Introduction
Parmi les héros du Shahnameh, Giv brille comme le modèle même de la loyauté et du dévouement indéfectible. Fils le plus célèbre du patriarche Gudarz et champion de la noble maison de Karen, Giv est surtout connu pour l’exploit extraordinaire de sa quête de sept ans : sa recherche solitaire à travers le Touran pour retrouver le prince perdu Kay Khosrow et le ramener en Iran.
Puissant guerrier, fidèle serviteur de ses rois et père du héros Bizhan, Giv fut l’un des principaux champions de la cause iranienne pendant les longues guerres contre le Touran. Il accompagna Kay Kavus dans des campagnes périlleuses, combattit dans les grandes batailles de son temps et, par son dévouement et son courage, contribua à rétablir le roi légitime et à venger Siyavash, qui avait été assassiné. Sa recherche de sept ans est l’un des témoignages de loyauté les plus émouvants de toute l’épopée.
Appartenant au patrimoine épique partagé des peuples iraniens, tradition que les Kurdes possèdent en commun avec les Persans et d’autres peuples du monde iranique, Giv incarne les vertus héroïques de fidélité, d’endurance et de dévouement désintéressé au roi et au pays. Connaître Giv, c’est connaître le champion loyal dont la persévérance, au fil d’années d’épreuves solitaires, porta le roi idéal sur son trône ; un héros dont la grandeur réside autant dans la constance de son cœur dévoué que dans la force de son bras.
Sommaire
Références et lectures complémentaires
Qui était Giv ?
Giv, dont le nom s’écrit aussi Gev, est l’un des grands héros iraniens du Shahnameh, le fils le plus éminent du patriarche Gudarz et un champion de premier plan de la maison de Karen. Guerrier d’un courage exceptionnel et d’une loyauté inébranlable, il servit les rois d’Iran pendant les longues guerres contre le Touran. Il est surtout célèbre pour sa quête de sept ans destinée à retrouver le prince perdu Kay Khosrow au Touran et à le ramener en Iran. Père du héros Bizhan, il fut l’une des figures centrales de l’âge héroïque iranien.
Fils de Gudarz
Giv était le fils le plus célèbre de Gudarz, vénérable patriarche de la maison de Karen, et appartenait ainsi à l’une des plus grandes familles guerrières d’Iran, que seule surpassait celle de Rostam. Dans la généalogie épique, cette maison descendait de Qaren, le fils guerrier de Kawa le forgeron ; Giv perpétua ce fier héritage de vaillance et de service loyal au trône.
Premier des nombreux fils de Gudarz, Giv était à la tête de la nouvelle génération de champions de sa maison. Son père Gudarz était le vieux patriarche sage, le commandant aîné ; Giv était le champion dans la force de l’âge, le héros actif dont les exploits portaient l’honneur de la maison à travers les guerres de son temps. Le lien entre le père et le fils est l’un des fils chaleureux de l’épopée : le vieux Gudarz et le vaillant Giv servent côte à côte la cause iranienne au fil des longues campagnes. En Giv, la maison de Karen trouva l’un de ses plus grands héros, le fils qui, plus que tout autre, soutint et accrut la gloire de la lignée paternelle.
Points essentiels
Giv était un grand héros du Shahnameh, le premier des fils de Gudarz.
Il était un champion de la noble maison de Karen.
Il chercha le prince perdu Kay Khosrow au Touran pendant sept ans.
Il ramena Kay Khosrow et sa mère Farangis sains et saufs en Iran.
Il fut un champion de premier plan dans les guerres contre le Touran.
Il était le père du héros Bizhan.
Repères
Nom : Giv (également Gev)
Source : Le Shahnameh, le Livre des rois persan
Père : Gudarz, patriarche de la maison de Karen
Maison : La maison de Karen (Goudarz)
Exploit le plus célèbre : La quête de sept ans pour retrouver Kay Khosrow
Personnes secourues : Kay Khosrow et sa mère Farangis
Fils : Bizhan, héros du récit amoureux de Bizhan et Manizheh
Rois servis : Kay Kavus et Kay Khosrow
Vertus : Loyauté, endurance, courage, dévouement
Récompense : La cotte de mailles de Siyavash, selon la tradition
La quête de sept ans
L’exploit le plus célèbre et le plus caractéristique de Giv est sa quête de sept ans pour retrouver le prince perdu Kay Khosrow. Après le meurtre du prince pur Siyavash au Touran, son fils Kay Khosrow était né et avait grandi en secret dans le pays ennemi : l’héritier légitime de l’Iran vivait inconnu parmi les assassins de son père. Lorsque le messager divin Soroush révéla en songe à Gudarz que le prince était vivant et que seul Giv pouvait le ramener, la tâche revint à Giv seul.
