Des principautés familiales reliaient l’Égypte et la Syrie ; conquêtes, accords, institutions et branches survivantes composent leur histoire.

Origines et nom
La dynastie porte le nom d’Ayyub, père de Saladin. Humphreys décrit ses origines kurdes, ses liens avec Dvin puis le service militaire en Haute-Mésopotamie et en Syrie. La famille appartenait à une élite militaire établie. [1] Cette origine doit être étudiée avec la diversité des populations et institutions gouvernées.
Du vizirat à l’expansion
Saladin devint vizir en 1169 après Shirkuh. En 1171 le califat fatimide prit fin et le nom du calife abbasside entra dans la prière publique. Après la mort de Nur al-Din en 1174, il étendit son pouvoir en Syrie ; Alep suivit en 1183. [2] Changer de calife ne convertit pas soudain toute une population. Keleş montre l’héritage et l’adaptation d’institutions fatimides et zengides. [3]
Un réseau familial
Le Caire, Damas, Alep et d’autres centres étaient liés par des parents contrôlant leurs territoires et ressources. Humphreys parle d’une confédération familiale. [1] Après la mort de Saladin en 1193, ses fils et son frère al-Adil rivalisèrent ; ce dernier devint dominant vers 1200. [2] Frontières et contrôle ne restèrent pas identiques pendant toute la période.
Conquête et accord
Hattin en 1187 précéda la prise de Jérusalem. Le Libellus décrit la capitulation du 2 octobre et les rançons, avec des conséquences différentes pour riches et pauvres. [4] Tous ne partirent pas sans conditions. En 1229, al-Kamil céda Jérusalem aux Francs par accord avec FrédéricII. [2] La diplomatie était aussi un instrument de gouvernement.
Enseignement et arts
L’étude du Metropolitan traite des métaux incrustés d’argent, des céramiques, du verre et de l’architecture. Rabia Khatun et Shajar al-Durr apparaissent comme commanditaires. [6] Torky date la Salihiyya du Caire de 1243 : quatre écoles juridiques sunnites, deux unités à cour, iwans d’enseignement, entrée commune et minaret conservé. [5] L’édifice rend concrète l’organisation d’une institution éducative.
Plusieurs fins
L’Égypte passa aux Mamelouks en 1250 ; les Mongols mirent fin aux principales positions ayyoubides d’Alep et Damas en 1260. [2] Hama subsista au XIVe siècle et Hasankeyf jusqu’en 1462. [1] L’histoire des différentes branches ne se résume donc pas à une seule date d’extinction.
Sources et lectures complémentaires
- R. Stephen Humphreys, Ayyubids, Encyclopaedia Iranica III/2 (1987): family origins, confederation and surviving branches.
- Ramazan Şeşen, Eyyûbîler, TDV İslâm Ansiklopedisi (1995), political history: Egypt, Syria, succession and diplomatic agreements.
- Mahmut Recep Keleş, Eyyûbîlerde Askerî Teşkilât, Ortaçağ Araştırmaları Dergisi 5/1 (2022), pp. 20–28: inherited institutions.
- Libellus de expugnatione Terrae Sanctae per Saladinum, primary account of Jerusalem in 1187; James A. Brundage translation, Fordham Internet Medieval Sourcebook.
- Tarek Torky, Madrasa of al-Salih Najm al-Din Ayyub, Discover Islamic Art, Museum With No Frontiers: date, teaching plan and surviving architecture.
- Suzan Yalman, based on original work by Linda Komaroff, The Art of the Ayyubid Period, Metropolitan Museum of Art (2001).
- R Prazeres, Madrasa of al-Salih Ayyub, Cairo, 11 June 2019, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.