Al-Afdal succède à Abu’l-Fida en 1331. Son gouvernement d’une décennie se termine par le transfert à Damas et l’administration mamelouke directe.

Grande roue hydraulique en bois près de l’Oronte à Hama, arbres sur les rives et eau franchissant un seuil bas
Hama, Bernard Gagnon, 2 avril 2010. Cadre fluvial moderne; aucune installation identifiée comme commande d’Al-Afdal. © Bernard Gagnon · Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0.

Une succession après une restauration

Al-Afdal est le fils du souverain, historien et géographe Abu’l-Fida. Sato date sa succession de 732 H/1331 et décrit une décennie avant l’exil. L’étude rappelle l’interruption du gouvernement ayyoubide en 1299 et sa restauration en 1310. [1] Il hérite d’une maison rétablie, non d’un royaume indépendant inchangé depuis Saladin. Histoire familiale et fonctions administratives changeantes doivent être distinguées.

Titres royaux sous patronage mamelouk

Özaydın rattache Abu’l-Fida à Taqi al-Din Umar, neveu de Saladin. Il distingue nomination en 1310, reconnaissance comme malik en 1312 et permission du titre sultan en 1320. [2] Mantran indique qu’Al-Afdal emploie aussi sultan. [3] Ces titres expriment une place privilégiée dans la relation à la cour mamelouke. Ils se lisent avec les pouvoirs de nomination et de destitution, sans prouver une indépendance complète.

Médiation et conflit dans une histoire locale

L’Histoire de Hama d’al-Sabuni, du début du vingtième siècle, décrit d’abord Al-Afdal suivant son père. Elle lui attribue une médiation entre le sultan d’Égypte et l’émir arabe Muhanna. Puis elle dénonce un gouvernement oppressif: enfermement de Tahir ibn Qarnas jusqu’à sa mort et destruction d’arbres fruitiers. [4] C’est une narration identifiable et un jugement moral. Les accusations restent attribuées à cette source, sans motifs inventés ni portrait psychologique certain.

Damas et la fin de la royauté locale

La note 18 de Sato rapporte l’exil à Damas et la mort sur place en 742 H/1341. [1] Al-Sabuni situe la destitution la même année hégirienne, décrit l’arrivée de Tuquztamur et le retour du corps pour ensevelissement auprès du père. Il souligne le changement des titres: les successeurs sont gouverneurs ou députés, non rois. [4] Cette royauté héréditaire particulière cesse; l’administration urbaine continue.

La ville après la dynastie

Mantran situe Hama sur l’Oronte et la route Alep–Damas, dans une économie d’irrigation et d’agriculture. Il suit les gouverneurs mamelouks puis la reconstruction des roues hydrauliques et canaux. [3] Une chute politique ne fait pas disparaître habitants et institutions. Les livres d’Abu’l-Fida appartiennent aussi à la carrière du père, non automatiquement aux réalisations du fils. Al-Afdal éclaire une succession et une transition administrative précises.

Sources et lectures complémentaires

  1. Tsugitaka Sato, Iqtaʿ Policy of Sultan Baybars I, Orient 22(1986), pp.85–104; provincial administration pp.86–87 and note 18, p.98.
  2. Abdülkerim Özaydın, Ebü’l-Fidâ, TDV İslâm Ansiklopedisi 10(1994), pp.320–321; family, appointments and titles.
  3. Robert Mantran, Hama, TDV İslâm Ansiklopedisi 15(1997); Ayyubid and Mamluk government, urban setting and irrigation.
  4. Ahmad ibn Ibrahim al-Sabuni, Tarikh Hama, chapter: Hama in the Muslim Period; 732 and 742 AH entries, Hindawi public-domain edition.
  5. Bernard Gagnon, Noria in Hama 01, 2 April 2010; Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0; author’s tilt-corrected version.