Introduction
Amna Suraka, « la Sécurité rouge », est un musée de Souleimaniye qui constitue l’un des mémoriaux les plus puissants de la Région du Kurdistan d’Irak. Installé dans l’ancien siège des services de sécurité du régime irakien, où de nombreux Kurdes ont été emprisonnés et maltraités durant les années de pouvoir baasiste, le bâtiment rouge criblé de balles a été préservé et transformé en lieu de mémoire. Il documente les souffrances du peuple kurde à cette époque, surtout la campagne de l’Anfal et l’attaque chimique de Halabja, et honore ceux qui ont enduré et résisté. C’est un lieu de deuil, de souvenir et de résilience.
Bâtiment meurtri devenu musée de la mémoire, Amna Suraka témoigne de l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire kurde. Cette présentation aborde son histoire avec la gravité qu’elle mérite.
Points essentiels
• Amna Suraka, « la Sécurité rouge », est un musée mémorial de Souleimaniye.
• Il occupe l’ancien siège régional des services de sécurité irakiens.
• De 1979 à 1991, de nombreux Kurdes y ont été emprisonnés et maltraités.
• Il documente aujourd’hui la campagne de l’Anfal, Halabja et la résistance kurde.
• C’est un lieu de mémoire pour les victimes et les survivants de cette époque.
Repères
Nom : Amna Suraka, « la Sécurité rouge », ou la Prison rouge
Type : Musée historique et des droits humains
Pays / région : Région du Kurdistan, Irak (Başûr)
Ville : Souleimaniye (Slemani)
Ancienne fonction : Siège régional des services de sécurité, 1979–1991
Ouverture comme musée : 2003
Thèmes : Anfal, Halabja, répression et résistance
Gestion : Union patriotique du Kurdistan (UPK)
Sommaire
Personnalités, lieux et thèmes connexes
Références et lectures complémentaires
Où se trouve Amna Suraka ?
Amna Suraka se trouve au cœur de Souleimaniye, grande ville culturelle de l’est de la Région du Kurdistan d’Irak, entourée de montagnes. Le musée est l’un des sites les plus visités de la ville, aux côtés du musée de Slemani, des parcs et des bazars. Ses thèmes le relient étroitement à d’autres mémoriaux de l’époque, comme le monument de Halabja, qui commémore les victimes de l’attaque chimique de 1988 contre la ville de Halabja.
La Sécurité rouge
Le bâtiment tire son nom, Amna Suraka, « la Sécurité rouge », de la couleur de ses murs et de sa sinistre ancienne fonction. De 1979 à 1991, sous le régime baasiste en Irak, il a servi de siège régional des services de sécurité de l’État pour le nord. Durant ces années, de nombreuses personnes ont été détenues entre ses murs, dont des étudiants, des militants kurdes et d’autres considérés comme des ennemis du régime, et beaucoup y ont terriblement souffert. Le bâtiment constitue un témoignage matériel de l’appareil répressif subi par le peuple kurde à cette période, une histoire que le musée affronte directement et avec sobriété.
Le soulèvement de 1991
Au printemps 1991, lors du soulèvement qui a suivi la guerre du Golfe, les habitants de la région se sont révoltés et le complexe de sécurité de Souleimaniye a été pris. Les combats acharnés de ces journées ont laissé les bâtiments éventrés, criblés de balles et marqués par les obus, traces encore visibles sur les murs rouges aujourd’hui. La prise de la Sécurité rouge a été un moment d’une profonde importance : l’un des symboles les plus redoutés du pouvoir du régime dans la région avait été saisi. Les blessures du bâtiment ont été délibérément conservées lors de sa transformation ultérieure.
De la prison au musée
En 2003, l’ancien siège a ouvert au public comme musée, préservant le site à la fois comme mémorial et comme lieu d’éducation sur cette époque. Le complexe conserve ses bâtiments endommagés et ses cellules reconstituées dans leur état. Ses expositions documentent les campagnes de violence contre le peuple kurde, particulièrement les opérations de l’Anfal à la fin des années 1980 et l’attaque chimique de Halabja, ainsi que la résistance et la survie de la communauté. Parmi les installations figure une salle tapissée de milliers d’éclats de miroir et de lumières, chacun rappelant une victime de l’Anfal, mémorial saisissant de l’ampleur des pertes.
Un lieu de mémoire
Amna Suraka est aujourd’hui l’un des lieux de mémoire les plus importants de la Région du Kurdistan. Les souffrances du passé y sont préservées pour ne pas être oubliées, et la persévérance du peuple kurde y est honorée. Les visiteurs viennent apprendre, faire leur deuil et réfléchir. En gardant le bâtiment meurtri et son histoire accessibles à tous, le musée témoigne d’un chapitre douloureux tout en affirmant la résilience d’un peuple qui y a survécu. C’est, au sens le plus profond, un monument à la mémoire autant qu’à la persévérance.
Chronologie
1979–1991 — Le bâtiment sert de siège régional des services de sécurité.
Fin des années 1980 — La campagne de l’Anfal et l’attaque de Halabja dévastent les Kurdes.
1991 — Le complexe est pris pendant le soulèvement ; les bâtiments restent meurtris.
2003 — Amna Suraka ouvre au public comme musée mémorial.
Aujourd’hui — C’est un site majeur de mémoire et d’éducation à Slemani.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’Amna Suraka ?
Amna Suraka, « la Sécurité rouge », est un musée mémorial de Souleimaniye installé dans l’ancien siège régional des services de sécurité irakiens, où de nombreux Kurdes ont été emprisonnés et maltraités sous le pouvoir baasiste.
Que commémore le musée ?
Il documente la répression du peuple kurde durant cette époque, surtout la campagne de l’Anfal et l’attaque chimique de Halabja, et honore les victimes, les survivants et la résistance.
Pourquoi le bâtiment est-il meurtri ?
Le complexe a été gravement endommagé lors des combats du soulèvement de 1991. Ses murs criblés de balles et ses bâtiments en ruines ont été délibérément conservés lorsqu’il est devenu un musée.
Quand est-il devenu un musée ?
L’ancien siège a ouvert au public comme musée en 2003 et sert de lieu de mémoire et d’éducation.
Personnalités, lieux et thèmes connexes
La campagne de l’Anfal · le soulèvement de 1991 · la mémoire et la résistance kurdes · Souleimaniye · le monument de Halabja · Halabja.
Références et lectures complémentaires
Campagne de l’Anfal — Wikipédia
