vardanyan, Muhammad ibn Ahmad — A New Governor on a Dirham Minted in Arminiya in 331 AH, ONS Newsletter 187 (2006), pp. 11–13.
  3. Aram Vardanyan, On the Coinage of the Sallarids and Contemporary Military Generals in Iranian Adharbayjan in the Tenth Century AD, ONS Newsletter 191 (2007), especially pp. 8–10.
  4. American Numismatic Society, gold dinar of Daysam, collection 1966.31.4; Wikimedia Commons image record, CC0.