Les traités attestent l’alliance d’Artatama et son fils Shuttarna, mais laissent ouvertes son ascendance et la durée du règne.

Une généalogie incertaine
Artatama II, roi de Hurri, était le rival de Tushratta. Mayrhofer le distingue de l’ancien Artatama I et considère comme non démontrée leur identification comme frères. Un nom royal partagé ne remplace pas une généalogie. Enfance, accession et années exactes du règne restent inconnues. Von Dassow situe le Mitanni dans le haut Khabur, avec un empire étendu vers la Syrie, la Mésopotamie et l’Anatolie orientale. Son déclin dépasse une seule crise successorale. [1] [2]
Le traité comme récit politique
Le traité de Suppiluliuma avec Shattiwaza rappelle un accord antérieur avec Artatama. Il raconte ensuite campagnes contre Tushratta, pillages et captures. Il attribue l’assassinat de Tushratta à un fils et à des complices, sans nommer Artatama comme meurtrier. Le roi hittite justifie l’issue par un jugement divin. C’est le récit d’un vainqueur engagé, et non une confirmation indépendante de chaque accusation. [3] [4]
Shuttarna et le nouvel équilibre
Le récit de Shattiwaza nomme Shuttarna comme fils d’Artatama et l’accuse de livrer des richesses à l’Assyrie et à Alshe. Le retour d’une porte d’argent et d’or prise par Shaushtatar symbolise le renversement des rapports de force. Shattiwaza reçoit une aide hittite, épouse une princesse et avance avec Piyassili contre Irrite. Leurs enfants obtiennent des droits successoraux, tandis que Piyassili conserve des territoires de l’Euphrate. La restauration impose donc frontières et obligations. [3] [4] [5]
Langue et histoire régionale
Mayrhofer explique le nom d’Artatama par l’indo-aryen ; le hourrite appartient à l’ensemble hourro-ourartéen non indo-européen. Nom royal, langue des populations et identité actuelle sont des questions distinctes. Le Mitanni appartient à l’histoire régionale, mais une ressemblance de toponymes ne prouve pas une identité nationale moderne directe. Mattiuaza, chez Luckenbill, est une ancienne transcription de Shattiwaza, pas un roi supplémentaire. [1] [4] [6]
Sources et lectures complémentaires
- Manfred Mayrhofer, “Artatāma”, Encyclopaedia Iranica II, p. 653 (1986); distinction between the two rulers, uncertain kinship and the royal name.
- Eva von Dassow, “Mittani and Its Empire”, The Oxford History of the Ancient Near East III (2022), pp. 455–528, DOI 10.1093/oso/9780190687601.003.0029; linked abstract used for the kingdom’s geographical and chronological outline.
- Suppiluliuma–Shattiwaza treaty excerpts, after Gary Beckman, Hittite Diplomatic Texts; primary accounts in translation, including the earlier Artatama agreement and the military/territorial settlement.
- D. D. Luckenbill, “Hittite Treaties and Letters”, American Journal of Semitic Languages and Literatures 37(3) (1921), especially pp. 161–176; public-domain early translation of KBo I 1 and I 3, with older name forms and uncertain readings.
- Steven J. Garfinkle, “The Assyrians: A New Look at an Ancient Power”, in Mark W. Chavalas, ed., Current Issues in the History of the Ancient Near East (2007), pp. 53–96, especially p. 73; discussion and translated treaty passage concerning the returned door.
- Gernot L. Windfuhr, “Iran vii. Non-Iranian Languages (1): Overview”, Encyclopaedia Iranica; linguistic distinction between Iranian and Hurro-Urartian and the limits of equating language with ethnicity.
- Osama Shukir Muhammed Amin, photograph of Tushratta’s letter, British Museum ME 29791 (22 July 2016), CC BY-SA 4.0; image identification, photographer and licence.