Inscriptions, archives administratives et récits grecs éclairent des conflits changeants dans le Zagros et les hautes terres voisines. Commerce, agriculture et administration impériale complètent cette histoire.

Territoires et représentation
Zagros et haut Tigre ont des histoires politiques différentes. Lullubi, Gutéens et Zamua ne sont pas les noms successifs d’un même État immuable. Haute de deux mètres environ, la stèle calcaire de Naram-Sin montre un vainqueur démesuré au casque à cornes. Son inscription nomme les Lullubi ; l’image est une construction royale. Au XIIe siècle avant notre ère, Shutruk-Nahhunte emporta le monument de Sippar à Suse et y ajouta son texte. [1] [2] [9]
Gutéens et troisième dynastie d’Ur
Van De Mieroop juge incertain le rôle des Gutéens dans la chute d’Akkad. Les listes royales ne prouvent pas un siècle d’occupation unifiée : plusieurs dirigeants ont pu être contemporains. Le récit de victoire d’Utu-hegal sur Tirigan justifie le pouvoir par le mandat divin et l’humiliation de l’adversaire. Sous Ur III, vers 2112–2004, les noms d’années commémorent des campagnes, sans constituer autant de récits indépendants. Les archives attestent aussi des échanges de bétail et de céréales avec le pays lullubi. [2] [3] [4] [5]
Zamua et la fin de l’Assyrie
Les annales d’Assurnasirpal II décrivent en 881 une coalition de Nur-Adad de Dagara et une muraille au passage de Babite, généralement identifié à Bazian. Elles mentionnent tribut et corvées. Un gouverneur de Zamua est attesté comme éponyme en 828 : résistance et incorporation se succèdent. La chronique babylonienne distingue la prise d’Assur par les Mèdes en 614, l’attaque conjointe des Mèdes et Babyloniens à Ninive en 612, la chute de Harran en 610 et la contre-offensive assyro-égyptienne manquée de 609. [2] [6] [7]
Cardouques et identités ultérieures
Xénophon raconte les combats de la retraite grecque en 401, mais aussi les villages, les réserves et le ravitaillement des Grecs. C’est un participant. Le pays cardouque appartient au haut Tigre, souvent rattaché au Taurus arménien. La Gordyène ultérieure comprend aussi agriculture et villes. Marciak souligne que Qardu ne peut simplement être transformé en Kurd : proximité des paysages et ressemblance des noms ne prouvent pas une identité ethnique ininterrompue. [8] [9]
Sources et lectures complémentaires
- Musée du Louvre, Naram-Sin victory stele, SB 4; object record, material, date, inscriptions and movement from Sippar to Susa.
- Ran Zadok, “Lulubi”, Encyclopaedia Iranica (2005), updated 2012; sources, exchange, Ur III campaigns, Zamua and Assyrian administration.
- Marc Van De Mieroop, “Gutians”, Encyclopaedia Iranica XI/4 (2002), pp. 408–410, updated 2013; uncertain chronology and changing uses of the name.
- Electronic Text Corpus of Sumerian Literature, “The victory of Utu-hegal”, composition 2.1.6, especially lines 1–12 and 51–62; translated ancient royal narrative.
- ORACC, Ancient Mesopotamian Gods and Goddesses, “Mesopotamian history”; chronology of the Third Dynasty of Ur and its rulers.
- Royal Inscriptions of Assyria Online, Ashurnasirpal II, A.0.101.1, column ii, especially 23b–81; translated royal annals concerning Zamua.
- Fall of Nineveh Chronicle, BM 21901, ABC 3, years 12–17; translation after A. K. Grayson and Jean-Jacques Glassner, presented by Livius.
- Xenophon, Anabasis, Book 4, especially 4.1–4.3, translated by Carleton L. Brownson; participant narrative of the retreat through Carduchian territory.
- Michał Marciak, “Gordyene”, Encyclopaedia Iranica (2021); geography, political development, economy and the limits of linguistic identification.
- Jastrow, detail of Louvre SB 4 (2005), Wikimedia Commons, public domain; brightness and contrast adjustment credited to Fui in terra aliena (2009).