Introduction

Banu Goshasp est l’une des plus grandes héroïnes de la tradition épique iranienne : une guerrière sans égale, fille du puissant Rostam, dont la force, le courage et la prouesse martiale rivalisaient avec ceux des plus grands champions masculins. Dans une tradition riche en héros, Banu Goshasp se distingue comme une héroïne à part entière, une guerrière qui combattit des démons et des champions, vainquit ses prétendants en combat singulier et acquit la gloire dans les terres de légende, célébrée dans son propre poème épique, le Banu Goshasp-nama.

Fille de Rostam, héros suprême du Shahnameh, et sœur du héros Faramarz, Banu Goshasp hérita du sang et de la vaillance de la plus grande maison guerrière de l’Iran. Ses exploits, racontés dans le Banu Goshasp-nama et dans d’autres épopées du cycle du Sistan, comprennent des aventures au Touran et en Inde, des batailles contre des démons et des ennemis, ainsi que le célèbre récit de son mariage avec le héros Giv, union dont naquit le célèbre champion Bizhan.

Comme toutes les figures de l’épopée iranienne, Banu Goshasp appartient à l’héritage partagé des peuples iraniens, une tradition que les Kurdes ont en commun avec les Persans, les Lors et d’autres peuples du monde iranien. Connaître Banu Goshasp, c’est rencontrer l’une des héroïnes les plus remarquables de la tradition, une guerrière dont la force et la vaillance égalaient celles des plus grands héros, et dont les récits célèbrent la prouesse et l’indépendance d’une femme puissante dans un monde de héros. Elle compte parmi les plus grandes guerrières de la légende iranienne, digne fille du grand Rostam.


Sommaire

Qui est Banu Goshasp ?

La fille de Rostam

Points essentiels

Repères

Le Banu Goshasp-nama

Une guerrière sans égale

Le concours des prétendants et le mariage avec Giv

La mère de Bizhan

Symbolisme et signification

Banu Goshasp et les Kurdes

Débats et idées reçues

Sujets connexes

Questions fréquentes

Références et lectures complémentaires


Qui est Banu Goshasp ?

Banu Goshasp, également écrit Bānu Goshasp ou Goshasp Banu, est une héroïne importante de la tradition épique iranienne, une guerrière célébrée. Elle est la fille du grand héros Rostam et la sœur du héros Faramarz, appartenant à la grande maison guerrière du Sistan. Combattante sans égale dont la force et l’habileté rivalisaient avec celles des plus puissants champions, elle est le sujet de son propre poème épique, le Banu Goshasp-nama, l’une des plus anciennes épopées de la littérature persane consacrées à une guerrière. Ses récits racontent ses aventures et ses batailles au Touran et en Inde, ses combats contre des démons et des ennemis, le célèbre concours où elle vainquit ses prétendants et son mariage avec le héros Giv, union dont naquit le célèbre héros Bizhan. On se souvient d’elle comme de l’une des plus grandes héroïnes et guerrières de la tradition épique iranienne.

La fille de Rostam

L’identité de Banu Goshasp et sa nature héroïque découlent de sa filiation, car elle est la fille de Rostam, le héros suprême du Shahnameh et le plus grand champion de tout l’Iran. Enfant du plus puissant guerrier de l’épopée, elle hérita de la force, du courage et de la prouesse martiale de la grande lignée héroïque du Sistan, la maison de Zal, de Sam et de Nariman, la lignée des premiers champions de l’Iran.

Banu Goshasp était la sœur de Faramarz, autre fils vaillant de Rostam. Elle appartenait à la grande famille héroïque du Sistan. Dans la tradition, on la compte généralement parmi les filles de Rostam et de Tahmineh, ce qui fait d’elle la sœur, ou la demi-sœur, du tragique Sohrab, le fils que Rostam tua sans le savoir. En tant que fille du plus grand des héros, Banu Goshasp incarnait la vaillance de sa lignée de façon remarquable, car elle devint elle-même une puissante guerrière, sans se contenter d’être seulement la fille d’un héros, avec une force et une habileté telles qu’elle pouvait affronter et vaincre les champions de l’époque. Le sang du plus grand champion de l’Iran coulait dans ses veines et elle s’en montra une digne héritière, héroïne dont la prouesse égalait la noblesse de sa lignée. Son identité de fille guerrière de Rostam est le fondement de sa renommée et la place dans la maison héroïque la plus illustre de toute la tradition épique iranienne.

Points essentiels

  • Banu Goshasp est une guerrière célébrée de la tradition épique iranienne.

  • Elle est la fille du grand héros Rostam et la sœur de Faramarz.

  • Elle est le sujet de sa propre épopée, le Banu Goshasp-nama.

  • Elle combattit des démons et des champions au Touran et en Inde.

  • Elle vainquit ses prétendants au combat et épousa le héros Giv.

  • Elle devint la mère du célèbre héros Bizhan.

Repères

  • Nom : Banu Goshasp (également Goshasp Banu) ; Banu signifie « Dame »

  • Rôle : Héroïne guerrière de l’épopée iranienne

  • Père : Rostam, le plus grand héros de l’Iran

  • Mère : Généralement Tahmineh

  • Frère : Faramarz ; ainsi que le tragique Sohrab

  • Son épopée : Le Banu Goshasp-nama (11e–12e siècle)

  • Époux : Le héros Giv, de la maison de Gudarz

  • Fils : Bizhan, le célèbre héros

  • Célèbre pour : Une force et une prouesse martiale sans égales

  • Héritage : La tradition épique iranienne partagée

Le Banu Goshasp-nama

L’un des signes de l’importance de Banu Goshasp est qu’elle est le sujet de son propre poème épique, le Banu Goshasp-nama, le Livre de Banu Goshasp. Ce poème, composé de quelque neuf cents vers par un poète inconnu du onzième ou du douzième siècle, est l’une des plus anciennes épopées de la littérature persane consacrées à une guerrière, remarquable hommage à une héroïne dans une tradition dominée par les champions masculins.

Le Banu Goshasp-nama appartient à l’ensemble des épopées persanes appelé cycle du Sistan, cycle de poèmes consacrés aux héros du Sistan, la maison de Rostam, qui se développa autour du grand Shahnameh de Ferdowsi et à ses côtés. Si Banu Goshasp est mentionnée dans la tradition plus large et si son fils Bizhan et son époux Giv occupent une place importante dans le Shahnameh lui-même, sa propre histoire complète est surtout racontée dans cette épopée dédiée et dans d’autres poèmes du cycle du Sistan, tels que le Faramarz-nama, le Borzu-nama et le Bahman-nama, où apparaissent aussi ses exploits. L’existence d’une épopée entière consacrée à ses actes témoigne de son envergure dans la tradition, la désignant comme une héroïne assez importante pour faire l’objet de son propre livre, à l’image des grands héros masculins qui possédaient leurs propres épopées. Un manuscrit du Banu Goshasp-nama est conservé à la Bibliothèque nationale à Paris, témoin de la survie de cette célébration de l’une des plus grandes guerrières de la légende persane. Le poème et sa place dans le cycle du Sistan confirment l’importance de Banu Goshasp comme héroïne à part entière, au-delà d’une simple figure mentionnée dans les récits d’autrui.

Une guerrière sans égale

La renommée de Banu Goshasp repose avant tout sur son extraordinaire prouesse guerrière, une force et une habileté telles qu’elle pouvait affronter et vaincre les plus puissants champions et les ennemis les plus redoutables. Les récits du cycle du Sistan célèbrent ses faits d’armes, la dépeignant comme une guerrière égale aux grands héros masculins, combattant et triomphant combat après combat.

Ses exploits la portèrent au loin, au Touran et en Inde, où, souvent aux côtés de son frère Faramarz, elle combattit et vainquit des démons, des champions et des ennemis. La tradition raconte ses combats contre des démons qu’elle tuait, le sauvetage d’un roi des fées des mains d’un puissant roi démon et ses nombreuses victoires au combat. Dans un épisode célèbre et dramatique, elle affronta même son propre père, le grand Rostam, lorsque tous deux se rencontrèrent sans se reconnaître ; le désastre ne fut évité de justesse que lorsqu’ils comprirent à temps leur identité respective, écho du récit tragique de Rostam et Sohrab, mais qui se termine ici heureusement par la reconnaissance plutôt que par la mort. Ces récits établissent Banu Goshasp comme une guerrière de tout premier rang, dont la force et le courage égalaient ceux des plus grands héros de l’Iran et qui pouvait tenir tête même à son puissant père. Dans une tradition où la prouesse martiale constituait la vertu héroïque suprême, Banu Goshasp la possédait pleinement, guerrière sans égale dont les actes rivalisaient avec ceux des champions masculins et lui valaient une place parmi les plus grands héros de l’épopée iranienne.

Le concours des prétendants et le mariage avec Giv

L’un des épisodes les plus célèbres de l’histoire de Banu Goshasp est le concours de ses prétendants et son mariage avec le héros Giv. Banu Goshasp était si renommée, autant pour sa prouesse que pour sa qualité de fille de Rostam, que de nombreux prétendants vinrent demander sa main. Mais elle n’était pas un simple prix à remporter : elle affrontait ses prétendants au combat et vainquit la plupart d’entre eux, les battant en combat singulier et en faisant beaucoup prisonniers ou leur réservant un sort pire encore, de telle sorte que nul ne pouvait prétendre à elle sans l’égaler en force.

Ce fut le héros Giv, un champion de la maison de Gudarz, qui se montra enfin digne d’elle, réussissant les tests et les épreuves que Rostam imposait aux prétendants de sa fille et en sortant victorieux, si bien qu’il allait l’épouser. La tradition rapporte une suite célèbre et pleine de caractère : même après les noces, Banu Goshasp, refusant de se laisser simplement dominer, maîtrisa Giv et le ligota, affirmant sa force et son indépendance, jusqu’à ce que Rostam vienne faire la médiation entre eux, après quoi ils se réconcilièrent et vécurent comme mari et femme. Ce récit animé, où l’épousée guerrière se révèle plus forte même que son époux héroïque, est caractéristique de l’héroïne énergique et indépendante qu’incarne Banu Goshasp, une femme qui refusait d’être simplement soumise, même dans le mariage, et dont la force restait la sienne. Le concours des prétendants et le mariage avec Giv, avec sa suite mémorable, comptent parmi les épisodes les plus aimés de son histoire, célébrant sa prouesse sans égale autant que sa farouche indépendance. De cette union entre deux grandes maisons héroïques, celle de Rostam et celle de Gudarz, allait naître un célèbre héros de la génération suivante.

La mère de Bizhan

Du mariage de Banu Goshasp et de Giv naquit le héros Bizhan, l’un des champions célèbres du Shahnameh ; Banu Goshasp est ainsi la mère d’un héros connu tout en étant une héroïne à part entière. Par Bizhan, le sang du grand Rostam, transmis par sa fille guerrière, s’unit à celui de la maison de Gudarz et passa à un champion de la génération suivante.

Bizhan, fils de Banu Goshasp et de Giv, devint un héros important dans les guerres du règne de Kay Khosrow et est surtout connu pour sa grande histoire d’amour avec Manizheh, fille du roi touranien Afrasiab, l’une des histoires d’amour les plus aimées du Shahnameh. Que Bizhan soit le petit-fils de Rostam par sa mère guerrière Banu Goshasp était un signe de sa noble lignée héroïque, le sang du plus grand champion de l’Iran coulant dans ses veines par sa lignée maternelle. Le rôle de Banu Goshasp comme mère de Bizhan la relie au récit central du Shahnameh, car si sa propre histoire complète est surtout racontée dans les épopées du cycle du Sistan, son fils est une figure majeure de la grande épopée elle-même. Banu Goshasp se situe ainsi à une jonction importante de la généalogie héroïque, fille guerrière de Rostam et mère de Bizhan, unissant les deux grandes maisons du Sistan et de Gudarz et transmettant le sang héroïque de Rostam à la génération suivante. Le fait qu’elle soit la mère d’un héros si renommé ajoute à son envergure : la grande guerrière était aussi la mère d’un grand champion.

Symbolisme et signification

Banu Goshasp incarne avant tout la figure de la guerrière, l’héroïne dont la force et la vaillance égalent celles des plus grands champions masculins. Dans une tradition héroïque dominée par les hommes, elle constitue une puissante image de prouesse et d’indépendance féminines, une guerrière qui combattit des démons et des champions, vainquit ses prétendants et tint tête même à son puissant père et à son époux héroïque. Elle incarne la reconnaissance, au sein de la tradition épique iranienne, que la vaillance et la grandeur martiale n’étaient pas l’apanage des seuls hommes et qu’une femme pouvait être une héroïne de premier rang.

Banu Goshasp incarne aussi la force et l’indépendance d’une héroïne énergique qui refusait de se laisser simplement soumettre. Dans les récits de son concours avec ses prétendants et de l’affirmation vigoureuse de sa propre force, même au sein du mariage, elle représente une vision du pouvoir et de la maîtrise de soi féminins remarquable dans cette tradition, une femme qui affirmait sa prouesse et ne cédait devant personne qui ne puisse l’égaler. Fille du plus grand héros et mère d’un champion renommé, elle incarne aussi la continuité de la vaillance héroïque au fil des générations et l’union des grandes maisons héroïques. Honorée de sa propre épopée, le Banu Goshasp-nama, elle incarne la célébration par la tradition d’une grande héroïne à part entière, digne de son propre livre à l’instar des champions masculins. Banu Goshasp est donc une figure significative et remarquable, incarnant l’idéal de la guerrière, la force et l’indépendance d’une héroïne énergique et la continuité de la grandeur héroïque, l’une des plus grandes et des plus célébrées guerrières de toute la tradition épique iranienne.

Banu Goshasp et les Kurdes

Comme toutes les figures de l’épopée iranienne, Banu Goshasp appartient à l’héritage épique et mythologique partagé des peuples iraniens, une tradition que les Kurdes ont en commun avec les Persans, les Lors et d’autres peuples du monde iranien. La grande tradition épique, avec ses héros et ses héroïnes, est l’héritage commun de ces peuples, qui partagent l’ancienne tradition mythologique iranienne dont elle est issue. Il est honnête et exact de comprendre Banu Goshasp et les héros du Sistan comme une composante de cet héritage partagé, plutôt que comme des figures exclusivement kurdes.

Pour les Kurdes, en tant que peuple iranien, les figures et les récits du Shahnameh et de la tradition épique plus large font partie du monde culturel et mythologique auquel ils appartiennent, et les héros et les héroïnes occupent une place dans le vaste héritage iranien qu’ils partagent. La figure de Banu Goshasp, fille guerrière de Rostam, appartient au fonds commun de la tradition épique iranienne, connu et apprécié dans l’ensemble des terres iraniennes. Présenter Banu Goshasp revient donc à présenter l’une des grandes guerrières de l’épopée iranienne partagée, plutôt qu’une héroïne spécifiquement kurde, appartenant à l’héritage que les Kurdes ont en commun avec les autres peuples du monde iranien. Ce cadre honnête situe avec exactitude Banu Goshasp dans la vaste et riche tradition épique iranienne dont les Kurdes, en tant que peuple iranien, sont les héritiers aux côtés de leurs voisins. On peut ajouter que la figure de la guerrière forte et indépendante fait écho aux traditions de nombreux peuples iraniens, dont les Kurdes, chez qui des femmes ont parfois pris les armes et acquis la renommée, même si Banu Goshasp elle-même appartient à l’épopée partagée plutôt qu’à un seul peuple.

Débats et idées reçues

Banu Goshasp figure-t-elle dans le Shahnameh lui-même ? C’est un point important pour l’exactitude du propos. Si Banu Goshasp fait partie de la tradition épique iranienne plus large et si son époux Giv et son fils Bizhan occupent une place importante dans le Shahnameh de Ferdowsi, sa propre histoire complète est surtout racontée dans l’épopée qui lui est consacrée, le Banu Goshasp-nama, et dans d’autres poèmes du cycle du Sistan, comme le Faramarz-nama et le Bahman-nama, plutôt que dans le Shahnameh principal. Il est honnête de la présenter comme une grande héroïne de la tradition épique iranienne plus large et du cycle du Sistan, étroitement liée au Shahnameh par sa famille, plutôt que comme une figure centrale du récit principal du Shahnameh lui-même. Cette distinction reflète la manière dont la tradition épique iranienne s’étend au-delà du poème de Ferdowsi à un ensemble plus vaste d’épopées apparentées.

Banu Goshasp est-elle une héroïne spécifiquement kurde ? Non ; comme toutes les figures de l’épopée iranienne, elle appartient à l’héritage partagé des peuples iraniens, une tradition que les Kurdes ont en commun avec les Persans, les Lors et d’autres peuples du monde iranien, plutôt que d’être une figure exclusivement kurde. En tant que peuple iranien, les Kurdes participent à ce vaste héritage, et les héros et les héroïnes de l’épopée font partie de la tradition iranienne commune. Il serait inexact de revendiquer Banu Goshasp comme spécifiquement kurde ; elle est l’une des grandes héroïnes de l’épopée iranienne partagée dont les Kurdes, aux côtés de leurs voisins, sont les héritiers.

Banu Goshasp était-elle une figure unique ou y a-t-il d’autres guerrières dans la tradition ? Banu Goshasp compte parmi les plus grandes et les plus célébrées guerrières de l’épopée iranienne, honorée de son propre poème épique, mais elle n’est pas la seule. La tradition comprend d’autres femmes combattantes, surtout Gordafarid, la courageuse jeune femme qui affronta Sohrab à la Forteresse blanche dans le Shahnameh lui-même, ainsi que d’autres dans la littérature épique plus large. Ces guerrières, avec Banu Goshasp au premier rang de celles qui possèdent leurs propres épopées, montrent que la tradition iranienne, malgré ses nombreux héros masculins, célébrait aussi la vaillance et la prouesse des femmes et reconnaissait que la grandeur martiale pouvait appartenir aux héroïnes comme aux héros. Banu Goshasp constitue l’exemple suprême de la guerrière honorée de sa propre épopée, une héroïne de premier rang dans la riche tradition de la légende iranienne.


  • Rostam : le plus grand héros de l’Iran, père de Banu Goshasp

  • Giv : le héros de la maison de Gudarz, époux de Banu Goshasp

  • Bizhan et Manizheh : Bizhan, le fils de Banu Goshasp, et sa célèbre histoire d’amour

  • Faramarz : le frère de Banu Goshasp, avec qui elle vécut des aventures

  • Tahmineh : la mère de Banu Goshasp

  • Sohrab : le fils tragique de Rostam, frère de Banu Goshasp

  • Gordafarid : une autre guerrière du Shahnameh

  • Le Shahnameh : le Livre des rois persan, la grande épopée de l’Iran


Questions fréquentes

Qui est Banu Goshasp ?

Banu Goshasp, également écrit Goshasp Banu, Banu signifiant « Dame », est une héroïne importante de la tradition épique iranienne, une guerrière célébrée. Elle est la fille du grand héros Rostam et la sœur de Faramarz, appartenant à la maison guerrière du Sistan. Combattante sans égale dont la force rivalisait avec celle des plus puissants champions, elle est le sujet de sa propre épopée, le Banu Goshasp-nama. Ses récits racontent des batailles au Touran et en Inde, son concours avec ses prétendants, son mariage avec le héros Giv et le fait qu’elle soit la mère du célèbre héros Bizhan.

