Qui était Soad Hosny ?
Soad Mohammad Kamal Hosny (en arabe : سعاد حسني ; 26 janvier 1943 – 21 juin 2001) fut l’une des actrices et chanteuses les plus célèbres de l’histoire du cinéma arabe. Surnommée dans tout le monde arabe la « Cendrillon de l’écran », elle joua dans 83 films entre 1959 et 1991, travaillant avec presque tous les grands réalisateurs égyptiens de son époque. Son histoire intéresse particulièrement l’histoire kurde en raison de ses origines paternelles : son père, le célèbre calligraphe Muhammad Kamal Hosny, était d’origine kurde et appartenait à la tribu Al-Baba de Syrie. Soad Hosny compte ainsi parmi les personnalités d’ascendance kurde les plus célèbres de la vie culturelle arabe du 20e siècle.
Points essentiels
Son père, Muhammad Kamal Hosny, était un calligraphe kurde de la tribu Al-Baba de Syrie. Il émigra en Égypte et devint l’un des calligraphes islamiques les plus respectés de son époque.
Soad Hosny joua dans 83 films au cours d’une carrière de 32 ans, aux côtés d’Omar Sharif et sous la direction de Youssef Chahine et de tous les grands réalisateurs de l’âge d’or du cinéma égyptien.
Elle naquit dans une famille d’artistes : sa demi-sœur Nagat El-Saghira devint l’une des chanteuses les plus aimées d’Égypte.
Elle mourut le 21 juin 2001 après une chute du balcon du sixième étage à Londres. Les autorités britanniques conclurent au suicide, mais sa famille et de nombreux Égyptiens pensent qu’elle fut assassinée.
Son affaire reste l’un des mystères non résolus les plus débattus de l’histoire culturelle arabe.
Repères
Nom complet : Soad Mohammad Kamal Hosny Autres noms : Souad Hosni, Zozo, Cendrillon de l’écran, Sœur de la Lune Naissance : 26 janvier 1943, Le Caire, Égypte Décès : 21 juin 2001, Londres, Angleterre Origines : née en Égypte ; ascendance paternelle kurde (tribu Al-Baba, Syrie) Profession : actrice, chanteuse Époque : années 1950–1990 Célèbre pour : grande actrice de l’âge d’or du cinéma égyptien ; 83 films Films majeurs : Hassan et Naïma (1959), Attention à ZouZou (1972), El Karnak (1975), Chafika et Metwalli (1978) Associée au : cinéma égyptien ; âge d’or du cinéma arabe Importance historique : l’une des actrices arabes les plus emblématiques du 20e siècle ; ses racines paternelles kurdes en font une figure importante de l’histoire de la diaspora culturelle kurde
Table des matières
Le père kurde derrière l’icône
Grandes réalisations et carrière
Chronologie et événements marquants
Débats, controverses et idées reçues
Héritage et influence culturelle
Références et lectures complémentaires
Le père kurde derrière l’icône
La dimension kurde de l’histoire de Soad Hosny commence avec son père, Muhammad Kamal Hosny, né dans le clan Al-Baba, tribu kurde installée dans la région syrienne sous domination ottomane. Alors que l’Empire ottoman entrait dans ses dernières décennies, le père de Muhammad décida d’émigrer en Égypte, emmenant son fils, alors âgé de 18 ans, et d’autres membres de sa famille. Ils s’installèrent au Caire, où Muhammad passa le reste de sa vie.
Au Caire, Muhammad Kamal Hosny s’imposa rapidement comme un maître de la calligraphie islamique et finit par travailler à l’Institut royal de calligraphie. Sa maison de Khan el-Khalili devint un lieu de rencontre pour des artistes, musiciens, peintres et savants de tout le monde arabe. Ceux qui la connaissaient la décrivaient comme « la maison des artistes », un lieu où la culture créative du monde arabe franchissait le seuil familial. Son héritage kurde, emporté de Syrie en Égypte, se fondit dans cet environnement artistique profondément cosmopolite, et ses enfants grandirent sous ces deux influences.
