Hassaké, Hesîçe en kurde, est une ville du nord-est syrien et le centre du gouvernorat homonyme. Son histoire associe bassin du Khabour, croissance urbaine au vingtième siècle et communautés kurdes, arabes et chrétiennes. Une présentation actuelle distingue la ville de la province et date les changements politiques.

Maisons à toit plat, paraboles et bâtiment plus élevé du quartier Tal Hajar sous un ciel dégagé
Tal Hajar, Hassaké, 14 août 2009. Vue historique antérieure à la guerre syrienne, sans prétention de montrer les conditions actuelles. haitham alfalah ; CC BY-SA 3.0. © haitham alfalah · Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0.

Ville et Djézireh

Hassaké se trouve dans le haut bassin du Khabour, au confluent du Jaghjagh. Après leur enquête de terrain, Gibert et Févret expliquaient en 1953 que Djézireh désignait dans l’usage syrien la région administrative du nord-est, pas tout l’espace entre Tigre et Euphrate. [1] [2] Un chiffre provincial, de déplacement ou de desserte d’une station d’eau ne constitue donc pas automatiquement la population de la ville.

Un centre régional moderne

Les sites antiques du bassin donnent un contexte archéologique régional sans se confondre avec l’histoire urbaine moderne. Orešić et Bahnan décrivent la croissance de villes autour des postes administratifs et militaires français de 1920–1945, suivie du commerce agricole et du développement soutenu par l’État. [1] Blé et coton reliaient marchés urbains et terres cultivées. Administration, agriculture et échanges ont ainsi contribué à l’importance régionale de Hassaké.

L’eau avant et pendant la guerre

La pénurie précède le conflit récent. Avec des séries allant jusqu’à 2001, Orešić et Bahnan reliaient les modifications du débit du haut Khabour à l’utilisation croissante des eaux superficielles et souterraines par l’agriculture, surtout depuis les années 1970. [1] MSF rapportait en novembre 2025 que les interruptions d’Alouk depuis 2019 rendaient les familles dépendantes de ressources moins réglementées. [3] Débit, pompage, infrastructures et accès domestique à l’eau potable sont liés mais distincts.

L’attaque de prison et les civils

L’attaque du centre de détention de Ghweiran, le 20 janvier 2022, a introduit des combats dans Hassaké et déplacé des familles. Le rapport de janvier d’UNICEF dénombrait près de 700 garçons détenus, surtout syriens et irakiens, certains âgés de douze ans. L’assistance aux déplacés, dont 2 600 personnes en abris collectifs, couvrait eau, hygiène, nutrition, protection des enfants et enseignement non formel. [4] Cette dimension civile complète le récit militaire ; qualifier tous les détenus de combattants adultes efface les enfants.

Le changement de 2026

La description d’enclaves gouvernementales dans une ville autrement administrée par les FDS explique mal la transition de 2026. EUAA relève l’entrée de forces gouvernementales le 2 février puis l’intégration d’institutions, barrages et lieux de détention dans le gouvernorat. [5] Une note de la bibliothèque des Communes rapporte que Mazloum Abdi estimait en août achevée l’intégration militaire, sécuritaire et administrative. [6] Il s’agit de son évaluation rapportée, sans démontrer le règlement de toutes les questions constitutionnelles ou négociations sur les droits kurdes.

Le quotidien et le rétablissement

MSF a interrogé plus de 150 familles locales et déplacées du gouvernorat en juin 2025. Parmi les répondants, 90 % avaient reporté ou évité des soins ; seuls 37 % des ménages interrogés obtenaient constamment assez d’eau pour l’hygiène et le foyer. Ce sont des résultats d’échantillon, pas un recensement urbain. MSF signalait aussi douze forages réhabilités et des travaux à Al-Aziziah et Al-Hamma. [3] Eau, logement, services et revenus constituent des mesures concrètes du rétablissement.

Sources et lectures complémentaires

  1. Danijel Orešić and Georgos Bahnan, River Regime Changes in the Upper Part of Khabour Catchment Area in North-Eastern Syria in the Second Half of the XXth Century, Part I: Annual Runoff, Hrvatski geografski glasnik 67/1 (2005), pp. 45–62; geographical setting, urban development and historical runoff.
  2. André Gibert and Maurice Févret, La Djezireh syrienne et son réveil économique, Revue de géographie de Lyon 28/1 (1953), pp. 1–15; opening geographical definition and March 1952 field visit.
  3. Médecins Sans Frontières, People in northeast Syria continue to struggle to access basic needs, 6 November 2025; own June 2025 household assessment and water-infrastructure work.
  4. UNICEF, Whole of Syria Humanitarian Situation Report, January 2022; Ghweiran detention-centre attack, children and assistance to displaced families.
  5. European Union Agency for Asylum, Syria: Security Situation (2026), section 2.7.2, Territorial control and main armed actors; dated changes in Hasaka governorate and city.
  6. House of Commons Library, Syria in 2026: Interim government and Kurdish integration; reported August 2026 assessment by Mazloum Abdi, consulted October 2026.
  7. haitham alfalah, Tal hajar Quarter in AL-Hasakah, 14 August 2009; credited photograph, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons.