1. Introduction

  2. Jeunesse et racines familiales

  3. Le contexte historique : du déclin ottoman à la laïcité turque

  4. L’étincelle de la révolte : causes et mobilisation

  5. Le déroulement du soulèvement : batailles et expansion

  6. Capture, procès et exécution

  7. L’après-révolte et ses conséquences immédiates

  8. L’héritage : du martyr au symbole moderne

  9. Perspectives et controverses contemporaines

  10. Événements marquants et chronologie : la vie et la révolte de Cheikh Saïd

  11. Chronologie de la vie de Cheikh Saïd et de la révolte de 1925

  12. Analyse approfondie des événements marquants

  13. Questions et réponses

  14. Références

  15. Livres

Introduction à Cheikh Saïd (1865–1925)

Dans les paysages accidentés de l’Anatolie orientale, où résonnent encore les échos des empires anciens, une figure se distingue comme un symbole de défi face aux vagues de modernisation et de nationalisme. Cheikh Saïd, né vers 1865 et exécuté en 1925, est bien davantage qu’un chef religieux : il est une force décisive de la lutte kurde du début du 20e siècle pour l’identité, l’autonomie et la préservation des traditions islamiques au moment où naît la République turque laïque.

Sa vie, marquée par la dévotion spirituelle, les alliances tribales et une révolte fatidique, continue de susciter des débats parmi les historiens, les nationalistes et les savants religieux. Est-il un patriote kurde qui combat pour l’indépendance, un musulman fervent qui résiste aux réformes laïques ou un pion dans de plus vastes jeux géopolitiques ? Cet article de blog explore l’histoire multiforme de Cheikh Saïd : sa jeunesse, le contexte historique qui le façonne, les événements dramatiques de la révolte de 1925, ses suites et son héritage durable. En nous appuyant sur différentes perspectives, nous verrons comment ses actions transforment les relations kurdo-turques et influencent les discours modernes sur l’ethnicité et la religion dans la région.

kurdistan24.net

Le Kurdistan commémore le 100e anniversaire de l’exécution de Cheikh Saïd de Piran…

Jeunesse et racines familiales

Cheikh Saïd, également connu sous les noms de Şêx Seîd ou de Cheikh Saïd de Piran, naît vers 1865 à Hınıs ou à Palu, villes des provinces orientales de l’Empire ottoman, dans l’est de la Turquie actuelle. Né dans une éminente famille kurde zaza profondément enracinée dans la confrérie soufie naqshbandie, il grandit dans un milieu imprégné de savoir religieux et d’influence tribale. Son père, Cheikh Mahmud Fevzi, ou Cheikh Alo, est un cheikh naqshbandi vénéré qui dirige un tekke, couvent soufi, et exerce une influence importante sur les communautés locales. Sa mère, Gulê Hanım, ou Marva Khan selon certains récits, soutient les activités spirituelles familiales. La famille fait remonter sa lignée à des cheikhs influents comme Cheikh Ali Septi, qui fonde une médersa à Diyarbakır avant d’assurer la direction spirituelle à Palu.

Dès son plus jeune âge, Cheikh Saïd est plongé dans l’enseignement islamique. Il étudie les sciences religieuses auprès de son père dans des médersas de Palu, d’Elazığ, de Diyarbakır et de Muş. Parlant couramment zazaki, kurde du Nord, ou kurmanji, turc, arabe et persan, il incarne la trame multilingue de l’Orient ottoman. Après la mort de son père en 1912, il hérite du rôle de postnişin, successeur spirituel, dans la sous-branche palevî de la confrérie naqshbandie, supervisant les activités éducatives et spirituelles en Anatolie orientale.

Le tekke familial de Hınıs attire les pèlerins, soulignant son autorité religieuse.

La vie familiale est tout aussi importante. Cheikh Saïd se marie deux fois : d’abord avec Amine Hanım, qui meurt pendant la guerre russo-turque de 1877–1878 au cours des migrations familiales, puis avec Fatma Hanım, sœur de Halid Beg Cibran, figure majeure de la cavalerie kurde Hamidiye. Ils ont dix enfants, cinq fils et cinq filles. Ses descendants prolongent son influence : son petit-fils Abdülmelik Fırat devient député au Parlement turc, et son arrière-petite-nièce Belçim Bilgin est une actrice reconnue. Pendant la Première Guerre mondiale, les avancées russes contraignent la famille à s’installer à Piran, près de Dicle, illustrant l’instabilité de l’époque.

En 1907, les premières tournées de Cheikh Saïd dans les provinces orientales tissent des liens avec les officiers des Hamidiye, mêlant réseaux religieux et politiques. Cette période prépare son engagement ultérieur dans les organisations kurdes, alors que l’Empire ottoman se désagrège et que de nouvelles identités nationales émergent.

Le contexte historique : du déclin ottoman à la laïcité turque

Pour comprendre Cheikh Saïd, il faut saisir le contexte chaotique de la fin de l’Empire ottoman et des débuts de la République turque. Le 19e siècle voit l’essor du nationalisme kurde face aux efforts de centralisation ottomane, qui érodent les autonomies tribales. Les régiments Hamidiye, cavalerie irrégulière kurde créée en 1891, renforcent certaines tribus, mais sèment les divisions. La Première Guerre mondiale exacerbe les tensions, les occupations russes déplaçant les populations, dont la famille de Cheikh Saïd.