Ce parcours de Kurdes quittant leurs terres d’origine sous domination ottomane pour des villes arabes, puis s’intégrant pleinement à la vie culturelle arabe, se répète tout au long de l’histoire moderne du Moyen-Orient. Il explique pourquoi tant de grandes figures arabes de l’art, de la littérature, de la politique et de la religion ont des racines kurdes méconnues. Soad Hosny en offre un exemple particulièrement frappant : une femme d’ascendance paternelle kurde devenue peut-être l’actrice la plus célèbre de l’histoire arabe.
Jeunesse et origines
Soad Mohammad Kamal Hosny naquit le 26 janvier 1943 dans le quartier de Boulaq, au Caire, l’un des secteurs les plus anciens et les plus populaires de la ville. Son père était Muhammad Kamal Hosny, maître calligraphe kurde syrien. Sa mère, Gawhara Mohamed Hassan Saffour, était égyptienne. Fille de la deuxième épouse de son père, Soad grandit avec deux sœurs dans cette branche familiale.
Sa famille était immense. Ses parents divorcèrent, puis sa mère épousa Abdul Monem Hafeez, avec qui elle eut six autres enfants. Toutes branches confondues, Soad grandit avec environ 16 frères, sœurs, demi-frères et demi-sœurs. Malgré ce foyer surpeuplé — ou peut-être grâce à lui —, la famille était extraordinairement talentueuse. Sa demi-sœur Nagat El-Saghira devint l’une des chanteuses les plus célèbres du monde arabe. Son demi-frère Ezz Eddin Hosni devint compositeur et professeur de musique, enseignant à Soad comme à Nagat. Un autre membre de la fratrie, Sami Hosni, devint violoncelliste. La demeure de leur père calligraphe était un salon de la communauté créative du monde arabe.
Soad manifesta tôt ses dons. À trois ans, elle chanta dans la populaire émission radiophonique égyptienne pour enfants Baba Sharo. Cette apparition lui valut le surnom de « Sœur de la Lune » (Okht El Qamar), qui la suivit pendant des années. À l’adolescence, son talent d’actrice fut découvert par l’écrivain et réalisateur Abdel Rahman El-Khamisy, qui lui confia le rôle d’Ophélie dans sa mise en scène d’Hamlet, puis la recommanda au réalisateur Henry Barakat pour son film de 1959, Hassan et Naïma. Elle avait dix-sept ans. Le film lança sa carrière.
Contexte historique
La carrière de Soad Hosny coïncida presque exactement avec l’âge d’or du cinéma égyptien. De la fin des années 1950 aux années 1970, le cinéma égyptien dominait la culture du monde arabe : Le Caire était parfois appelé « le Hollywood du Moyen-Orient ». Du Maroc à l’Irak, on regardait les films égyptiens, on écoutait leurs chansons et on parlait de leurs vedettes. L’ascension d’une actrice d’origine kurde au sommet de cette industrie révélait à la fois la profonde intégration des communautés de la diaspora kurde à la vie culturelle arabe et le peu d’importance que prenait l’origine ethnique face à un talent incontestable.
Sous Gamal Abdel Nasser, puis Anouar el-Sadate, l’Égypte était une société en pleine transformation : urbanisation, modernisation et complexité politique. Le cinéma contribuait directement à donner sens à ces mutations : les films exploraient les relations entre hommes et femmes, les tensions de classe, les aspirations politiques et les pressions de la tradition face à la modernité. Hosny y était particulièrement à l’aise parce qu’elle incarnait une nouvelle féminité égyptienne : indépendante, moderne, charmante et toujours un peu insaisissable. Quand l’âge d’or commença à décliner dans les années 1980, sa carrière déclina avec lui, jusqu’à sa retraite en 1991.
