L’ONU et des organisations de défense des droits ont documenté les dommages civils, les déplacements et les exactions à Afrin.

Maisons serrées sur une colline d’Afrin, au-dessus d’arbres, de champs et d’herbes sèches, septembre 2009
Afrin en septembre 2009, avant l’offensive de 2018 ; vue du paysage urbain. © Bertramz · CC BY 3.0 · Wikimedia Commons.

Offensive et justification

La Turquie et ses alliés syriens lancent l’offensive contre l’administration dirigée par les Kurdes et les YPG le 20 janvier 2018. La commission de l’ONU date la prise d’Afrin, après le retrait kurde, du 18 mars. Ankara invoque devant le Conseil de sécurité la légitime défense, des menaces transfrontalières et les liens PYD/YPG–PKK, en promettant de protéger les civils. [1] [2]

L’hôpital

A/HRC/39/65 situe au moins deux attaques sur l’hôpital principal le 16 mars vers 14 h 30 : au moins neuf civils tués, dont trois femmes, et vingt blessés. Les témoins ne signalent ni présence militaire proche ni avertissement. La commission estime que l’aviation turque pourrait avoir omis toutes les précautions possibles, en violation du droit humanitaire. [2]

Déplacements et retour

L’ONU décrit la fuite vers Tal Refaat, Nabul et Zahraa. En août 2018, Amnesty rapporte aussi des routes officielles de retour bloquées par les YPG et des déplacements depuis Shahba, dont les soins à Alep, restreints par le gouvernement syrien. [2] [3]

Détention et biens

Après 32 entretiens en mai–juillet 2018, Amnesty documente détentions arbitraires, rançons, disparitions, torture, pillages et confiscations, ainsi que des écoles utilisées militairement. Des maisons saisies abritent des groupes armés ou d’autres déplacés ; le besoin de logement de ces familles et la responsabilité des saisies doivent être distingués. [3]

Les démarches de 2024

Le rapport HRW de février 2024 repose sur 58 entretiens de 2022–2023 et des preuves documentaires et visuelles concernant Afrin et Ras al-Ain. Il décrit détention, torture, disparitions et atteintes aux biens impliquant forces turques et factions de l’ANS. Un responsable turc rejette ses conclusions le 1er mars. En janvier, six survivants, ECCHR, STJ et leurs partenaires avaient déposé plainte en Allemagne pour demander des enquêtes. Ce dépôt n’est pas une condamnation. [4] [5] [6]

Sources et lectures complémentaires

  1. Turkey, letter dated 20 January 2018 to the UN Security Council, S/2018/53: stated rationale and assurances concerning the intervention.
  2. UN Independent International Commission of Inquiry on Syria, A/HRC/39/65 (2018), paragraphs 14–25 and 68–72: offensive, hospital attack and displacement.
  3. Amnesty International, 2 August 2018: interviews, detention and property abuses, military use of schools and restrictions on displaced people’s movement.
  4. Human Rights Watch, “Everything is by the Power of the Weapon,” 29 February 2024: methodology and findings concerning Afrin and Ras al-Ain.
  5. ECCHR, “Crimes in Syria: The neglected atrocities of Afrin”: the January 2024 criminal complaint, partners and alleged offences.
  6. Associated Press, 1 March 2024, “Turkey rejects accusations by a human rights group that it committed abuses in Syria”: Turkish official’s response.