Les Hazaraspides, aussi dynastie Fazluya et atabegs du Grand Lorestan, gouvernaient un territoire changeant du sud-ouest iranien. Leur siège était Idhaj, associé à Izeh actuelle. Leur histoire relie origine kurde, sociétés du Zagros et relations salghurides, mongoles, muzaffarides et timourides. Plusieurs règnes restent difficiles à dater.

Champs verts, arbres et cours d’eau de la plaine de Susan près d’Izeh, entre montagnes rocheuses
Plaine de Susan près d’Izeh,23 mai 2010. Vue régionale moderne autour de la capitale, pas un palais conservé. Ehsanraki ; CC BY-SA 3.0. © Ehsanraki · Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0.

Noms, espace et titre

Bosworth identifie une dynastie d’origine kurde du Zagros sud-occidental, principalement du Lorestan et du Fars voisin. Atabeg était ici un titre dynastique ; les membres n’exerçaient pas réellement la tutelle de jeunes princes. [1] Grand Lorestan était une désignation politique et géographique médiévale. Lors, Kurdes et autres communautés y vivaient ; les atabegs du Petit Lorestan constituaient une autre lignée. [2]

L’ascension d’Abu Tahir

Spuler situe l’autonomie vers 550 AH/1155. Abu Tahir avait aidé le Salghuride Sonqor contre des chefs Shabankara, reçu Kuhgiluya et étendu sa puissance au Lorestan. [2] Servir un souverain plus fort créait l’occasion d’une principauté locale. Les récits antérieurs de migration et d’ascendance demandent une enquête distincte de cette séquence politique.

Hazarasp et succession

Malik Hazarasp, fils du fondateur, apparaît comme souverain dès 600 AH/1203–1204 ; Bosworth lui rattache le nom dynastique. [1] Spuler donne deux fins possibles,1229 et 1252–1253, et des incertitudes sur Imad al-Din et Nusrat al-Din avant Takla. [2] Une liste de durées précises et indiscutées masque cet état documentaire. Parentés et preuves de chaque date importent.

Afrasiab et les Mongols

La survie associait coopération et conflit. Browne place la tentative d’Afrasiab sur Isfahan entre la mort d’Arghun en 1291 et le couronnement de Gaykhatu. [3] Kurtuluş décrit ses ambitions et son exécution sous Ghazan en 1296. [4] Le souverain local cherchait à profiter d’une succession impériale. L’accommodement pouvait se rompre, provoquant intervention et changements familiaux.

Ahmad et les revenus

Nusrat al-Din Ahmad, frère d’Afrasiab, coopéra davantage avec les Ilkhans. Kurtuluş évoque tribut et cadeaux réguliers et trois parts de revenus pour institutions religieuses, armée et maison du souverain avec serviteurs. [4] Il s’agit d’une répartition rapportée, sans comptes audités conservés. Elle donne néanmoins un point concret pour étudier patronage, administration et pouvoir local reconnaissant une autorité supérieure.

La fin timouride

Spuler rapporte le transfert de Pir Ahmad à Samarcande en 1395–1396 puis retours et luttes familiales. Shah Husayn fut tué en 1424 par son parent Ghiyath al-Din ; Shah Rukh expulsa ensuite ce dernier, mettant fin au pouvoir familial. [2] Mort du souverain et intervention timouride étaient distinctes. Rivalité intérieure et puissance extérieure conclurent une longue histoire d’autorité négociée et dépendante.

Sources et lectures complémentaires

  1. C. Edmund Bosworth, Hazaraspids, Encyclopaedia Iranica XII/1 (2003), p. 93; origins, titles and Hazarasp.
  2. Bertold Spuler, Atabakan-e Lorestan, Encyclopaedia Iranica II/8 (1987), pp. 896–898; Greater Lorestan, chronology and Timurid end.
  3. E. G. Browne, A History of Persian Literature under Tartar Dominion (Cambridge, 1920), p. 37; Afrasiab’s 1291 revolt, digitised by Columbia University Libraries.
  4. Rıza Kurtuluş, Lur-ı Büzürg, TDV İslâm Ansiklopedisi 27 (2003), pp. 225–226; Afrasiab, Ahmad, tribute and revenue distribution.
  5. Ehsanraki, Susan90, Susan plain near Izeh, 23 May 2010; own photograph, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons.