Hymnes de création, poésie religieuse, histoires de serpents et contes sont des formes différentes. Sources yézidies et yarsan, variantes de Şahmaran et récits du nord de l’Irak en éclairent les sens sans inventer un panthéon de tous les Kurdes.

Bâtiments en pierre et deux toits coniques de sanctuaire parmi les arbres de la vallée de Lalish
Lalish, Lamacchiacosta, 10 mars 2018. Vue d’un paysage religieux vivant, sans représenter un événement de création. © Lamacchiacosta · 10 March 2018 · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0.

Des traditions dans leurs contextes

La mythologie kurde peut introduire les récits des communautés kurdes, mais hymne sacré, conte et épopée littéraire ont des fonctions différentes. L’anthologie Neo-Aramaic and Kurdish Folklore from Northern Iraq de 2022 rapproche les récits musulmans kurdes des traditions chrétiennes et juives araméophones. Les éditeurs soulignent les matériaux partagés et le contact multilingue. [1] Ce cadre est plus utile que d’attribuer tout personnage surnaturel à une religion nationale antique unique. Langue, narrateur et occasion participent au sens.

Création yézidie et Tawûsî Melek

La communication de Philip G. Kreyenbroek de 2006 s’appuie sur son travail avec Khalil Jindy Rashow sur les poèmes sacrés et récits yézidis. Elle décrit des qewls où Dieu crée le monde depuis une perle contenant sa forme embryonnaire, puis confie sa garde aux Sept Êtres conduits par Tawûsî Melek, l’Ange-Paon. [2] Ces récits appartiennent à une tradition précise. Tawûsî Melek ne doit pas devenir un dieu d’une liste générale de tous les Kurdes ni être défini par des étiquettes extérieures hostiles.

Yarsan, kalām et jam

L’étude de Kreyenbroek de 2022 décrit la création yarsan par une perle primordiale, les Sept Êtres/Haft Tan et le premier rassemblement, le jam. Elle explique une histoire religieuse cyclique où les essences divines apparaissent sous différentes formes. Le principal corpus poétique sacré est en gourani littéraire, avec des textes dans d’autres langues. [3] Longs kalām, chants rituels plus courts et explications orales ont des fonctions liées mais distinctes. La perle commune invite à comparer, pas à rendre communautés et pratiques interchangeables.

Şahmaran : suivre une version

Sultan Sökmen et Zeynep Balkanal résument en 2018 des variantes d’Adana, Tarsus et Mardin. Dans celle de Mardin, un fils de vizir abandonné dans un puits atteint le domaine caché de Şahmaran et obtient sa liberté en promettant le secret. Il révèle ensuite le lieu par intérêt quand le souverain tombe malade ; Şahmaran est tuée et le souverain guéri. [4] Trahison et guérison structurent ce récit. L’université Mardin Artuklu documente aussi le séminaire comparatif de Cahide Harputlu sur des versions kurdes, turques et iraniennes. [5] Une figure partagée peut avoir un sens local sans origine ethnique exclusive.

Noms d’esprits et langue

Le dictionnaire d’Umîd Demîrhan définit cin comme des êtres invisibles aux humains. Une entrée de perî décrit un cin féminin beau ; cette même graphie possède d’autres entrées aux sens différents. [6] C’est un vocabulaire du surnaturel, pas un catalogue théologique universel. La traduction doit choisir selon la phrase et l’usage du narrateur. Appeler chaque être une divinité ou chaque conte un mythe de création efface les distinctions de la langue.

Récits partagés et textes identifiés

L’anthologie du nord de l’Irak donne contes, légendes, fables et anecdotes en kurde septentrional et central et en néo-araméen du Nord-Est avec traductions anglaises. Plusieurs versions du vendeur de paniers et du pont de Dalal figurent au sommaire. [1] Elles permettent une comparaison entre langues et communautés. Lisez l’introduction du collecteur avant de généraliser une croyance. Notez narrateur, lieu, langue, date et édition. Les différences attestent transmission et interprétation, sans justifier une seule histoire prétendument originelle.

Sources et lectures complémentaires

  1. Geoffrey Khan, Masoud Mohammadirad, Dorota Molin and Paul M. Noorlander, Neo-Aramaic and Kurdish Folklore from Northern Iraq, vol. 2, Open Book Publishers, 2022, publisher’s introduction and contents.
  2. Philip G. Kreyenbroek, The Traditions of the Yezidis and Ahl-e Haqq as Evidence for Kurdish Cultural History, World Congress of Kurdish Studies, Erbil, 2006; qewls and creation account.
  3. Philip G. Kreyenbroek, The Religious Textual Heritage of the Yārsān (Ahl-e Haqq), Oral Tradition 35/2 (2022), pp. 331–340; languages, religious world and textual categories.
  4. Sultan Sökmen and Zeynep Balkanal, Anadolu’da Önemli Bir Simge Olan Şahmeran’ın Halk İnanışlarındaki Yeri, 2018, pp. 281–296, especially 286–287; DOI 10.29029/busbed.333220.
  5. Mardin Artuklu University, Institute of Living Languages, report of Cahide Harputlu’s 57th Rêzesemîner presentation comparing Şahmaran versions.
  6. Umîd Demîrhan, Ferhenga Destî: kurdî bi kurdî, expanded second edition, Sewad, 2007, printed pp. 60 (cin), 290 (perî). Definitions translated from Kurdish.