Né à Amid vers 1156 et mort à Damas en 1233, Sayf al-Din al-Amidi écrivit sur la théorie juridique islamique, la théologie et la logique. Ses textes explorent preuve et raisonnement.

Page de titre arabe imprimée du Muntaha al-sul d’al-Amidi, avec cachets de bibliothèque et cotes manuscrites
Titre du Muntaha al-sul fi ilm al-usul, Égypte, 1320 H., catalogué vers 1902. Exemplaire de l’Université américaine de Beyrouth, Arabic Collections Online / NYU. Domaine public. American University of Beirut / Arabic Collections Online, NYU · Public domain.

D’Amid à Bagdad

Sayf al-Din Ali al-Amidi naquit vers 1156 à Amid, aujourd’hui Diyarbakır ou Amed. Al-Amidi est une indication géographique et ne détermine pas seule une ethnicité. Emrullah Yüksel décrit des études locales puis à Bagdad auprès du hanbalite Ibn al-Manni, avant l’adoption du droit chaféite. Il apprit aussi philosophie et logique auprès de savants chrétiens et juifs. [1]

Enseignement et protection politique

Sa carrière traversa Syrie et Égypte. Il enseigna au Caire, trouva protection à Hama puis enseigna à la madrasa Aziziyya de Damas. Accusations liées à ses études philosophiques et changements de soutien politique influencèrent ses postes. Yüksel rapporte sa révocation après une correspondance supposée avec l’ancien souverain de Diyarbakır. Il mourut à Damas en 1233. L’enseignement dépendait des institutions et des protecteurs. [1]

Le contenu d’al-Ihkam

Al-Ihkam fi usul al-ahkam traite des principes justifiant les règles juridiques par des preuves. Salim Öğüt le date de 1228 et distingue quatre parties : notions et jugements ; preuves ; raisonnement indépendant, imitation et fatwas ; conflits et préférence entre preuves. [2] Coran, Sunna, consensus, analogie et autres inférences sont discutés. L’ouvrage expose les opinions et leurs raisons avant de préciser ses choix. Le lecteur peut ainsi suivre la justification d’un résultat. [2]

L’abrégé et le livre imprimé

Al-Amidi abrégea al-Ihkam sous le titre Muntaha al-sul fi ilm al-usul. [2] Arabic Collections Online présente un exemplaire de l’Université américaine de Beyrouth. Son catalogue indique une impression égyptienne chez Muhammad Ali Subayh, 1320 H., vers 1902, corrigée par Abd al-Wasif Muhammad. La page montrée appartient à cette édition tardive et témoigne de la circulation du texte des siècles après l’auteur. [3]

Philosophie et atome

Laura Hassan examine la matière dans Abkar al-afkar. Elle décrit un penseur maintenant un cadre théologique achʿarite tout en engageant sérieusement la philosophie d’Ibn Sina. Sur la partie indivisible, ou atome, il suspend son jugement. Hassan suit les tensions avec d’autres arguments et les changements dans Ghayat al-maram. Des raisonnements particuliers pouvaient rester ouverts à l’intérieur d’une tradition défendue. [4]

Un manuscrit sur le syllogisme

Şerefettin Adsoy étudie en 2012 un court texte logique attribué à al-Amidi à Balıkesir, cote 10 Hk 268/8. Il décrit douze feuillets de dix-sept lignes par page et soutient l’attribution par comparaison. Le texte porte sur les figures du syllogisme et les formes simples ou composées. Adsoy relève erreurs de copie et traitement inégal des thèmes. Comparaison et édition éclairent ainsi un héritage intellectuel. [5]

Sources et lectures complémentaires

  1. Emrullah Yüksel, “ÂMİDÎ, Seyfeddin,” TDV İslâm Ansiklopedisi (1991): biography, education, teaching appointments and death.
  2. Salim Öğüt, “el-İHKÂM,” TDV İslâm Ansiklopedisi (2000), pp. 534–535: structure, method, dating and abridgement.
  3. Arabic Collections Online / American University of Beirut, Kitab muntaha al-sul fi ilm al-usul, Egypt, 1320 AH [approximately 1902]: catalogue and digitised printed title page.
  4. Laura Hassan, “The Encounter of Falsafa and Kalām in Sayf al-Dīn al-Āmidī’s Discussion of the Atom: Asserting Traditional Boundaries, Questioning Traditional Doctrines,” SOAS Journal of Postgraduate Research 6 (2014), pp. 77–98, especially 77–78 and 93–95.
  5. Şerefettin Adsoy, “Seyfuddin el-Âmidî ve Dekâ’iku’l-Hakaik fi’l-Mantık Adlı Eseri,” Sakarya Üniversitesi İlahiyat Fakültesi Dergisi 14/26 (2012/2), pp. 109–118, especially 115–116.