La guerre d’indépendance turque de 1919–1923, conduite par Mustafa Kemal Atatürk, aboutit à la fondation de la République en 1923. Les Kurdes, qui ont combattu aux côtés des Turcs contre les forces alliées, attendent une reconnaissance de leur identité, comme le promet le traité de Sèvres de 1920, qui envisage l’autonomie kurde, mais n’est jamais ratifié. Au contraire, le traité de Lausanne de 1923 ignore les revendications kurdes et consolide les frontières turques.

Les réformes laïques d’Atatürk éloignent de lui les milieux conservateurs.

L’abolition du califat ottoman le 3 mars 1924 met fin au rôle politique de l’islam, ferme les médersas et intègre l’enseignement religieux aux systèmes laïques. Les Kurdes ont d’autres griefs : interdiction de leur langue à l’école, exploitation économique et crainte de déportations massives vers l’Anatolie occidentale pour diluer leur présence. Les services de renseignement britanniques relèvent 11 plaintes précises formulées par des officiers kurdes, dont l’omission du « Kurdistan » sur les cartes et ce qu’ils perçoivent comme des mauvais traitements turcs.

Dans ce contexte, des sociétés secrètes apparaissent en 1923, comme Azadî, Société pour la liberté kurde, fondée par Halid Beg Cibran et Yusuf Ziya Bey. Composée d’anciens officiers ottomans et d’intellectuels, Azadî vise l’indépendance kurde. Après l’arrestation de ses dirigeants en 1924, Cheikh Saïd prend le commandement lors du premier congrès de l’organisation, préparant la révolte. Les historiens débattent de sa nature : certains la voient comme essentiellement religieuse, en réaction à la laïcité ; d’autres comme nationaliste, l’islam servant d’instrument de mobilisation. Des facteurs extérieurs, comme les intérêts britanniques dans le pétrole de Mossoul, nourrissent les soupçons d’instigation étrangère.

L’étincelle de la révolte : causes et mobilisation

La révolte de Cheikh Saïd éclate le 13 février 1925 à Piran, Dicle, plus tôt que prévu, à la suite d’un affrontement avec des gendarmes turcs qui tentent d’arrêter des fugitifs. Sa fatwa présente le soulèvement comme un djihad contre une république « irréligieuse » qui menace l’islam, le mariage et le Coran. Dans la mosquée de Piran, il prêche : « Les médersas ont été fermées. Le ministère de la Religion et des Fondations a été aboli… des écrivains irréligieux osent insulter le Prophète. »

Les causes sont multiples. Sur le plan religieux, la révolte s’oppose à l’abolition du califat et aux lois laïques. Sur le plan national, elle vise l’autonomie ou l’indépendance kurde, Cheikh Saïd critiquant les Turcs comme des « migrants » oppresseurs qui asservissent les Kurdes sous des prétextes religieux. Les disparités économiques et les rivalités tribales jouent un rôle, tout comme la précédente révolte de Beytüssebap en 1924. Cheikh Saïd mobilise des tribus kurdes sunnites comme les Xormak et les Herkî, mais les Kurdes alévis s’abstiennent en grande partie ou aident les Turcs, préférant la laïcité à un Kurdistan sunnite.

La révolte rassemble 15 000 combattants, soutenus par Azadî et les chefs tribaux. Darhini est proclamée capitale du Kurdistan le 14 février, avec un sceau portant la formule « chef des combattants pour la cause de la religion ». Cheikh Saïd invite le savant Said Nursi à les rejoindre, mais celui-ci refuse, défendant plutôt une renaissance ottomane.

neweasternpolitics.com

La participation arménienne aux révoltes kurdes de 1925-1946…

Le déroulement du soulèvement : batailles et expansion

La révolte s’étend rapidement. Dès le 16 février, les insurgés capturent le gouverneur de Darhini. Lice tombe le 20 février, puis vient Elazığ, brièvement pillée par Cheikh Sharif le 24 février. Les troupes turques se retirent de la plaine d’Hiver le 23 février. Le 1er mars, les insurgés détruisent trois avions turcs à l’aéroport de Diyarbakır.

Le point culminant est le siège de Diyarbakır des 6–7 mars, où 5 000–10 000 insurgés assaillent les portes de la ville. Les forces turques les repoussent à l’aide de mitrailleuses et de mortiers, leur infligeant de lourdes pertes ; le siège s’achève le 11 mars. Une attaque du 26 mars échoue et entraîne des redditions. Les efforts parallèles, comme la tentative infructueuse de Cheikh Abdullah de prendre Muş, s’enlisent.

La Turquie proclame la loi martiale le 21 février et déploie plus de la moitié de son armée, recourant aux bombardements aériens pour écraser le soulèvement à la fin de mars. Le nombre total de morts et de blessés atteint 15 000–20 000, la Turquie subissant davantage de pertes que pendant sa guerre d’indépendance. L’échec de la révolte contribue à la décision turque d’abandonner ses revendications sur Mossoul.