Grandes réalisations et carrière
Carrière cinématographique
Dès ses débuts dans Hassan et Naïma (1959), Hosny imposa une présence naturelle à l’écran. Au cours des trois décennies suivantes, elle travailla avec tous les réalisateurs majeurs du cinéma égyptien, notamment Youssef Chahine, Henry Barakat et Ali Badrakhan, qu’elle épousa plus tard. Elle donna la réplique à de grandes vedettes masculines comme Omar Sharif et Hussein Fahmy. Sa palette était exceptionnelle : elle jouait avec autant de conviction les jeunes villageoises innocentes, les femmes modernes actives, les premiers rôles comiques, les héroïnes tragiques et les personnages politiquement complexes.
Son rôle le plus emblématique fut celui de ZouZou dans Attention à ZouZou (1972), film si étroitement associé à son image qu’on la connut largement sous le simple nom de « Zozo ». Parmi ses autres films majeurs figurent El Karnak (1975), tiré d’un récit de Naguib Mahfouz sur la torture pratiquée par la police secrète de Nasser ; Chafika et Metwalli (1978), tragédie populaire ; et Le Sauvage (1979), qui lui valut le prix national du cinéma de la meilleure actrice.
Au cours de sa carrière, elle remporta notamment le prix de la meilleure actrice au Festival national égyptien, cinq prix du ministère de la Culture, cinq prix de l’Association du cinéma égyptien et le prix de la meilleure actrice au Festival international du film d’Alexandrie. En 1979, le président Anouar el-Sadate lui remit personnellement un certificat de reconnaissance à l’occasion de la Journée de l’art.
L’image publique et la vie privée
Hosny se maria quatre fois. Ses mariages documentés furent ceux avec le directeur de la photographie Salah Kurayyem (vers 1968), le réalisateur Ali Badrakhan (1970–1981), Zaki Fateen Abdel-Wahab (1981, pendant cinq mois) et le scénariste Maher Awad (1987, jusqu’à sa mort). Des rumeurs persistantes, largement relayées, affirment qu’elle aurait aussi épousé secrètement le légendaire chanteur égyptien Abdel Halim Hafez, ce que sa famille et lui nièrent de leur vivant. Elle n’eut pas d’enfant.
En 1979, en exécutant des scènes acrobatiques dans le rôle d’une artiste de cirque pour Le Sauvage, elle subit une grave blessure au dos qui affecta sa santé jusqu’à la fin de sa vie. À la fin des années 1980, une fracture vertébrale la rendait de plus en plus invalide. Elle se fit soigner d’abord en Égypte, puis à Paris à partir de 1992 et enfin à Londres à partir de 1997, où elle prévoyait de rester quelques mois. Elle ne revint jamais.
Chronologie et événements marquants
Vers le début des années 1900 — Muhammad Kamal Hosny, son père kurde, émigre de Syrie en Égypte avec sa famille. 26 janvier 1943 — Naissance de Soad Mohammad Kamal Hosny à Boulaq, au Caire. Vers 1946 — À trois ans, elle chante dans l’émission radiophonique égyptienne pour enfants Baba Sharo et reçoit le surnom de « Sœur de la Lune ». 1959 — Débuts au cinéma dans Hassan et Naïma. 1966 — Sortie de Trop jeune pour aimer. 1969 — Sortie d’Un jour, le Nil. 1969 — Mort de son père Muhammad Kamal Hosny au Caire. 1971 — Prix de la meilleure actrice au Festival national égyptien. 1972 — Sortie d’Attention à ZouZou, son film le plus emblématique. 1975 — Sortie d’El Karnak. 1978 — Sortie de Chafika et Metwalli. 1979 — Sortie du Sauvage ; prix de la meilleure actrice aux prix nationaux du cinéma. Grave blessure au dos sur le tournage. 1979 — Certificat de reconnaissance remis par le président Anouar el-Sadate lors de la Journée de l’art. 1987 — Mariage avec le scénariste Maher Awad, son quatrième et dernier époux. 1991 — Dernier film, Le Berger et les Femmes ; retraite en raison de sa santé déclinante. 1992 — Départ d’Égypte pour Paris afin de se faire soigner. 1997 — Installation à Londres pour un traitement de la colonne vertébrale. 21 juin 2001 — Mort après une chute du balcon du sixième étage de Stuart Tower, à Westminster. Les autorités britanniques concluent au suicide, ce que conteste sa famille. 2002 — La justice britannique conclut officiellement au suicide. 2006 — Diffusion de la série télévisée égyptienne Cendrillon, consacrée à sa vie, avec Mona Zaki. 2011 — Sa sœur dépose plainte en Égypte, accusant des responsables gouvernementaux d’être à l’origine de sa mort. 2013 — Un juge égyptien suspend l’enquête. Les Trois Disparitions de Soad Hosni, de Rania Stephan, est présenté à la Berlin Art Week.
