Les villes importantes pour la vie kurde contiennent des bâtiments et paysages de nombreuses époques et communautés. Citadelle d’Erbil, murs et jardins de Diyarbakır, maisons de Sulaymaniyah et résidence de Sherwana montrent des relations différentes. L’expansion pose aussi des questions d’eau, reconstruction et conservation.

Façades de brique continues de la citadelle d’Erbil sur un tertre vert, avec taxis et piétons au premier plan
Erbil vue depuis la rue, Sarbast.T.Hameed, 3 mai 2018. Habitat surélevé et circulation moderne se côtoient ; les façades visibles ne datent pas du premier peuplement. © Sarbast.T.Hameed · 3 May 2018 · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0.

Erbil : tertre ancien et rues plus récentes

L’UNESCO décrit la citadelle comme un établissement sur un tell constitué d’occupations successives. Les façades extérieures sont surtout des maisons du XIXe siècle ; le réseau de ruelles en éventail relève de la fin de l’époque ottomane. Le lieu est associé à Arbèles, centre politique et religieux assyrien. [1] Ces couches chronologiques diffèrent. Topographie, rues et maisons se lisent ensemble, sans donner à chaque mur visible l’âge des occupations enfouies.

Diyarbakır : murs, jardins et fleuve

Le bien UNESCO associe forteresse et jardins de l’Hevsel. Il comprend 5,8 km de murs, portes, tours et 63 inscriptions, ainsi que des jardins reliant la ville au Tigre et fournissant historiquement nourriture et eau. [2] Le paysage compte autant que la maçonnerie : la ville fortifiée dépendait de liens productifs et hydrologiques extérieurs. Réparations et ajouts successifs font partie de l’histoire, sans se réduire à un moment architectural ou une communauté.

Sulaymaniyah : cours et liens villageois

Amjad Muhammed Ali Qaradaghi compare les maisons traditionnelles conservées aux maisons des villages voisins. Le résumé décrit plus de quatre ans de documentation de terrain et d’analyse des volumes, espaces et cours. Il conclut à une forte influence des modèles villageois sur les types résidentiels urbains. [3] Ville et campagne apparaissent liées. La cour s’étudie par son rapport aux pièces et aux accès, plutôt que comme simple décor.

Reconstruire transforme aussi le plan

Ameera Ahmed Abdullah et Wrya Sabir Abdullah ont comparé cinq maisons de 1900–1960 à cinq reconstructions de 1990–2022 dans les mêmes quartiers traditionnels. Leur analyse révèle des organisations spatiales différentes malgré des principes partagés. [4] Ce petit échantillon n’est pas un recensement, mais montre que conserver dépasse la façade d’apparence ancienne. Un remplacement peut changer les liaisons des pièces et les activités quotidiennes tout en gardant certaines formes.

Expansion d’Erbil et ruissellement

Une étude hydrologique de 2017 examine le sous-bassin d’Erbil entre 1984 et 2014 par Landsat, pluviométrie et modélisation. Elle estime le ruissellement de 2014 supérieur de 85 % à celui de 1984, lié à l’augmentation des surfaces imperméables. [5] C’est un résultat historique modélisé, pas la prévision de la prochaine inondation. Il relie développement, drainage et sols : l’infrastructure mérite attention avec les bâtiments emblématiques.

Sherwana : conserver et documenter

Glasgow décrit les dégâts du séisme de novembre 2017 : murs et terrasses déplacés, tours fissurées et coupole effondrée. Son programme de 2018 prévoyait déblaiement, stabilisation et reconstruction avec les antiquités de Garmian et un conseil architectural. [6] Le récit documente un programme et ses projets, sans prouver que chaque intervention a été achevée. L’histoire de conservation doit nommer dommages, matériaux, dates et équipes pour distinguer travaux ultérieurs et état ancien.

Sources et lectures complémentaires

  1. UNESCO World Heritage Centre, Erbil Citadel; description and statement of Outstanding Universal Value, urban form and chronological layers.
  2. UNESCO World Heritage Centre, Diyarbakır Fortress and Hevsel Gardens Cultural Landscape; description, historical landscape and attributes.
  3. Amjad Muhammed Ali Qaradaghi, The effect of rural building types informing the type of traditional courtyard houses in Sulaimaneyah city, Journal of Planner and Development 25/2 (2020), pp. 158–183, posted 6 January 2021; research abstract.
  4. Ameera Ahmed Abdullah and Wrya Sabir Abdullah, Impact of contemporary rebuilding process on changing architectural genotype, Amazonia Investiga 11/56 (2022), pp. 250–263; research abstract. DOI: 10.34069/AI/2022.56.08.25.
  5. Estimating the Effect of Urban Growth on Annual Runoff Volume Using GIS in the Erbil Sub-Basin of the Kurdistan Region of Iraq, Hydrology 4/1 (2017), article 12; published research abstract. DOI: 10.3390/hydrology4010012.
  6. University of Glasgow, Qala Shirwana Cultural Heritage Project; November 2017 damage and the 2018 conservation programme.