Les discussions sur l’histoire kurde et les relations avec les communautés voisines se transforment parfois en jugements sur des publications et des comptes de réseaux sociaux. La défense de la dignité humaine gagne en crédibilité lorsque les affirmations sont claires, que les preuves peuvent être examinées et que les limites des connaissances sont explicites. Plutôt que d’examiner une accusation contre une personne en particulier, cet article propose une méthode pour lire et critiquer les contenus en ligne de manière responsable.
Comment reconnaître un discours de haine ?
La définition opérationnelle des Nations unies inclut dans le cadre du discours de haine les attaques ou les propos péjoratifs et discriminatoires visant des personnes ou des groupes en raison de caractéristiques telles que l’appartenance ethnique, la religion, la nationalité ou d’autres éléments de leur identité. La même explication précise que le droit international des droits humains ne comporte aucune définition universelle unique de ce terme. Employer cette qualification dans un article ne constitue pas, en soi, une décision judiciaire à l’encontre de l’auteur des propos. La définition et l’explication des Nations unies.
L’explication donnée par les Nations unies du test de seuil de Rabat présente six facteurs permettant d’évaluer l’incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence : le contexte social et politique, la position de l’auteur des propos, l’intention, le contenu et la forme, l’ampleur de la diffusion et la probabilité d’un préjudice. Examiner une phrase sans tenir compte de ces facteurs donne une vision incomplète. Les Nations unies en Indonésie sur le test de seuil de Rabat.
De la capture d’écran à une preuve que l’on peut évaluer
Le Protocole de Berkeley, guide conjoint du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et du Centre des droits humains de l’université de Californie à Berkeley, concerne les enquêtes sur les violations des droits humains et du droit international. Sa partie consacrée à la vérification examine ensemble la source, le fichier numérique et son contenu. Elle souligne aussi que l’accès public ne fait pas disparaître les enjeux de vie privée : le rapprochement de données éparses peut rendre des personnes identifiables. Le Protocole de Berkeley : principes, vie privée et vérification.
Notre application éditoriale de ces principes : avant de publier une affirmation, consigner le lien, l’heure d’observation, le texte environnant et la provenance des images. Déterminer si l’élément présenté est une publication originale, un partage ou une citation. Si l’identité du titulaire du compte ou le sens d’une phrase n’est pas vérifié, rendre cette incertitude visible. Les contenus traduits d’une autre langue doivent être évalués avec des explications sur les expressions pertinentes et la possibilité d’examiner l’original. Une traduction ambiguë ne doit pas servir de fondement à une accusation catégorique.
Une critique claire sans exposer la vie privée
Notre position éditoriale est que la critique doit porter sur des déclarations ou des comportements documentés, avec un degré de certitude qui ne dépasse pas ce que permettent les preuves. Les adresses personnelles, les lieux de travail, les numéros de téléphone ou les renseignements familiaux n’apportent généralement rien à la compréhension de propos discriminatoires. Encourager les lecteurs à contacter des proches, à les confronter ou à faire pression sur eux ne remplace pas l’examen des preuves. Lorsqu’une image est nécessaire pour expliquer la discussion, les renseignements sans rapport et les identifiants personnels peuvent être masqués.
La même prudence s’impose à propos de l’identité collective. Même si l’auteur d’un message et le caractère préjudiciable de son contenu sont confirmés, les preuves concernent ce cas précis. Elles ne permettent pas d’établir les convictions ou la responsabilité de tous les Assyriens, de tous les Kurdes, des chrétiens, des musulmans ou de toute autre communauté. Le droit de critiquer des opinions politiques est compatible avec le respect de l’égalité entre les êtres humains.
Les corrections font partie de la crédibilité
Nous proposons que les articles distinguent l’allégation, les preuves, toute réponse éventuelle et les limites de l’enquête. Si de nouveaux éléments modifient la conclusion, la correction doit être claire et accessible. La documentation doit permettre un jugement éclairé. Un langage précis, la protection de la vie privée et l’absence de généralisations sur un peuple servent cet objectif.
Note de la rédaction : il s’agit d’une réécriture éditoriale thématique fondée sur les sources ci-dessus. Les allégations, images et renseignements permettant d’identifier des personnes qui figuraient dans la version précédente n’ont pas été republiés.