Capture, procès et exécution

Cheikh Sharif et des dirigeants sont capturés à Palu ; Cheikh Saïd est arrêté le 15 avril au pont de Carpuh, à Varto, trahi par un parent. Jugé par le Tribunal de l’indépendance de Diyarbakır, il est condamné comme séparatiste. Pendant son procès, il déclare : « Nous avions un objectif national et étions prêts à sacrifier nos biens et nos vies. » Le tribunal relève l’objectif d’« un Kurdistan indépendant ». Le 28 juin 1925, Cheikh Saïd et 47 de ses compagnons sont condamnés à mort.

Pendu le 29 juin sur la place Dağkapı de Diyarbakır, Cheikh Saïd récite la chahada et écrit : « Je ne crains pas d’être pendu… mon combat est pour Allah et Sa religion. » Son corps est enterré dans une fosse commune anonyme pour empêcher sa vénération. Auparavant, Seyit Abdulkadir et d’autres ont été exécutés le 27 mai.

english.anf-news.com

ANF | Le HDP rend hommage à Cheikh Saïd et à ses 47 camarades

L’après-révolte et ses conséquences immédiates

L’écrasement de la révolte ouvre la voie à des mesures autoritaires. La loi sur le maintien de l’ordre de mars 1925 restreint la liberté de la presse, dissout des partis d’opposition comme le Parti républicain progressiste et permet les déportations massives et l’assimilation dans les régions kurdes. Elle consolide le régime d’Atatürk, mais aggrave les tensions ethniques. Les représailles comprennent des massacres et la destruction de villages. Abdurrahman, frère de Cheikh Saïd, mène des attaques de vengeance en 1927–1928, mais se rend dans le cadre d’une amnistie.

Les récits turcs la présentent souvent comme une réaction religieuse orchestrée par les Britanniques, tandis que les points de vue kurdes mettent l’accent sur le nationalisme. Le soulèvement marque un tournant, creusant un fossé entre Kurdes et Turcs.

L’héritage : du martyr au symbole moderne

L’héritage de Cheikh Saïd entrelace nationalisme kurde et islam. Il envisage un califat kurde préservant l’honneur et la foi, influençant des groupes comme le Hezbollah kurde et Hüda-Par. Sa révolte ravive la conscience kurde, mais aide à la consolidation du nationalisme turc. En 2014, la place Dağkapı est rebaptisée place Cheikh-Saïd. Ses œuvres, comme Kütüphane Risalesi, « Traité de la bibliothèque » et Fetvalar Mecmûası, « Recueil de fatwas », sont publiées à titre posthume.

Aujourd’hui, au centenaire de son martyre, les Kurdes le commémorent comme un combattant de la liberté. Pourtant, les débats persistent : l’État turc le voit comme un traître, les Kurdes comme un héros. Son histoire fait écho aux luttes ultérieures, de Dersim (1937–1938) à l’époque du PKK, soulignant les quêtes persistantes de reconnaissance.

Perspectives et controverses contemporaines

Les analyses contemporaines révèlent des partis pris. Des sources turques comme Daily Sabah, agence proterroriste, le qualifient de « traître séparatiste » ou d’espion britannique. Des médias kurdes, comme Kurdistan24, honorent son « héritage de résistance ». Les travaux universitaires soutiennent que la révolte mêle motivations religieuses et nationalistes, renforçant involontairement l’autoritarisme turc. Certains suggèrent que le gouvernement l’a exagérée pour réprimer l’opposition.

Dans un contexte mondial, le soulèvement de Cheikh Saïd fait écho aux mouvements anticoloniaux, où foi et ethnicité alimentent la résistance. Son défi face à l’imposition de la laïcité résonne dans les discussions sur l’islamisme et le nationalisme.

Événements marquants et chronologie : la vie et la révolte de Cheikh Saïd

L’histoire de Cheikh Saïd dépasse la biographie : elle est une chronique de résistance, de foi et du choc entre tradition et modernité dans le début tumultueux du 20e siècle. Né dans un monde de déclin ottoman et de nationalismes ascendants, il voit sa vie culminer dans la révolte de 1925, qui ébranle les fondations de la République turque naissante. Cette section propose une chronologie détaillée des événements marquants, à partir de récits historiques, pour illustrer la progression de ses premières années à son exécution et à ses répercussions.

L’examen de ces étapes permet d’apprécier comment la dévotion personnelle s’entrelace avec des aspirations kurdes et islamiques plus larges, conduisant à un soulèvement décisif. La chronologie suit l’ordre des événements, avec des récits développés sur les moments importants pour en souligner le contexte et les effets. Cette approche révèle la révolte comme l’aboutissement de griefs accumulés pendant des décennies, au-delà d’un incident isolé.

Chronologie de la vie de Cheikh Saïd et de la révolte de 1925

Pour organiser la succession complexe des événements, le tableau suivant présente les grandes étapes. Chaque entrée comprend une date, ou une période approximative, une brève description et des détails essentiels. Après le tableau, nous approfondirons certains événements pour donner de l’épaisseur au récit et éclairer les motivations, les stratégies et les conséquences qui définissent l’héritage de Cheikh Saïd.

Date ou période

Événement

Détails essentiels

Vers 1865

Naissance de Cheikh Saïd

Naît à Hınıs ou à Palu, en Anatolie orientale, dans une éminente famille kurde zaza de la confrérie soufie naqshbandie. Son père, Cheikh Mahmud Fevzi, est un chef spirituel vénéré.

Fin du 19e siècle

Première formation

Étudie les sciences islamiques auprès de son père et dans les médersas de Palu, d’Elazığ, de Diyarbakır et de Muş. Maîtrise plusieurs langues, dont le zazaki, le kurmanji, le turc, l’arabe et le persan.

1907

Tournées régionales

Parcourt les provinces orientales, nouant des alliances avec les officiers de la cavalerie Hamidiye et renforçant les réseaux religieux et tribaux.

1912

Hérite de la direction spirituelle

Son père meurt ; Cheikh Saïd devient postnişin, successeur spirituel, dans la branche palevî de la confrérie naqshbandie, supervisant les tekkes et les médersas de Hınıs.

1914–1918 (Première Guerre mondiale)

Déplacements et épreuves

La famille déménage à plusieurs reprises face aux avancées russes ; s’établit à Piran, Dicle, après les pertes subies pendant les conflits russo-turcs.

10 août 1920

Traité de Sèvres

Signé par l’Empire ottoman, il promet une éventuelle autonomie kurde en Anatolie orientale, suscitant l’espoir d’autodétermination parmi les Kurdes.

1919–1923

Guerre d’indépendance turque

Les Kurdes, dont des chefs tribaux alliés à la famille de Cheikh Saïd, combattent aux côtés des forces turques contre les occupations alliées, attendant la reconnaissance de leurs droits après la victoire.

24 juillet 1923

Traité de Lausanne

Remplace Sèvres ; ignore les revendications d’autonomie kurde, consolide les frontières turques et s’aliène les nationalistes kurdes.

1923

Fondation d’Azadî

Société secrète kurde créée par d’anciens officiers ottomans comme Halid Beg Cibran, beau-frère de Cheikh Saïd, et Yusuf Ziya Bey, dans le but d’obtenir l’indépendance kurde.

3 mars 1924

Abolition du califat

La Grande Assemblée nationale de Turquie dissout le califat ottoman, ferme les médersas et laïcise l’éducation, suscitant la colère des musulmans conservateurs et des Kurdes.

3–4 septembre 1924

Mutinerie de Beytüşşebap

Des soldats kurdes de l’armée turque se révoltent dans la province de Hakkari ; la répression entraîne l’arrestation de dirigeants d’Azadî et affaiblit l’organisation.

Fin 1924

Conférence d’Azadî en exil

Tenue probablement à Alep ; décide d’un soulèvement contre le gouvernement turc, choisit Cheikh Saïd comme chef et prévoit la révolte pour le 21 mars 1925.

4 janvier 1925

Voyage à Kırıkhan

Cheikh Saïd visite le village de Kırıkhan, près de Bingöl, pour rencontrer des personnalités locales et réunir des soutiens à la révolte imminente.

13 février 1925

La révolte éclate à Piran

Affrontement avec des gendarmes turcs lors d’une tentative d’arrestation de fugitifs pendant une réunion naqshbandie ; Cheikh Saïd émet une fatwa proclamant le djihad contre la république « irréligieuse ».

14 février 1925

Darhini proclamée capitale

Les insurgés proclament Darhini, Genç, capitale d’un Kurdistan indépendant ; Cheikh Saïd prend le commandement.

16 février 1925

Capture des responsables de Darhini

Les insurgés s’emparent du gouverneur local et des officiers, consolidant leur contrôle de la zone.

20 février 1925

Chute de Lice

La ville est prise par les forces insurgées, étendant la portée territoriale du soulèvement.

23 février 1925

Retraite turque de la plaine d’Hiver

Les forces gouvernementales se retirent, permettant aux insurgés de dominer temporairement les zones rurales.

24 février 1925

Bref pillage d’Elazığ

Les forces de Cheikh Sharif entrent dans la ville et la pillent avant de se retirer.

1er mars 1925

Attaque de l’aéroport de Diyarbakır

Les insurgés détruisent trois avions turcs, démontrant une capacité militaire croissante.

6–7 mars 1925

Début du siège de Diyarbakır

5 000–10 000 insurgés attaquent les murailles de la ville ; point culminant du soulèvement, mais les défenses turques les repoussent.

11 mars 1925

Fin du siège

Les insurgés ne parviennent pas à pénétrer dans Diyarbakır ; de lourdes pertes marquent le tournant.

26 mars 1925

Échec d’une nouvelle attaque

Un nouvel assaut sur Diyarbakır échoue, entraînant des redditions parmi les insurgés.

Fin mars 1925

Contre-offensive turque

Le gouvernement déploie plus de la moitié de son armée et recourt aux bombardements aériens pour écraser les positions insurgées.

15 avril 1925

Capture de Cheikh Saïd

Trahi par un parent, il est arrêté au pont de Carpuh, près de Varto ; fin de la résistance active.

28 juin 1925

Condamnation par le Tribunal de l’indépendance

Condamné pour séparatisme et trahison à Diyarbakır ; peine de mort pour Cheikh Saïd et 47 de ses compagnons.

29 juin 1925

Exécution

Pendu sur la place Dağkapı de Diyarbakır ; enterré dans une tombe anonyme pour empêcher la création de lieux de culte du martyr.

4 mars 1925 (après la révolte)

Loi sur le maintien de l’ordre

Promulguée pour réprimer la contestation ; entraîne la fermeture des partis d’opposition et la censure de la presse.