Qu’est-ce que le Banu Goshasp-nama ?

Le Banu Goshasp-nama, ou Livre de Banu Goshasp, est un poème épique d’environ neuf cents vers composé par un poète inconnu du onzième ou du douzième siècle et consacré aux actes de Banu Goshasp. C’est l’une des plus anciennes épopées de la littérature persane portant sur une guerrière, appartenant au cycle du Sistan, dont les poèmes sont consacrés aux héros du Sistan. Un manuscrit est conservé à la Bibliothèque nationale à Paris. L’existence d’une épopée qui lui est entièrement consacrée témoigne de son envergure d’héroïne à part entière.

Qui Banu Goshasp épousa-t-elle ?

Banu Goshasp épousa le héros Giv, champion de la maison de Gudarz. De nombreux prétendants la recherchèrent, mais elle les affronta au combat et vainquit la plupart d’entre eux, de sorte que seul celui qui pouvait l’égaler pouvait prétendre à elle. Giv s’en montra digne en réussissant les épreuves que Rostam imposait aux prétendants de sa fille. La tradition rapporte une suite pleine de caractère dans laquelle Banu Goshasp, même après les noces, maîtrisa Giv et le ligota, affirmant sa force, jusqu’à ce que Rostam serve de médiateur et que tous deux se réconcilient.

Banu Goshasp était-elle la mère de Bizhan ?

Oui. Du mariage de Banu Goshasp et de Giv naquit le héros Bizhan, l’un des champions célèbres du Shahnameh, surtout connu pour sa grande histoire d’amour avec Manizheh, fille du roi touranien Afrasiab. Par Banu Goshasp, Bizhan était un petit-fils de Rostam, le sang du plus grand champion de l’Iran coulant dans ses veines par sa mère guerrière. Banu Goshasp unit ainsi les deux grandes maisons du Sistan et de Gudarz et transmit la lignée héroïque à la génération suivante.

Banu Goshasp figure-t-elle dans le Shahnameh principal ?

Banu Goshasp fait partie de la tradition épique iranienne plus large, et son époux Giv et son fils Bizhan occupent une place importante dans le Shahnameh de Ferdowsi, mais sa propre histoire complète est surtout racontée dans l’épopée qui lui est consacrée, le Banu Goshasp-nama, et dans d’autres poèmes du cycle du Sistan, tels que le Faramarz-nama et le Bahman-nama, plutôt que dans le Shahnameh principal. Elle se comprend mieux comme une grande héroïne de la tradition épique iranienne plus large, étroitement liée au Shahnameh par sa famille.

Banu Goshasp est-elle une héroïne kurde ?

Banu Goshasp appartient à l’héritage épique partagé des peuples iraniens, une tradition que les Kurdes ont en commun avec les Persans, les Lors et d’autres peuples du monde iranien, plutôt que d’être une figure exclusivement kurde. En tant que peuple iranien, les Kurdes participent à ce vaste héritage, et les héros et les héroïnes de l’épopée font partie de la tradition iranienne commune dont les Kurdes sont les héritiers aux côtés de leurs voisins. La figure de la guerrière forte fait toutefois écho aux traditions de nombreux peuples iraniens, dont les Kurdes.


Références et lectures complémentaires

Banu Goshasp — Wikipédia

Gosasb Banu — Encyclopaedia Iranica

Giv (Shahnameh) — Wikipédia

List of Women in the Shahnameh (« Liste des femmes du Shahnameh ») — Wikipédia

Banu Goshasp, the Heroine of Ancient Iran (« Banu Goshasp, l’héroïne de l’Iran antique ») — Rejected Princesses

Shahnameh — Encyclopaedia Iranica

Kurdish-History.com : Rostam

Kurdish-History.com : Bizhan et Manizheh