Giv partit donc seul vers le vaste et hostile Touran, à la recherche d’un prince qu’il n’avait jamais vu, avec pour guides les plus minces indices. Pendant sept longues années, il erra en pays ennemi, endurant les épreuves, le danger et le désespoir, évitant les patrouilles et les espions du Touran, suivant les rumeurs d’un noble jeune homme parmi les bergers de vallées reculées, sans jamais renoncer à sa recherche. C’est un portrait de loyauté et de persévérance presque sans égal dans l’épopée : le héros solitaire qui, pour son roi et son pays, consacre sept ans de sa vie à une quête périlleuse menée seul. Son dévouement fut enfin récompensé, et Giv retrouva le jeune Kay Khosrow, espoir perdu de l’Iran.
La fuite hors du Touran
Retrouver le prince n’était que la moitié de la tâche ; il fallait ensuite faire sortir Kay Khosrow du Touran sans danger et le ramener en Iran, à travers un pays qui les traquerait jusqu’à la mort dès que leur fuite serait découverte. Giv réunit le prince et sa mère Farangis, fille d’Afrasiab et veuve de Siyavash, puis entreprit le périlleux voyage vers la frontière iranienne.
Quand la fuite fut découverte, le commandant touranien Piran envoya des troupes à leur poursuite, et Giv dut se battre pour protéger ceux qui lui étaient si précieux. Lors d’un exploit célèbre, il repoussa presque à lui seul une force lancée à leurs trousses ; lorsque Piran vint en personne avec une armée, Giv parvint à séparer le commandant de ses hommes et à le capturer en combat singulier. Le prisonnier ne fut épargné que grâce à l’intervention de Farangis, qui rappela la bonté dont Piran avait fait preuve autrefois envers sa famille. Grâce à la vaillance et à l’ingéniosité de Giv, le prince, sa mère et leur sauveur atteignirent enfin l’Iran. L’héritier légitime était de retour, ce qui déclencha la grande guerre de vengeance contre Afrasiab.
Champion de l’Iran
Au-delà de cette grande quête, Giv fut l’un des premiers champions de l’Iran pendant toutes les guerres de son époque, constamment présent sur le champ de bataille et dans les conseils des rois. Il servit Kay Kavus comme Kay Khosrow, accompagnant les rois en campagne et prenant part aux grandes batailles de la longue lutte contre le Touran. Il participa à de périlleuses expéditions, connut la captivité et les épreuves, et fit partie du groupe de héros sauvés par le puissant Rostam aux heures sombres du règne de Kay Kavus.
Dans la grande guerre de vengeance menée par Kay Khosrow, Giv fut un commandant et un champion de premier plan, combattant lors des campagnes décisives contre le Touran et figurant parmi les principaux preux de l’Iran. Il était aussi un homme de confiance dans les conseils royaux, aidant à organiser les armées et à représenter les héros devant le roi. Dans tous ces rôles, Giv incarnait l’idéal du champion loyal et capable, du guerrier dont la force s’accompagnait de fidélité et de bon sens, et qui servait fermement son roi et son pays à travers les guerres les plus longues et les plus dures de l’épopée. Il consacra sa vie au service, et la quête de sept ans n’en fut que l’épisode le plus célèbre.
Père de Bizhan
Giv était le père de Bizhan, l’un des héros les plus aimés de la jeune génération et le protagoniste du célèbre récit amoureux de Bizhan et Manizheh. Par ce fils, la lignée de Giv se rattachait au cœur même du monde héroïque iranien : selon la tradition, la mère de Bizhan était une fille du grand Rostam lui-même, unissant la maison de Karen à celle du plus puissant de tous les héros.