De 1925 aux années 1930

Conséquences : déportations et assimilation

Déplacements massifs de Kurdes vers l’ouest de la Turquie ; destruction de villages ; aggravation des tensions ethniques.

1927–1928

Attaques de vengeance

Menées par Abdurrahim, frère de Cheikh Saïd ; il finit par se rendre dans le cadre d’une amnistie.

Analyse approfondie des événements marquants

La naissance de Cheikh Saïd vers 1865 dans l’Orient ottoman prépare une vie immergée dans les traditions soufies. Grandissant au milieu des structures tribales et du savoir religieux, il reçoit une première formation qui lui donne les outils pour devenir une figure unificatrice. En 1912, l’héritage du rôle de son père amplifie son influence, les établissements naqshbandis servant de centres communautaires et de lieux de discussion sur la résistance.

Les bouleversements de la Première Guerre mondiale, de 1914 à 1918, exposent la fragilité du contrôle ottoman. Les occupations russes imposent des migrations et nourrissent un ressentiment qui alimentera plus tard les sentiments nationalistes. Les traités d’après-guerre comme Sèvres en 1920 offrent un espoir fugace d’autonomie kurde, mais Lausanne, en 1923, le brise et déclenche une contestation organisée par Azadî.

L’abolition du califat le 3 mars 1924 joue un rôle de catalyseur. Perçue comme une attaque contre l’islam, elle unit des chefs religieux comme Cheikh Saïd aux nationalistes. La mutinerie de Beytüşşebap, en septembre 1924, décime la direction d’Azadî, propulsant Cheikh Saïd au premier plan lors de la conférence de la fin de 1924.

Le déclenchement prématuré de la révolte le 13 février 1925 à Piran découle d’une arrestation manquée pendant un rituel de dhikr. La fatwa de Cheikh Saïd la présente comme une guerre sainte, mobilisant 15 000 combattants de tribus comme les Xormak et les Herkî. Les gains sont rapides : la proclamation de Darhini comme capitale le 14 février symbolise les aspirations indépendantistes. Les prises de Lice et d’Elazığ illustrent l’élan, mais le siège de Diyarbakır des 6–11 mars révèle les limites. Incapables de surmonter les défenses urbaines, les insurgés souffrent d’une mauvaise coordination et de la non-participation des Kurdes alévis.

La contre-offensive turque de la fin de mars, renforcée par l’aviation, brise le soulèvement. La capture de Cheikh Saïd le 15 avril, par trahison, conduit à des procès rapides. Sa condamnation du 28 juin met l’accent sur les accusations séparatistes, bien qu’il proclame des objectifs nationaux et religieux. L’exécution du 29 juin 1925 marque une fin tragique, ses dernières paroles affirmant le sacrifice pour la foi et le peuple.

Après la révolte, la loi sur le maintien de l’ordre favorise l’autoritarisme, permettant les déportations et la répression culturelle. Cette chronologie souligne comment les actions de Cheikh Saïd, bien que défaites, allument une résistance kurde durable, influençant les mouvements ultérieurs et les débats sur l’identité en Turquie.

Questions et réponses : interrogations fréquentes sur Cheikh Saïd et sa révolte

La vie de Cheikh Saïd et la révolte de 1925 restent l’objet d’intenses débats historiques, mêlant foi, nationalisme et résistance. Cette sélection de questions et réponses aborde les interrogations fréquentes à partir d’analyses historiques, de témoignages oculaires et de discussions savantes. Elle vise à clarifier les idées reçues tout en proposant des éclairages équilibrés issus de différentes perspectives, dont les récits officiels turcs, les points de vue kurdes et les études universitaires. Les questions portent sur ses origines, les causes du soulèvement, les événements marquants et son influence durable.

1. Qui était Cheikh Saïd et quel était son milieu d’origine ?

Cheikh Saïd, également appelé Şêx Seîd ou Cheikh Saïd de Piran, est un éminent chef religieux kurde né vers 1865 en Anatolie orientale, probablement à Hınıs ou à Palu. Il appartient à une famille kurde zaza profondément enracinée dans la confrérie soufie naqshbandie, tradition mystique islamique qui privilégie la discipline spirituelle et l’accompagnement de la communauté. Son père, Cheikh Mahmud Fevzi, est un cheikh respecté qui dirige un établissement soufi, tekke ; à sa mort en 1912, Cheikh Saïd hérite de ce rôle et devient postnişin, successeur spirituel.

Il se forme aux sciences islamiques dans les médersas de Palu, d’Elazığ, de Diyarbakır et de Muş, maîtrisant des langues comme le zazaki, le kurmanji, le turc, l’arabe et le persan. Au-delà de la religion, il est chef tribal et propriétaire terrien, agha, et exerce son influence sur les communautés locales par les liens familiaux et les alliances avec les officiers de la cavalerie Hamidiye. Ses mariages le relient à des figures influentes comme Halid Beg Cibran, important nationaliste kurde. Pendant la Première Guerre mondiale, les invasions russes déplacent sa famille, nourrissant le ressentiment contre les autorités centrales.

