Enlèvements de l’EI, coopération militaire, meurtre de David Jendo et procès contesté : chaque événement exige ses propres preuves.

L’origine de la controverse
Le 30 janvier 2026, The Assyria Post publie les accusations du journaliste Shamoun Zitou sur Assyria TV. Le texte associe une comparaison des morts assyriens sous les forces kurdes et l’EI aux attentats de restaurants de décembre 2015 et au meurtre de David Jendo, sans fichier comparatif nominatif. [1] Relater une accusation ne prouve pas sa véracité ; contester l’article ne justifie pas non plus d’accuser le média de soutenir le terrorisme. Les faits doivent être examinés séparément.
Les enlèvements du Khabour
L’entrée Syrie du rapport Amnesty 2015/16 indique que l’EI enlève environ 253 civils le 23 février 2015 dans des villages majoritairement assyriens du Khabour. Elle évoque des libérations et les inquiétudes persistantes à la date du rapport. [2] Un total d’otages n’est pas un bilan de morts ; déplacement et meurtre ne sont pas interchangeables. Ces distinctions permettent de suivre le sort des personnes. Ce bilan historique n’est pas une liste actuelle des disparus.
Coopération et meurtre de Jendo
Rudaw rapporte le 26 mai 2015 l’annonce par les YPG de quatre arrestations concernant le meurtre du commandant des Gardes du Khabour David Jendo, le 22 avril. Le communiqué nie la responsabilité institutionnelle et décrit les suspects comme des individus sans préciser leur appartenance. Rudaw évoque aussi les Gardes et le Conseil militaire syriaque combattant avec les YPG contre l’EI. [3] L’alliance n’efface pas le meurtre ; le communiqué des YPG reste leur position, pas une conclusion indépendante.
Un procès contesté
Le Réseau assyrien des droits humains, dans son communiqué du 1er août 2015 reproduit par Welatê Me, rapporte les peines du 25 juillet : vingt ans pour deux accusés, cinq pour un autre, un pour un quatrième, et jugement par contumace du cinquième. Il décrit Elias Nasser comme survivant ayant identifié les agresseurs. Le réseau conteste indépendance, identités et exécution des peines et réclame une enquête au-delà des exécutants. [4] C’est une source primaire sur sa critique, non un jugement authentifié ici. L’annonce de peines ne garantit pas une enquête complète et impartiale.
Des attentats à examiner séparément
Le récit contemporain de l’AFP décrit les explosions du 30 décembre 2015 à Qamishli, au moins seize morts et trente blessés selon l’OSDH. Son correspondant situe une attaque dans un quartier chrétien ; il rapporte une revendication de l’EI via Amaq. [5] Une revendication ne constitue pas une reconstitution médico-légale. Des suspects liés aux YPG dans l’affaire Jendo ne prouvent pas l’organisation d’une autre attaque huit mois après. Les sources citées ne démontrent pas l’accusation contre les YPG concernant ces restaurants.
Respecter le périmètre des enquêtes
HRW documente en juin 2014 détentions arbitraires, mauvais traitements, défauts de procédure et meurtres non résolus sous les autorités PYD. Le rapport exclut explicitement les violations présumées contre les communautés locales non kurdes. [6] Il ne couvre donc ni toutes les plaintes assyriennes ni les événements de 2015. Le rapport annuel suivant d’Amnesty documente aussi déplacements forcés et procès inéquitables. [2] Il ne s’agit pas de simples désaccords administratifs ; ces conclusions ne règlent toutefois pas automatiquement chaque affaire distincte.
Une comparaison exige des cas identifiés
Il faudrait les mêmes dates et frontières géographiques, des victimes identifiées, une distinction entre civils et combattants et une méthode d’attribution. Il faut séparer disparus et décès confirmés, éviter les doubles comptes. Les sources réunies ne fournissent pas cet ensemble comparable ; aucun classement numérique fiable n’en résulte. Kurdes et Assyriens comprennent partis, groupes, témoins et victimes différents. La décision d’un parti ne s’impute pas à toute une population. Préciser fait, acteur, preuve et incertitude renforce la responsabilité.
Sources et lectures complémentaires
- The Assyria Post, 30 January 2026; primary record of the allegations being discussed, not independent substantiation.
- Amnesty International Report 2015/16, Syria, printed p. 353; Khabur abductions and abuses under the PYD-led administration.
- Rudaw Arabic, 26 May 2015, report on four arrests in David Jendo’s killing; quotes the YPG statement and describes military cooperation.
- Assyrian Human Rights Network, 1 August 2015, statement on the Jendo trial, reproduced by Welatê Me; attributed criticism.
- AFP reporting in Hürriyet Daily News, 31 December 2015; Qamishli bombings, correspondent’s observation and reported ISIS claim.
- Human Rights Watch, Under Kurdish Rule, 19 June 2014; selected summary, methodology and recommendations, with explicit scope limits.
- Oystercard, View of the border zone between Qamishli and Nusaybin, 22 January 2023; CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons.