La tournée associe objets sacrés, récitation et conseil. Recherche et comptes rendus datés expliquent eau, lampes et berat, retour en 2024 et report en avril 2026.

Responsabilités religieuses et sociales
Tawûsgêran ou Tawusgeran désigne la circulation du paon sacré. Le projet de Yazda décrit Gara Tawuse comme tradition semestrielle d’interprétation des textes, de conseil et de résolution de questions sociales. [1] L’étendard attire le regard ; rencontres, écoute et obligations relient savoir religieux et vie locale hors de Lalish.
Un objet avec une histoire
Sanjak ou sinceq représente Tawûsî Melek. Van Bruinessen examine en 2018 les témoignages du XIXe siècle sur sept étendards régionaux, compare dessins de Layard et Badger et les distingue des lampes-paons d’autres lieux. [2] L’apparence ne suffit pas à identifier l’usage. Le sept traditionnel n’est ni inventaire actuel ni attribution fixe à sept anges distincts.
Enseigner par la performance
Les qewwals transmettent les hymnes appris. Kreyenbroek décrit familles héréditaires, autres connaisseurs, mélodies, interprétation, daf et şebab. [3] Paroles et musique rendent l’enseignement audible pendant la tournée. Dire simplement «sans écriture» méconnaît la préservation et l’interprétation disciplinées des textes sacrés.
Eau, lampes et berat
Aysif décrit l’aspersion de l’étendard avec l’eau de Kaniya Spî, citant un entretien du gardien en juillet 2015. L’eau circule dans le şerbik. Sept lumières sont dites lampes du savoir. Les berat sont boulettes d’argile sacrée liées à terre et eau, pas pierres quelconques. [4] Ces pratiques relient déplacement et Lalish sans imposer une séquence universelle.
Le retour en 2024
Kurdistan24 décrit le 1er juin 2024 une tournée du Duhok jusqu’à Ba’adre : encens, flûte, tambourin, foyer choisi, repas et conseil. Daye Fato évoque plusieurs années d’absence et le dîner partagé. [5] La visite rétablit une rencontre remémorée. Une datation millénaire non vérifiée n’est pas nécessaire pour saisir son importance.
Continuité et interruption
Le 14 avril 2026, SyriacPress rapporte suspension des cérémonies du Nouvel An à Lalish et report de la tournée après un conseil spirituel. [6] Ce report daté ne prouve ni annulation de toute tournée ultérieure ni fin de l’institution. Reprise et interruption appartiennent à l’histoire récente. Le lien au calendrier ne confond pas tournée et Nouvel An.
Sources et lectures complémentaires
- Yazda, “Yazidi Cultural Preservation”, episode 20, “Gara Tawuse – A Tour of Religious Guidance and Problem Solving”: community project’s account of the tour.
- Martin van Bruinessen, “Following the Trail of a Peacock”, part 1, NUS Middle East Institute, 2 August 2018: sanjak, historical drawings and distinction from lamps.
- Philip G. Kreyenbroek, “Qawl”, Encyclopaedia Iranica (2002): sacred hymns, reciters, melodies, interpretation and instruments.
- Rezan Shivan Aysif, The Role of Nature in Yezidism (2021), pp. 212–214: touring practice, Kaniya Spî water, şerbik, lamps and berat.
- Kurdistan24, “The Sacred Journey of Tawus Tour”, 1 June 2024: Ba’adre visit, hosting, music, meals and participant accounts.
- SyriacPress, 14 April 2026: report of the Supreme Spiritual Council decision to suspend New Year ceremonies and postpone the tour.