2. Qu’est-ce qui déclenche la révolte de Cheikh Saïd en 1925 ?

La révolte éclate le 13 février 1925 à Piran, aujourd’hui Dicle, Diyarbakır, prématurément à la suite d’un affrontement entre gendarmes turcs et insurgés lors d’une tentative d’arrestation pendant une réunion naqshbandie. Cependant, ses déclencheurs plus profonds comprennent les réformes laïques de la République turque sous Mustafa Kemal Atatürk. L’abolition du califat ottoman le 3 mars 1924 est un catalyseur majeur, perçu par les conservateurs comme une attaque contre l’islam. Ces réformes comprennent la fermeture des médersas, l’interdiction d’habits religieux comme le fez et l’imposition de lois laïques sur le mariage et l’éducation.

Pour les Kurdes, d’autres griefs concernent le refus de l’autonomie promise par le traité de Sèvres de 1920, remplacé par le traité de Lausanne de 1923, l’exploitation économique, l’interdiction de la langue à l’école et la crainte de déportations forcées. La société secrète Azadî, fondée en 1923 par des officiers kurdes, prépare le soulèvement pour obtenir l’indépendance ; Cheikh Saïd prend le relais après l’arrestation des dirigeants en 1924. Certaines sources suggèrent une influence britannique liée aux intérêts pétroliers de Mossoul, mais cela reste débattu.

3. La révolte était-elle essentiellement religieuse ou nationaliste ?

Les historiens en débattent, mais elle mêle les deux éléments. Cheikh Saïd la présente comme un djihad, guerre sainte contre une république « irréligieuse », en émettant une fatwa qui dénonce les insultes au Prophète et les menaces contre les institutions islamiques. Ses objectifs comprennent le rétablissement du califat et de la charia. Toutefois, les dimensions nationalistes sont évidentes : il vise l’autonomie ou l’indépendance kurde et critique les Turcs comme des oppresseurs. La participation d’Azadî, organisation composée d’anciens officiers ottomans qui cherchent à créer un État kurde, souligne le nationalisme. Des tribus kurdes comme les Xormak et les Herkî se joignent à la révolte pour des raisons ethniques, tandis que les Kurdes alévis se rangent souvent du côté du gouvernement, craignant une domination sunnite. Les récits turcs mettent l’accent sur l’aspect religieux pour minimiser le séparatisme, tandis que les points de vue kurdes soulignent le nationalisme. Le chercheur Martin van Bruinessen relève que le congrès d’Azadî appelle à un « soulèvement général au Kurdistan » conduisant à l’indépendance, dont Cheikh Saïd est un défenseur de premier plan.

4. Comment la révolte s’est-elle déroulée et pourquoi a-t-elle échoué ?

Le soulèvement s’étend rapidement après l’étincelle du 13 février. Le 14 février, les insurgés proclament Darhini, Genç, capitale du Kurdistan. Ils prennent Lice le 20 février, pillent brièvement Elazığ le 24 février et détruisent des avions turcs à l’aéroport de Diyarbakır le 1er mars. Le point culminant est le siège de Diyarbakır des 6-7 mars, qui mobilise 5 000-10 000 combattants, mais les défenses turques les repoussent avant le 11 mars.

Une nouvelle attaque du 26 mars échoue, entraînant des redditions. La révolte implique 15 000 insurgés et touche des régions comme Elazığ, Bingöl, Diyarbakır et Muş. La Turquie proclame la loi martiale le 21 février, déploie plus de la moitié de son armée et utilise des bombardements aériens. L’échec de la révolte tient à la mauvaise coordination, aux divisions tribales, comme la non-participation alévie, à son déclenchement prématuré et à l’écrasante supériorité militaire turque. Les pertes atteignent 15 000-20 000 morts et blessés, la Turquie subissant des pertes importantes.

5. Quel rôle les puissances étrangères ont-elles joué dans la révolte ?

Les soupçons d’implication britannique persistent, liés au différend sur Mossoul, région riche en pétrole revendiquée par la Turquie, mais attribuée à l’Irak en 1926. Des sources turques accusent Cheikh Saïd d’être un espion britannique, évoquant ses contacts supposés et un calendrier favorable aux intérêts britanniques. Cependant, les indices sont indirects ; aucune preuve directe n’existe. Les rapports britanniques relèvent les griefs kurdes, mais nient toute orchestration. Certains historiens soutiennent que la révolte aide involontairement la Grande-Bretagne en affaiblissant les revendications turques sur Mossoul. L’Iran observe les événements avec prudence, voyant des possibilités dans la « question kurde » après l’abolition du califat, mais n’intervient pas. Dans l’ensemble, les facteurs internes comme les réformes laïques dominent, bien que les tensions géopolitiques amplifient le récit d’une ingérence étrangère.

6. Comment Cheikh Saïd a-t-il été capturé et exécuté ?

Après l’effondrement du soulèvement à la fin de mars, Cheikh Saïd s’enfuit, mais est capturé le 15 avril 1925 au pont de Carpuh, près de Varto, trahi par un parent. Jugé par le Tribunal de l’indépendance de Diyarbakır, il est condamné pour trahison et séparatisme le 28 juin, avec 47 de ses compagnons. Pendant le procès, il affirme ses objectifs nationaux : « Nous avions un objectif national et étions prêts à sacrifier nos vies. » Exécuté par pendaison le 29 juin sur la place Dağkapı de Diyarbakır, il récite la chahada et déclare ne rien regretter de son sacrifice pour son peuple et sa religion. Son corps est enterré dans une fosse commune anonyme pour empêcher qu’elle ne devienne un sanctuaire. Auparavant, des figures liées au mouvement, comme Seyit Abdulkadir, ont été exécutées en mai.

7. Quelles ont été les conséquences immédiates de la révolte ?

La répression entraîne des mesures autoritaires. La loi sur le maintien de l’ordre du 4 mars 1925 permet la censure de la presse, la dissolution de partis d’opposition comme le Parti républicain progressiste et la déportation massive de Kurdes vers l’ouest de la Turquie en vue de leur assimilation. Des villages sont détruits, et les représailles comprennent des tueries. Elle consolide le pouvoir d’Atatürk, mais aggrave les divisions ethniques. La Turquie abandonne ses revendications sur Mossoul en 1926, en partie à cause de l’instabilité intérieure. Abdurrahim, frère de Cheikh Saïd, mène des attaques de vengeance en 1927-1928, mais se rend dans le cadre d’une amnistie. L’événement marque la première grande révolte kurde contre la République, créant des précédents pour les répressions futures, comme celle de la révolte de Dersim (1937-1938).

8. Cheikh Saïd est-il aujourd’hui considéré comme un héros ou comme un traître ?

Les perspectives divergent fortement. Dans le discours officiel turc, il est un « traître séparatiste » ou une marionnette britannique, le fanatisme religieux étant mis en avant pour justifier la répression. Les nationalistes kurdes le saluent comme un martyr de la liberté et de la résistance à l’assimilation, le plaçant au panthéon des héros. Sa « révolution » de 1925 résonne dans les mouvements kurdes modernes, du PKK aux commémorations culturelles. En 2014, la place Dağkapı est rebaptisée place Cheikh-Saïd. Un siècle plus tard, en 2025, des événements marquent son héritage, certains considérant la révolte comme un tournant dans les relations kurdo-turques. Des travaux universitaires comme The Emergence of Kurdish Nationalism, « L’émergence du nationalisme kurde », de Robert Olson le présentent comme un artisan de la consolidation du nationalisme naissant.

9. Comment la révolte a-t-elle influencé le nationalisme kurde ?

Elle ravive la conscience kurde, transformant les fidélités tribales en aspirations nationalistes plus larges. Bien qu’elle échoue, elle met en lumière les griefs et inspire des mouvements ultérieurs. La volonté indépendantiste d’Azadî influence des groupes comme le PKK. La répression enracine la résistance, conduisant à des conflits persistants. Van Bruinessen soutient qu’elle marque le passage d’un nationalisme non institutionnalisé à un nationalisme organisé. En Iran, elle suscite une réévaluation de la « question kurde », affectant les politiques régionales.

10. Existe-t-il des œuvres ou des citations conservées de Cheikh Saïd ?

Oui, les publications posthumes comprennent Kütüphane Risalesi, « Traité de la bibliothèque », et Fetvalar Mecmûası, « Recueil de fatwas ». Parmi ses citations célèbres : « Je me suis sacrifié pour mon peuple et je ne le regrette pas. Nous sommes heureux que nos petits-enfants n’aient pas honte de nous face aux ennemis. » Une autre : « Mon combat est pour Allah et Sa religion. » Elles reflètent son double engagement religieux et national.

Ces questions et réponses soulignent la complexité de la révolte et invitent les lecteurs à explorer des sources diverses pour mieux la comprendre. À l’approche des réflexions du centenaire en 2025, l’histoire de Cheikh Saïd continue d’évoluer dans la mémoire collective.

Références

Cette section rassemble une liste complète des sources citées dans l’article de blog sur Cheikh Saïd (1865–1925). Elles comprennent des analyses historiques, des articles universitaires, des livres et des notices encyclopédiques qui proposent diverses perspectives sur sa vie, la révolte de 1925 et ses implications. Les sources proviennent de recherches fiables sur le Web et sont classées dans l’ordre d’apparition des citations, avec les titres, les auteurs lorsqu’ils sont disponibles, les renseignements de publication et les liens pour approfondir.

  1. « Sheikh Said rebellion - Wikipedia », la révolte de Cheikh Saïd sur Wikipédia. Wikipédia. Consulté le 5 février 2026. https://en.wikipedia.org/wiki/Sheikh_Said_rebellion.

  2. Lahdili, Nadia. « Sheikh Said Rebellion (1925): The Controversy between Nationalist & Religious Motivations », « La révolte de Cheikh Saïd : la controverse entre motivations nationalistes et religieuses ». ResearchGate. Publié le 27 mars 2020. https://www.researchgate.net/publication/340226575_Sheikh_Said_Rebellion_1925_The_Controversy_between_Nationalist_Religious_Motivations.

  3. « SHEIKH SAID REBELLION », « La révolte de Cheikh Saïd ». Academia.edu. Consulté le 5 février 2026. https://www.academia.edu/12490914/SHEIKH_SAID_REBELLION.

  4. Çoban, Ebru. « SHEIKH SAID CASE: REBELLION OR REVOLT? », « L’affaire Cheikh Saïd : rébellion ou révolte ? » History Studies. Consulté le 5 février 2026. https://www.historystudies.net/sheikh-said-case-rebellion-or-revolt_2200.