Débats, controverses et idées reçues
La mort à Londres
La mort de Soad Hosny, le 21 juin 2001, reste l’une des affaires non résolues les plus débattues de l’histoire culturelle arabe. Elle fut retrouvée sur le trottoir devant Stuart Tower, dans le quartier de Maida Vale à Westminster, après une chute du balcon du sixième étage de l’appartement de son amie Nadia Yousri. Les autorités britanniques donnèrent d’abord peu d’informations, alimentant d’intenses spéculations médiatiques.
La justice britannique conclut finalement au suicide en 2002, invoquant sa santé déclinante et une dépression rapportée. Mais plusieurs détails matériels troublèrent les enquêteurs et le public égyptien : un trou aurait été découpé dans le filet de sécurité du balcon ; une pantoufle fut retrouvée dans la salle de bains et l’autre près de la fenêtre ; des cheveux féminins auraient été trouvés sous ses ongles ; son appartement semblait en désordre ; et des voisins déclarèrent avoir entendu des cris peu avant sa chute.
Sa famille — notamment sa demi-sœur Janjah Abdel Moneim — soutient depuis longtemps qu’elle fut assassinée. Elle affirme qu’au moment de sa mort, Hosny travaillait à des mémoires qui auraient impliqué de hauts responsables égyptiens dans des situations compromettantes. Une plainte officielle fut déposée en Égypte en 2011, mettant en cause l’ancien président du Conseil de la Choura Safwat El-Sherif, l’ancien ministre de l’Intérieur Habib El-Adly et d’autres personnes. Les enquêtes égyptiennes furent suspendues en 2013 faute de preuves suffisantes. L’affaire n’a jamais été entièrement élucidée.
Était-elle kurde ?
Soad Hosny n’était pas kurde au sens où l’on qualifierait ainsi une personnalité politique ou culturelle ancrée dans la société kurde. Née au Caire d’une mère égyptienne, elle vécut toute sa vie en Égyptienne. Son ascendance paternelle était toutefois kurde, par son père Muhammad Kamal Hosny, issu du clan kurde Al-Baba de Syrie. Elle appartient ainsi à la diaspora kurde : l’une des nombreuses personnes kurdes ou d’ascendance kurde qui quittèrent les terres kurdes et contribuèrent à la vie culturelle des sociétés arabes du Moyen-Orient moderne. Son histoire rappelle que l’héritage kurde est plus présent dans l’histoire culturelle arabe qu’on ne le reconnaît généralement.
Héritage et influence culturelle
Plus de deux décennies après sa mort, Soad Hosny demeure une figure majeure de la mémoire culturelle arabe. Ses films sont encore regardés dans tout le monde arabe. L’une de ses chansons, « Je descends sur la place », devint un hymne de la révolution égyptienne de 2011 : une étonnante actualité posthume pour une femme absente des écrans depuis 1991.