Le récit amoureux de Bizhan, qui s’éprit de la princesse touranienne Manizheh et fut jeté dans une fosse par Afrasiab avant d’être sauvé par Rostam, est l’un des joyaux du Shahnameh ; il donne à Giv une place dans la généalogie des récits les plus chers de l’épopée. En tant que père de Bizhan, Giv se trouve à l’origine d’une nouvelle génération de héros de sa maison : il est le champion loyal dont le fils porta la vaillance familiale et son aptitude à la guerre comme à l’amour vers une nouvelle époque. Dans la continuité de Gudarz à Giv puis à Bizhan, l’épopée retrace trois générations d’une grande maison, chacune ajoutant son propre éclat à la longue et brillante histoire de la maison de Karen.
Symbolisme et sens
Giv incarne avant tout la vertu de loyauté, le dévouement fidèle et désintéressé au roi et au pays. Sa quête de sept ans pour retrouver Kay Khosrow est l’une des images suprêmes de la persévérance et de la fidélité dans l’épopée : le héros solitaire qui donne des années de sa vie à une tâche isolée et périlleuse pour son peuple, sans jamais céder aux épreuves ni au désespoir. En lui, l’épopée célèbre la constance du cœur dévoué, la loyauté qui endure tout et atteint enfin son but.
Il incarne aussi l’union de la force et de la fidélité que l’épopée considère comme la marque du véritable champion. Giv est puissant au combat, mais sa grandeur tient autant à son dévouement qu’à sa prouesse : à sa volonté de se dépenser entièrement au service de son roi, de protéger les sans-défense et de persévérer pendant des années de lutte solitaire. Méditer sur Giv, c’est contempler la beauté de la loyauté et de l’endurance, l’héroïsme d’un service long et fidèle maintenu à travers toutes les épreuves, plutôt que d’un seul instant glorieux. Il reste l’un des exemples les plus aimés du héros dévoué dans le Shahnameh, ce champion loyal dont la constance rétablit un roi et contribua à sauver son pays.
Giv et les Kurdes
Giv appartient au patrimoine épique partagé des peuples iraniens, à la tradition du Shahnameh que les Kurdes possèdent en commun avec les Persans et les autres peuples iraniques. Peuple iranique profondément enraciné dans cet univers culturel, les Kurdes sont les héritiers de son grand cycle de héros, notamment des preux de la maison de Karen à laquelle appartient Giv, une maison que l’épopée fait remonter à Qaren et à Kawa le forgeron, héros particulièrement cher aux Kurdes.
Il est juste de dire que Giv, comme les autres héros du Shahnameh, appartient à cette tradition iranique plus vaste plutôt qu’à une tradition spécifiquement kurde ; il est un champion du passé légendaire partagé des peuples iraniens dans leur ensemble. Pourtant, les valeurs incarnées par son histoire, loyauté, endurance, courage et dévouement désintéressé, sont universelles et ont résonné dans tout le monde culturel iranien, y compris parmi les Kurdes qui chérissent depuis longtemps la grande épopée. En Giv, ce patrimoine commun offre l’un de ses plus beaux portraits du champion loyal et dévoué, un portrait qui appartient à tous les peuples ayant aimé le Livre des rois.
Débats et idées reçues
La quête de sept ans dura-t-elle vraiment sept ans ? Ce chiffre appartient à la tradition épique et se comprend mieux comme l’expression de la durée et de la difficulté extraordinaires de la recherche solitaire de Giv que comme un calcul précis. L’essentiel est que Giv consacra des années de sa vie, seul et en grand danger, à retrouver le prince perdu Kay Khosrow, exploit de persévérance et de dévouement presque sans égal dans l’épopée. Prise au pied de la lettre ou non, cette longue durée exprime la profondeur de sa loyauté et l’ampleur de son sacrifice.
Giv était-il un aussi grand héros que Rostam ? Giv était l’un des premiers champions d’Iran, mais il appartient à une autre catégorie de héros que Rostam, l’immense champion suprême de l’épopée. La grandeur de Giv réside moins dans des exploits guerriers surhumains que dans sa loyauté, sa persévérance et son service fidèle ; il est le champion dévoué plutôt que le titan sans égal. Ces figures sont complémentaires plutôt que rivales ; d’ailleurs, selon la tradition, Bizhan, fils de Giv, était le petit-fils de Rostam, ce qui unissait les deux maisons. La gloire propre de Giv tient à la constance de son dévouement.
L’histoire de Giv relève-t-elle de l’histoire réelle ? Non ; Giv appartient aux cycles légendaires du Shahnameh, et non à l’histoire documentée, bien que la maison de Karen, à laquelle il appartient, apparaisse aussi comme une grande famille noble aux époques parthe et sassanide ultérieures. Le Giv épique est un personnage de l’âge héroïque ; son récit est riche de sens moral, mais relève de la légende plutôt que des faits. Son histoire s’apprécie pour sa puissante célébration de la loyauté, de l’endurance et du dévouement, plutôt que comme le compte rendu d’événements réels.
Sujets connexes
Gudarz : le père de Giv, patriarche de la maison de Karen
Kay Khosrow : le prince perdu que Giv chercha pendant sept ans
Farangis : la mère de Kay Khosrow, amenée en Iran avec l’aide de Giv
Piran : le commandant touranien que Giv captura pendant la fuite
Bizhan et Manizheh : le récit amoureux de Bizhan, fils de Giv
Rostam : le plus grand héros d’Iran, apparenté à la lignée de Giv par Bizhan
Qaren : l’ancêtre de la maison de Karen
Le Shahnameh : le Livre des rois épique où apparaît Giv
Questions fréquentes
Qui était Giv dans le Shahnameh ?
Giv était l’un des grands héros iraniens du Shahnameh, le fils le plus célèbre du patriarche Gudarz et un champion de la noble maison de Karen. Guerrier d’un courage et d’une loyauté exceptionnels, il servit les rois d’Iran pendant les guerres contre le Touran. Il est surtout célèbre pour sa quête de sept ans destinée à retrouver le prince perdu Kay Khosrow au Touran et à le ramener au pays. Il était le père du héros Bizhan.
En quoi consistait la quête de sept ans de Giv ?
Après le meurtre de Siyavash, son fils Kay Khosrow fut élevé en secret au Touran. Quand un songe divin révéla à Gudarz que le prince était vivant et que seul Giv pouvait le ramener, Giv partit seul en pays ennemi. Pendant sept ans, il chercha, endurant les épreuves et le danger, évitant les patrouilles touraniennes, jusqu’à retrouver enfin le jeune prince et à le ramener sain et sauf en Iran avec sa mère Farangis. C’est l’un des plus grands exploits de loyauté de l’épopée.
Qui était le père de Giv ?
Giv était le fils le plus éminent de Gudarz, vénérable patriarche de la maison de Karen, l’une des plus grandes familles guerrières d’Iran. Par son père, Giv appartenait à une maison que l’épopée fait remonter à Qaren, fils de Kawa le forgeron. Le lien entre le vieux Gudarz et le vaillant Giv, qui servent côte à côte l’Iran, est l’un des fils chaleureux du Shahnameh.
Qui était le fils de Giv ?
Giv était le père de Bizhan, l’un des héros les plus aimés de la jeune génération et le protagoniste du célèbre récit amoureux de Bizhan et Manizheh. Selon la tradition, la mère de Bizhan était une fille du grand Rostam, unissant la maison de Karen à celle du plus puissant de tous les héros. Par Bizhan, la lignée de Giv se rattachait au cœur même du monde héroïque iranien.
Comment Giv aida-t-il Kay Khosrow à devenir roi ?
La quête de sept ans entreprise par Giv pour retrouver et sauver Kay Khosrow fut l’acte qui rendit possible sa royauté. En faisant sortir le prince perdu et sa mère Farangis du Touran pour les ramener en Iran, en repoussant leurs poursuivants et en capturant même le commandant Piran au passage, Giv rendit l’héritier légitime de Siyavash au royaume de son grand-père. Cela déclencha la grande guerre de vengeance qui ferait justice d’Afrasiab et placerait le roi idéal sur le trône.
Giv est-il un héros kurde ?
Giv appartient au patrimoine épique partagé des peuples iraniens, que les Kurdes possèdent en commun avec les Persans et d’autres peuples du monde iranique, plutôt que d’être une figure spécifiquement kurde. Il trouve un écho chez les Kurdes par l’ascendance de sa maison, que l’épopée fait descendre de Qaren et de Kawa le forgeron, héros particulièrement cher à la tradition kurde. Ses vertus de loyauté et de dévouement sont universelles et chéries dans tout le monde culturel iranien.
