Qui était Taha Muhie-eldin Marouf ?
Taha Muhie-eldin Marouf était un homme politique kurde irakien, né en 1924 à Penjwin, dans la province de Souleimaniye au Kurdistan irakien. Il a été vice-président de l’Irak de 1974 à 2003, soit près de trente ans, ce qui fait de lui le Kurde ayant occupé le plus longtemps une fonction élevée au sein de l’État irakien dans l’histoire.
Sa fonction de vice-président sous le régime baasiste, puis sous la dictature de plus en plus personnelle de Saddam Hussein, était largement honorifique et lui conférait peu de pouvoir. Le parti Baas utilisait son identité kurde pour donner un visage kurde symbolique à un régime qui persécutait, déplaçait et massacrait systématiquement la population kurde, notamment lors de la campagne d’Anfal de 1986 à 1989.
La complexité morale de sa position, celle d’une personnalité politique kurde apportant une légitimité à un régime qui commettait un génocide contre les Kurdes, a fait l’objet de nombreuses discussions. Il est resté à sa fonction honorifique pendant toute la campagne d’Anfal, ce qui trouble profondément de nombreux Kurdes ayant perdu des proches dans les atrocités baasistes.
Points essentiels
• Taha Muhie-eldin Marouf (1924-2009) a été vice-président de l’Irak pendant près de 30 ans (1974-2003).
• Né à Penjwin, au Kurdistan irakien, il était le visage kurde symbolique du régime baasiste.
• Sa fonction était largement honorifique alors que le régime baasiste persécutait et massacrait les Kurdes.
• Il est resté en fonction pendant tout le génocide d’Anfal contre les Kurdes (1986-1989).
• Son héritage est moralement complexe : le responsable kurde le plus longtemps en poste de l’histoire irakienne était aussi un collaborateur controversé du régime baasiste.
Repères
Sommaire
Principales réalisations et contributions
Chronologie et événements marquants
Débats et questions historiques
Héritage et influence culturelle
Références et lectures complémentaires
Jeunesse et origines
Taha Muhie-eldin Marouf est né en 1924 à Penjwin, petite ville kurde des montagnes de la province de Souleimaniye, près de la frontière iranienne. Il a poursuivi une carrière politique à Bagdad, finissant par se rallier au parti Baas et à ses structures politiques.
Contexte historique
Les rapports du parti Baas avec les hommes politiques kurdes reposaient sur la cooptation : placer des personnalités kurdes à des fonctions symboliques pour donner une façade de participation kurde au gouvernement, tout en menant des politiques d’arabisation, de déplacement et, finalement, de génocide contre la population kurde. Taha Muhie-eldin Marouf était l’exemple le plus marquant de cette cooptation.
La campagne d’Anfal de 1986 à 1989, menée par le régime de Saddam Hussein sous la direction d’Ali Hassan al-Majid, dit « Ali le Chimique », a tué des dizaines de milliers de Kurdes et détruit des milliers de villages kurdes. Durant toute cette campagne, Marouf est resté vice-président.
Principales réalisations et contributions
Le responsable kurde de l’État le plus longtemps en poste de l’histoire irakienne
Quelles que soient les complexités morales de sa position, les 29 années de Taha Muhie-eldin Marouf à la vice-présidence de l’Irak constituent un record factuel : aucun autre Kurde n’a occupé aussi longtemps une fonction élevée dans l’État irakien. Sa survie à ce poste pendant trois décennies de pouvoir baasiste exigeait de l’habileté politique, de la souplesse personnelle et la volonté d’accepter les contraintes d’une fonction largement honorifique.
Chronologie et événements marquants
Débats, controverses et questions historiques
Le débat central concernant Taha Muhie-eldin Marouf porte sur la question de savoir si ses décennies comme vice-président sous le régime baasiste, notamment pendant le génocide d’Anfal, constituent une collaboration avec un État génocidaire. L’opinion kurde est profondément divisée. Certains voient en lui une figure pragmatique ayant maintenu une présence kurde dans la vie politique de Bagdad ; d’autres considèrent son maintien en fonction pendant l’Anfal comme un acte impardonnable de complicité de génocide.
Son identité kurde est établie par son origine de Penjwin et par son inclusion dans la tradition des personnalités kurdes notables.
Héritage et influence culturelle
L’héritage de Taha Muhie-eldin Marouf est moralement complexe et contesté. Il détient un record factuel, celui du responsable kurde le plus longtemps en poste dans l’histoire de l’État irakien, mais ce record s’est construit au service d’un régime ayant commis un génocide contre les Kurdes. Son histoire met en garde contre les dangers moraux d’une participation symbolique à un système dont on ne peut efficacement combattre les pratiques.
Liens avec l’histoire kurde
Mustafa Barzani — dirigeant kurde qui a combattu le régime baasiste servi par Marouf
Jalal Talabani — dirigeant kurde devenu par la suite le président légitime de l’Irak
Ibrahim Ahmad — personnalité politique kurde de l’Irak baasiste, son contemporain
Questions fréquentes
Qui était Taha Muhie-eldin Marouf ?
Taha Muhie-eldin Marouf (1924-2009) était un homme politique kurde irakien, vice-président de l’Irak de 1974 à 2003, soit près de trente ans, ce qui fait de lui le Kurde ayant occupé le plus longtemps une fonction élevée dans l’État irakien. Sa fonction était largement honorifique sous le régime baasiste.
Taha Muhie-eldin Marouf était-il kurde ?
Oui. Il est né à Penjwin, au Kurdistan irakien, et les sources historiques l’identifient comme kurde.
Pourquoi son héritage est-il controversé ?
Il est resté vice-président pendant toute la campagne d’Anfal du régime baasiste (1986-1989), qui a tué des dizaines de milliers de Kurdes et est reconnue comme un génocide. De nombreux Kurdes ont considéré son maintien en fonction pendant cette période comme une complicité de génocide.
Références et lectures complémentaires
Contributeurs de Wikipédia. « Taha Muhie-eldin Marouf ». Wikipédia. Consulté en 2025.
Contributeurs de Wikipédia. « Liste de Kurdes ». Wikipédia. Consulté en 2025.
