Quatrains, récits de derviche et vénération religieuse transmettent Baba Tahir ; les manuscrits distinguent poésie conservée et biographie incertaine.

Visiteurs devant le mausolée de pierre de Baba Tahir à Hamadan, avec hautes arches ouvertes et toit turquoise
Mausolée de Baba Tahir, Hamadan. Photo : Fabienkhan,12 août 2005, CC BY-SA 2.5. Monument commémoratif, pas portrait contemporain du poète. [4] Photo: Fabienkhan / Wikimedia Commons · CC BY-SA 2.5.

Que peut-on dater ?

Baba Tahir était un poète-derviche associé à Hamadan, mais ses dates restent incertaines. Elwell-Sutton étudie le récit de Ravandi, achevé en 1206, sur une rencontre avec Tughril. Si elle est authentique, elle se place en 1055–1058. Le récit repose sur le ouï-dire, pas sur un document contemporain. [1] Le XIe siècle demeure donc une hypothèse historique raisonnable.

Do-bayti et manuscrits

Un do-bayti comprend deux distiques, quatre lignes ; son mètre hazaj diffère du robai habituel. [3] Tafazzoli le replace dans les fahlaviyat de l’ouest, du centre et du nord de l’Iran. Il souligne la persianisation, une anthologie de Konya copiée en 1444–1445 et des pièces apparentées anonymes au Majles au XIVe siècle. [2] Lectures et attributions variables font partie des preuves.

Lire des images précises

L’édition de 1902 propose la prose de Heron-Allen et les vers de Brenton. Dans la suite en prose, le poème 19 relie vision de la beauté et souffrance du cœur ;38 compare le cœur au bois fraîchement coupé, brûlant et exsudant ;52 l’amant à une bougie qui se consume. [3] Ce sont des images du désir, pas des pages de journal littérales.

Langue et transmission

Les fahlaviyat étaient chantés, circulaient hors de leur région et se transformaient. [2] Heron-Allen relève des noms de dialecte concurrents et les manuscrits limités de son édition. [3] L’attachement culturel appartient à la réception ; identifier la langue ancienne exige des comparaisons précises. Une classification contestée ne date pas à elle seule la séparation du kurde et du lori.

Derviche et miracle

Le bûcheron moqué puis doté de savoir apparaît en 1902 comme tradition moderne rapportée. [3] Elwell-Sutton discute aussi les Kalemat-e qesar arabes attribués au poète : leur authenticité impliquerait une éducation. Il mentionne la vénération et l’usage rituel des vers chez les Ahl-e Haqq. [1] Il s’agit de réception religieuse, pas d’une biographie institutionnelle entièrement documentée.

Sources et lectures complémentaires

  1. Laurence Paul Elwell-Sutton, Baba Taher Oryan, Encyclopaedia Iranica III/3 (1988), pp.296–297: chronology, attributed aphorisms and religious reception.
  2. Ahmad Tafazzoli, Fahlaviyat, Encyclopaedia Iranica IX/2 (1999), pp.158–162: transmission, regional dialect verse and Hamadan manuscript witnesses.
  3. The Lament of Baba Tahir (1902), Edward Heron-Allen, editor and prose translator; English verse by Elizabeth Curtis Brenton. Packard Humanities Institute transcription; introduction and prose poems 19, 38, 52.
  4. Fabienkhan, Baba Tahir mausoleum, Hamadan,12 August 2005, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.5.