Introduction

Kermanshah, en kurde Kirmaşan, est la grande ville kurde de l’ouest de l’Iran, le plus vaste centre urbain de la partie du Kurdistan que les Kurdes appellent Rojhelat, les terres kurdes orientales. Située dans les montagnes du Zagros, sur l’ancienne route entre le plateau iranien et la Mésopotamie, elle abrite près d’un million d’habitants, ce qui en fait l’une des plus grandes villes à majorité kurde du monde.

Kermanshah est une ville d’une profonde antiquité, veillée par les reliefs rupestres sassanides de Taq-e Bostan et proche de la célèbre inscription de Bisotun. Elle possède aussi un caractère kurde singulier, avec sa pratique du kurde méridional. Ce portrait présente son cadre, sa population, son passé antique et les épreuves de son histoire récente.

Points essentiels

• Kermanshah, en kurde Kirmaşan, est le chef-lieu de la province de Kermanshah dans l’ouest de l’Iran et la plus grande ville du Rojhelat, ou Kurdistan oriental.

• Avec près d’un million d’habitants, elle compte parmi les plus grandes villes à majorité kurde du monde.

• Sa population parle principalement le kurde méridional, kelhuri ou kermanshahi ; elle est majoritairement musulmane chiite et comprend aussi des communautés sunnites et yarsanies, ou Ahl-e Haqq.

• La ville est célèbre pour les reliefs rupestres sassanides de Taq-e Bostan et se trouve près de l’inscription de Darius le Grand à Bisotun, inscrite au patrimoine de l’UNESCO.

• Elle a beaucoup souffert de la guerre Iran–Irak (1980–88), et sa région a été frappée par un séisme dévastateur en 2017.

Repères

Nom kurde : Kirmaşan

Pays / région : Iran (Rojhelat / Kurdistan oriental)

Province : Kermanshah

Situation : Montagnes du Zagros, sur la rivière Qara Su

Altitude : Environ 1 400 m

Population : Près de 1 million d’habitants (ville)

Langue : Principalement le kurde méridional (kelhuri)

Religion : Majoritairement musulmane chiite ; aussi sunnite et yarsanie

Célèbre pour : Taq-e Bostan, l’inscription voisine de Bisotun, la culture kurde méridionale


Sommaire

Où se trouve Kermanshah ?

La grande ville du Rojhelat

Taq-e Bostan et la ville antique

Guerre et séisme

Kermanshah aujourd’hui

Chronologie

Questions fréquentes

Personnalités, lieux et thèmes associés

Références et lectures complémentaires


Où se trouve Kermanshah ?

Kermanshah se trouve dans la partie centrale des montagnes du Zagros, dans l’ouest de l’Iran, sur la rivière Qara Su, à environ 1 400 mètres d’altitude, quelque 500 kilomètres à l’ouest de Téhéran et non loin de la frontière irakienne. Depuis des millénaires, elle commande la grande route reliant le plateau iranien aux plaines de Mésopotamie, l’axe entre le cœur de l’Iran et Bagdad, ce qui lui a donné une importance stratégique et commerciale durable.

Ce cadre montagnard confère à Kermanshah un climat plus doux que celui du plateau aride situé à l’est et la rattache fermement au vaste monde kurde du Zagros, qui s’étend vers l’ouest jusqu’au Kurdistan irakien et vers le nord jusqu’aux autres villes du Rojhelat.

La grande ville du Rojhelat

Kermanshah est la plus grande ville du Kurdistan iranien et possède un caractère très majoritairement kurde, la plupart de ses habitants parlant le kurde méridional, du groupe dialectal kelhuri ou kermanshahi. Elle se distingue ainsi des Kurdes de langue sorani ou kurmandji vivant plus au nord. Sa composition religieuse est également particulière : alors que beaucoup de Kurdes sont sunnites, la population de Kermanshah est majoritairement chiite, avec aussi d’importantes communautés sunnites et yarsanies, ou Ahl-e Haqq.