En 2006, la série télévisée égyptienne Cendrillon raconta sa vie, avec Mona Zaki dans le rôle-titre. En 2013, le documentaire expérimental de la cinéaste libanaise Rania Stephan, Les Trois Disparitions de Soad Hosni — entièrement composé d’extraits de ses propres films —, fut présenté à la Berlin Art Week, faisant découvrir son œuvre à un nouveau public international.
Son importance pour l’histoire kurde tient à ce qu’elle représente plutôt qu’à un rôle politique : une famille d’ascendance kurde quittant la Syrie sous domination ottomane, s’installant au Caire et donnant naissance à l’une des femmes les plus célèbres du monde arabe. C’est une histoire de migration, d’intégration culturelle et de fils invisibles de l’héritage kurde tissés dans l’histoire culturelle arabe, dont on continue à retracer le parcours.
Personnes, lieux et sujets connexes
Nagat El-Saghira — sa demi-sœur et l’une des chanteuses les plus aimées d’Égypte
Muhammad Kurd Ali — autre intellectuel kurde syrien qui façonna la vie culturelle arabe
Saladin — le Kurde le plus célèbre de l’histoire arabe, devenu lui aussi l’icône d’une civilisation plus vaste
La diaspora kurde dans le monde arabe — les migrations kurdes vers Le Caire, Damas et Bagdad
La calligraphie islamique — l’art que maîtrisait son père et qui ouvrit à la famille les portes de l’élite culturelle cairote
L’âge d’or du cinéma égyptien — le contexte culturel dans lequel Hosny devint une vedette
Abdel Halim Hafez — le chanteur égyptien qu’elle aurait secrètement épousé selon la rumeur
Questions fréquentes
Qui était Soad Hosny ?
Soad Hosny était une actrice et chanteuse égyptienne, née au Caire en 1943 d’un père d’ascendance kurde et d’une mère égyptienne. Elle joua dans 83 films entre 1959 et 1991 et est considérée comme l’une des plus grandes actrices de l’histoire du cinéma arabe, connue sous le surnom de « Cendrillon de l’écran ».
Soad Hosny était-elle kurde ?
Son père, Muhammad Kamal Hosny, était d’ascendance kurde, issu du clan Al-Baba de Syrie. Il émigra en Égypte et éleva sa famille au Caire. Soad naquit et vécut en Égyptienne, mais ses origines paternelles étaient kurdes, ce qui fait d’elle l’une des personnalités d’ascendance kurde les plus célèbres de la vie culturelle arabe du 20e siècle.
Comment Soad Hosny est-elle morte ?
Elle mourut le 21 juin 2001 après une chute du balcon du sixième étage de l’appartement d’une amie à Westminster, à Londres. La justice britannique conclut au suicide en 2002. Sa famille le conteste et affirme qu’elle fut assassinée par des agents du gouvernement égyptien. L’affaire demeure non résolue.
Pourquoi Soad Hosny est-elle surtout connue ?
Elle est surtout connue pour son rôle de ZouZou dans Attention à ZouZou (1972) et pour son extraordinaire palette dans 83 films. Elle est aussi célèbre pour El Karnak (1975), Chafika et Metwalli (1978) et Le Sauvage (1979). Sa chanson « Je descends sur la place » devint un hymne de ralliement pendant la révolution égyptienne de 2011.
Pourquoi Soad Hosny compte-t-elle pour l’histoire kurde ?
Son père était un Kurde de Syrie qui émigra en Égypte et devint un célèbre calligraphe islamique. Sa maison fut un foyer de la culture artistique arabe, et sa fille devint l’une des femmes les plus célèbres de l’histoire du divertissement arabe. Son parcours montre comment l’héritage kurde s’inscrit dans la vie culturelle arabe sous des formes rarement reconnues.
Références et lectures complémentaires
Arab News — « Soad Hosny : les multiples visages de l’icône égyptienne » (octobre 2022)
Scoop Empire — « 7 choses que vous ignoriez sur la Cendrillon égyptienne Soad Hosny » (juin 2022)