Associées au Hawraman, à Halabja et à Marivan, les klash se comprennent par les ateliers et leurs artisans : matériaux, outils changeants et place dans le vêtement kurde.

Chaussure blanche tissée sur une forme en bois sur l’établi d’un cordonnier à Erbil, avec des outils à proximité
Fabrication de chaussures kurdes à Erbil, Levi Meir Clancy, 22 juin 2021. L’artisan photographié n’est pas identifié comme une personne des entretiens. CC0. Levi Meir Clancy · Erbil · 22 June 2021 · Wikimedia Commons · CC0.

Que sont les klash ?

Les klash sont des chaussures kurdes traditionnelles liées au Hawraman et aux villes voisines. Othman décrit en 2016 des dessus en coton et des semelles liées par des lanières de cuir bovin, fabriqués à domicile et au marché. [1] Hama Nuri emploie aussi la laine pour les dessus. [2] Les matériaux varient selon les exemples.

Dessus, semelles et régions

L’étude de Nikouei et ses collègues de 2017 repose sur des enquêtes auprès de fabricants de giveh dans plusieurs provinces iraniennes. À l’ouest, le dessus de coton se travaille autour de la semelle préparée ; ailleurs, deux parties séparées sont assemblées par un troisième artisan. Motifs ajourés et soie décorative existent aussi. [3] Toutes les giveh ne sont pas identiques aux klash hawramies.

Jwan Yaseen Mohammad et ses outils

L’exposition SEED For Every Woman, à la citadelle d’Erbil en novembre–décembre 2022, présente Jwan Yaseen Mohammad. Elle réalise des dessus à la main et à la machine à tricoter. Son métier lui apporte indépendance financière et confiance des clients ; elle souhaite développer son activité. [4] Ce témoignage féminin montre un artisanat vivant dont les outils évoluent.

Nuri : apprentissage et commandes

Dans le reportage de Goran Sabah Ghafour d’août 2021, Nuri explique avoir appris de son père et pratiquer depuis vingt ans. Il reçoit des commandes étrangères. Un client attend trois semaines pour une paire blanche et bleue assortie à sa tenue. Nuri conseille d’alterner les chaussures entre les pieds pour équilibrer l’usure. [2] Le délai d’une commande n’est pas une durée de fabrication universelle.

Deux reconnaissances distinctes

Le World Crafts Council répertorie Marivan comme ville mondiale pour la couture des klash. [5] L’inscription UNESCO de 2021 concerne le paysage culturel Hawraman/Uramanat en Iran : villages étagés, agriculture et déplacements saisonniers. [6] Organismes et titres diffèrent. Le classement paysager n’est pas une inscription séparée de la fabrication des klash et ne date pas leur invention.

Saisons et récits d’origine

Othman décrit surtout des chaussures de printemps et d’été, dont le tissu peut souffrir en hiver. [1] L’entretien dépend du matériau et du fabricant. L’étude du giveh reconnaît l’incertitude de son développement. [3] Âge préhistorique précis, semaine de production fixe et inventeur légendaire exigent des preuves plus solides.

Sources et lectures complémentaires

  1. Sartip Othman, Handcrafted Kurdish shoes sell in Hawraman and beyond, Rudaw, 11 July 2016; workshop report.
  2. Goran Sabah Ghafour, Kurdish shoes: Cool in summer, warm in winter, Kurdistan24, 14 August 2021; Hama Nuri interview.
  3. Zahra Nikouei et al., Giveh Handicraft in Iran: An Anthropological Study Approach, International Journal of Applied Arts Studies 2/1 (2017), pp.47–54; methods and findings on pp.48–49.
  4. SEED Foundation, For Every Woman, 2022 exhibition; Jwan Yaseen Mohammad profile.
  5. World Crafts Council International, Asia Pacific Craft Cities; Marivan entry.
  6. UNESCO World Heritage Committee, Decision 44 COM 8B.36, Cultural Landscape of Hawraman/Uramanat, 2021.