La foi yarsanie, en particulier, est profondément enracinée dans la région du Guran autour de Kermanshah, faisant de la ville un centre de l’une des traditions religieuses les plus singulières du Kurdistan. Ensemble, ces composantes lui donnent une identité kurde qui lui est propre, appartenant sans ambiguïté au monde kurde tout en étant façonnée par sa langue, sa religion et son histoire particulières.

Taq-e Bostan et la ville antique

L’antiquité de Kermanshah est inscrite dans les rochers qui l’entourent. À la périphérie de la ville se dressent les reliefs de Taq-e Bostan, un ensemble de sculptures monumentales taillées dans la falaise par l’Empire sassanide entre le quatrième et le septième siècle de notre ère. Ils représentent des investitures royales et une célèbre chasse au sanglier, et comptent parmi les plus belles œuvres d’art sassanides conservées.

À peu de distance, sur l’ancienne route de Bagdad, s’élève Bisotun, où Darius le Grand fit graver sa grande inscription trilingue dans la montagne vers 500 avant notre ère. Le site est aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, et l’inscription est l’un des documents essentiels au déchiffrement du cunéiforme. Ensemble, ces sites font de la région de Kermanshah l’un des plus riches musées à ciel ouvert du monde iranien antique.

Guerre et séisme

L’histoire moderne de Kermanshah a été marquée par les épreuves. Sa proximité avec la frontière irakienne l’a placée en première ligne pendant la guerre Iran–Irak de 1980–88, durant laquelle la ville et la province furent bombardées et de nombreux habitants déplacés. Puis, en novembre 2017, un puissant séisme frappa la province près de Sarpol-e Zahab, tuant des centaines de personnes et laissant des dizaines de milliers d’autres sans abri, l’une des catastrophes les plus meurtrières qu’ait connues la région depuis des années.

Kermanshah aujourd’hui

Aujourd’hui, Kermanshah est la capitale économique et culturelle des terres kurdes de l’ouest de l’Iran, un centre de commerce et d’industrie doté d’une cuisine régionale réputée. Elle demeure un foyer de l’identité kurde au Rojhelat ; sa langue, sa musique et son patrimoine yarsani perdurent aux côtés de ses monuments antiques, malgré la guerre, le séisme et les pressions d’une histoire moderne difficile.


Chronologie

Vers 500 avant notre ère — Darius le Grand fait graver l’inscription de Bisotun près de Kermanshah.

4e–7e siècles de notre ère — Les Sassanides taillent les reliefs rupestres de Taq-e Bostan.

Époque médiévale — Kermanshah se développe comme une ville importante sur la route entre l’Iran et Bagdad.

1980–88 — La guerre Iran–Irak touche durement la ville et la province.

2006 — Bisotun est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

2017 — Un séisme majeur dévaste la région de Kermanshah près de Sarpol-e Zahab.


Questions fréquentes

Kermanshah est-elle une ville kurde ?

Oui. Kermanshah est très majoritairement kurde et constitue la plus grande ville du Rojhelat, le Kurdistan iranien ; la plupart de ses habitants parlent le dialecte kurde méridional.


Quel est le nom kurde de Kermanshah ?

En kurde, la ville s’appelle Kirmaşan, également écrit Kirmanshan.


Qu’est-ce que Taq-e Bostan ?

Un ensemble de reliefs rupestres monumentaux de l’époque sassanide, taillés dans la falaise à la périphérie de Kermanshah entre le 4e et le 7e siècle de notre ère.


Quelle est la religion des Kurdes de Kermanshah ?

Contrairement à de nombreux Kurdes d’autres régions, ceux de Kermanshah sont majoritairement musulmans chiites, avec d’importantes communautés sunnites et yarsanies, ou Ahl-e Haqq.


Rojhelat (Kurdistan oriental) · Sanandaj · Mahabad · Taq-e Bostan · Bisotun · la foi yarsanie · le kurde méridional.


Références et lectures complémentaires

Kermanshah — Wikipédia

Kermanshah — Encyclopædia Britannica, encyclopédie

Taq-e Bostan — Wikipédia

Bisotun — Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO