Également appelé Taqi al-Din, il gouverna Hama de 1178 à 1191. Poste égyptien, Hattin et dernière campagne orientale dépassent le cadre d’une seule ville.

Grande roue hydraulique en bois près d’une maçonnerie sur l’Oronte à Hama, avec petit barrage, berges vertes et bâtiments lointains
Noria sur l’Oronte, Bernard Gagnon, 2 avril 2010. Vue moderne du cadre fluvial, sans attribution de cette roue à Umar. © Bernard Gagnon · Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0. Author’s tilt-corrected photograph reused at web resolution without further creative changes.

Un homme, plusieurs noms

Al-Malik al-Muzaffar Umar et Taqi al-Din Umar désignent le même prince. Son père Nur al-Dawla Shahanshah était frère de Saladin. Can identifie Farrukh Shah comme son frère, non son cousin. [1] Hartmann date sa naissance de 1139 et l’attribution de Hama et environs de 1178. [2] Ces liens le distinguent des souverains ultérieurs portant le même titre.

Le poste égyptien et le rappel

Can donne décembre 1183 pour la nomination en Égypte et 1186 pour le rappel. Umar surveillait aussi al-Afdal, fils de Saladin, mais ils se disputèrent. Privé du poste, il envisagea l’Afrique du Nord ; Saladin le convainquit d’y renoncer et lui donna notamment Manbij, Maarrat al-Numan et Mayyafariqin. [1] Sa carrière mêle changements de fonctions et négociations, sans résidence ininterrompue à Hama.

Hattin et 1187

Can décrit les préparatifs au nord, dont une trêve avec Antioche, avant de rejoindre l’armée. Umar commanda l’aile droite à Hattin ; l’étude suit ensuite Tibnin et les opérations après la victoire. [1] Ces tâches précises éclairent mieux son rôle qu’une liste de toutes les conquêtes de Saladin. Commander une aile ne fait pas de chaque victoire ultérieure sa réussite personnelle.

La dernière campagne

Hartmann reste prudente : Saladin exigeait les troupes à temps et avertissait de ne pas provoquer de troubles dans le Diyarbakir ; une volonté d’expansion contraire aux ordres n’est pas certaine. Umar marcha vers Akhlat et Manzikert. Il mourut durant l’expédition de siège le 10 octobre 1191 ; sa dépouille fut rapportée à Hama. Ses soldats reconnurent son fils al-Mansur Muhammad. [2] Ce fut une mort en campagne orientale, ni à Jérusalem ni à Acre.

Une succession interrompue

Mantran décrit l’administration directe mamelouke en 1298–1299 puis la nomination d’Abu al-Fida en 1310. [3] Özaydın l’identifie comme descendant d’Umar et date sa mort du 26 octobre 1331. [4] Mantran évoque ensuite le règne et l’éviction de son fils. [3] De 1178 à 1341, il y a 163 ans, non 350 ni continuité sans interruption. 1341 n’est pas la mort d’Abu al-Fida.

Nommer les mécènes

Hartmann relève poésie, protection des savants et fondations de madrasas en Égypte et Syrie. [2] Les écrits historiques et géographiques d’Abu al-Fida relèvent d’une vie ultérieure distincte étudiée par Özaydın. [4] La parenté ne prouve pas que toute réussite procède d’un programme du fondateur. Les biographies montrent continuité et transformation des institutions et du mécénat.

Sources et lectures complémentaires

  1. Hakan Can, An Ayyubid Prince Against the Crusaders: Al-Malik al-Muzaffar Taqi al-Din Umar, NEU Islamic Research Center Journal 10.2 (2024), pp. 863, 872–874. DOI: 10.32955/neu.istem.2024.10.2.18.
  2. Angelika Hartmann, el-Melikü’l-Muzaffer, TDV İslâm Ansiklopedisi (2004); Hama, the final expedition and patronage.
  3. Robert Mantran, Hama, TDV İslâm Ansiklopedisi (1997); the late Ayyubid and Mamluk succession.
  4. Abdülkerim Özaydın, Ebü’l-Fidâ, TDV İslâm Ansiklopedisi 10 (1994), pp. 320–321; descent, appointment and death.
  5. Bernard Gagnon, Noria in Hama 01, 2 April 2010; Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.