  5. « Sheikh Said - Wikipedia », Cheikh Saïd sur Wikipédia. Wikipédia. Consulté le 5 février 2026. https://en.wikipedia.org/wiki/Sheikh_Said.

  6. « Sheikh Said Rebellion (1925) », « La révolte de Cheikh Saïd ». Oxford Reference. Consulté le 5 février 2026. https://www.oxfordreference.com/view/10.1093/acref/9780191835278.001.0001/acref-9780191835278-e-276.

  7. Olson, Robert. « The Emergence of Kurdish Nationalism and the Sheikh Said Rebellion, 1880-1925 », « L’émergence du nationalisme kurde et la révolte de Cheikh Saïd ». Kurdistanica. Consulté le 5 février 2026. https://kurdistanica.com/262/the-emergence-of-kurdish-nationalism-and-the-sheikh-said-rebellion-1880-1925.

  8. Hacador, Solin. « When will the Turkish state give Kurds the secret grave of Sheik Said? », « Quand l’État turc rendra-t-il aux Kurdes la tombe secrète de Cheikh Saïd ? » Kurdistan Tribune. Publié le 28 juin 2013. https://kurdistantribune.com/when-will-turkish-state-give-kurds-secret-grave-of-sheik-said.

  9. « 97 years passes since the eruption of Sheikh Said rebellion in southeastern Turkey », « Quatre-vingt-dix-sept ans après le déclenchement de la révolte de Cheikh Saïd dans le sud-est de la Turquie ». İlkha. Publié le 14 février 2022. https://ilkha.com/english/analysis/97-years-passes-since-the-eruption-of-sheikh-said-rebellion-in-southeastern-turkey-15746.

  10. « Sheikh Said », Cheikh Saïd. Military Wiki. Consulté le 5 février 2026. https://military-history.fandom.com/wiki/Sheikh_Said.

  11. Çoban, Ebru. « SHEIKH SAID CASE: REBELLION OR REVOLT? - Şeyh Said Vakası: İsyan Mı, Kıyam Mı? », « L’affaire Cheikh Saïd : rébellion ou révolte ? » DergiPark. Consulté le 5 février 2026. https://dergipark.org.tr/en/download/article-file/3613248.

  12. « Deportations of Kurds, 1916-34 », « Déportations de Kurdes ». ISAMVERI. Consulté le 5 février 2026. https://isamveri.org/pdfdkm/18/DKM182379.pdf.

  13. Olson, Robert. « The Emergence of Kurdish Nationalism and the Sheikh Said Rebellion, 1880–1925 », « L’émergence du nationalisme kurde et la révolte de Cheikh Saïd ». University of Texas Press. Consulté le 5 février 2026. https://utpress.utexas.edu/9780292720855.

  14. « The Historical Development of the Turkish Press », « Le développement historique de la presse turque ». Consulté le 5 février 2026. https://kfcris.com/pdf/b1e3f9dd19fddc0704b4025e2d61eaef5d062f809b9b5.pdf.

  15. Olson, Robert. « The Emergence of Kurdish Nationalism and the Sheikh Said Rebellion, 1880–1925 », « L’émergence du nationalisme kurde et la révolte de Cheikh Saïd ». Google Books. Consulté le 5 février 2026. https://books.google.ps/books?hl=ar&id=yVdfAgAAQBAJ&printsec=copyright.

  16. « Modern History », « Histoire moderne ». Kurdish Lobby Australia. Consulté le 5 février 2026. http://www.kurdishlobbyaustralia.com/wp-content/uploads/2016/11/Modern-History-14Nov2016.pdf.

  17. « Kurdish Rebellion Against Atatürk: Sheikh Said Rebellion of 1925 (Şeyh Said İsyanı) », « Révolte kurde contre Atatürk : la révolte de Cheikh Saïd ». YouTube. Consulté le 5 février 2026. https://www.youtube.com/watch?v=UpDf1hRj_O0.

  18. « “Fatally Tied Together”: The Intertwined History of Kurds and Armenians in the 20th Century », « Fatalement liés : l’histoire entrelacée des Kurdes et des Arméniens au vingtième siècle ». JSTOR. Consulté le 5 février 2026. https://www.jstor.org/stable/26855557.

Ces références représentent une sélection équilibrée de points de vue turcs, kurdes et internationaux, permettant une compréhension multidimensionnelle du sujet. Pour les sources primaires ou les documents d’archives, il est recommandé de consulter davantage les archives des États ottoman et turc.

Conclusion

La vie de Cheikh Saïd, d’humble savant à chef rebelle, condense les luttes d’un peuple pris entre empires et républiques. Sa révolte de 1925, bien que brève, laisse une marque indélébile sur l’histoire kurde et symbolise le combat pour la préservation culturelle et religieuse. Alors que nous réfléchissons à son exécution un siècle plus tôt, ses paroles, « Je me suis sacrifié pour mon peuple et je ne le regrette pas », nous rappellent le coût humain des politiques identitaires. À une époque de renouveau du militantisme kurde, Cheikh Saïd reste un phare de résilience qui nous invite à examiner les racines du conflit et les voies de la réconciliation.

Livres de Kurdish-History.com