Introduction

Les péris sont les esprits féeriques du folklore kurde et iranique : de beaux êtres spirituels ailés de l’ancienne tradition iranique, créatures éthérées semblables à des fées, associées à la beauté, à la nature et à l’air. Elles se distinguent des djinns et des démoniaques divs.

Dans le folklore kurde comme dans le monde iranique plus large, les péris, perî en kurde, sont de beaux êtres spirituels ailés, semblables à des fées, qui habitent les montagnes et les eaux et se déplacent dans l’air. Comptant parmi les plus belles figures de l’imaginaire populaire, elles apparaissent aussi dans la grande tradition épique du Shahnameh. Elles appartiennent au patrimoine iranique commun dont les Kurdes sont héritiers.

Découvrir les péris, c’est rencontrer le versant doux et lumineux de l’imaginaire populaire iranique et kurde : des esprits féeriques de beauté et de nature, êtres ailés des montagnes et des eaux, opposés à l’obscurité des démons dans l’ancienne vision du monde.


Sommaire

Que sont les péris ?

Le nom et son origine

L’essentiel

Repères

Beauté et forme ailée

Des esprits ambivalents aux fées

Les péris et les divs

Les péris dans le folklore kurde

Sens et portée

Les péris et les Kurdes

Débats et idées reçues

Sujets connexes

Questions fréquentes

Références et lectures complémentaires


Que sont les péris ?

Les péris, perî en kurde et pari en persan, sont des êtres spirituels surnaturels de la tradition populaire iranique : de beaux esprits souvent ailés, semblables à des fées, gracieux et séduisants, liés à la beauté, à la nature et à l’air. Dans l’imaginaire du monde iranique, notamment chez les Kurdes, elles forment le beau peuple féerique des lieux sauvages et splendides, montagnes, rivières et espaces aériens, qui entre parfois en contact avec les humains. Elles se distinguent des divs, démons de la tradition iranique, et des djinns de la tradition arabe, d’origine différente. Là où les divs sont sombres et malveillants, les péris sont belles et, dans leur forme plus tardive, bienveillantes ou au moins moralement ambivalentes : les beaux esprits face aux sombres démons. Elles figurent dans la grande épopée du Shahnameh et dans les contes de tout le monde iranique. Le folklore kurde les conserve sous le nom de perî, beaux esprits féeriques. Dans cet imaginaire, elles occupent une place précieuse au sein des récits des lieux sauvages et magnifiques et du versant plus doux du surnaturel.

Le nom et son origine

Le nom péri, perî en kurde et pari en persan, vient de l’ancienne tradition iranique ; ce même mot a donné, en passant par le persan et l’arabe, le mot anglais fairy, fée.

Le nom de ces êtres apparaît sous des formes étroitement apparentées dans le monde iranique : perî en kurde, pari en persan et des formes voisines ailleurs. Il descend de l’ancienne tradition iranique, du terme pairika désignant une catégorie d’êtres spirituels. Dans la tradition la plus ancienne, ces esprits féminins étaient tenus pour hostiles ou démoniaques ; avec le temps, ils sont devenus les beaux esprits féeriques bienveillants du folklore ultérieur. Le mot a connu un parcours remarquable : du persan pari, par l’arabe puis les langues européennes, est venu le mot anglais fairy lui-même, faisant des péris, en un sens réel, les ancêtres des fées du monde plus large. Le nom porte ainsi une ascendance profonde et ancienne, des êtres spirituels de l’ancienne religion iranique au peuple féerique des traditions populaires ultérieures et au-delà. Son origine reflète l’enracinement ancien des péris dans cette tradition et leur parenté avec les êtres féeriques d’autres cultures. Suivre le nom et son parcours, c’est entrevoir l’ancienneté et la portée de ces beaux êtres spirituels.

L’essentiel

  • Les péris, peri en kurde et pari en persan, sont des êtres spirituels du folklore iranique.

  • Belles, souvent ailées et semblables à des fées, elles sont liées à la nature et à l’air.

  • Elles se distinguent des djinns et des divs démoniaques.

  • Ambivalentes ou hostiles dans l’ancienne tradition, elles deviennent ensuite des fées bienveillantes.

  • Elles apparaissent dans le Shahnameh et dans les contes du monde iranique.

  • Le persan pari a donné, par l’arabe, le mot anglais fairy, fée.

Repères

  • Nom : Péri, peri en kurde, pari en persan

  • Type : Être spirituel surnaturel, fée

  • Tradition : Folklore iranique, partagé dans le monde iranique

  • Apparence : Beaux êtres souvent ailés, d’une grande grâce

  • Associations : Beauté, nature, montagnes, eaux et air

  • À distinguer : Des djinns arabes et des divs démoniaques iraniques

  • Forme ancienne : La pairika, esprit ambivalent ou hostile

  • Forme ultérieure : Esprits féeriques bienveillants ou ambivalents

  • Dans l’épopée : Présentes dans le Shahnameh

  • Patrimoine : Héritage iranique commun, toujours vivant dans le folklore kurde

Beauté et forme ailée

Les péris sont avant tout des êtres de beauté : beaux esprits gracieux et souvent ailés, dont le nom est devenu synonyme de beauté elle-même.

La beauté est leur trait le plus marquant. On les décrit comme des êtres d’une grâce et d’une splendeur exquises, souvent ailés, aux formes belles et rayonnantes, se déplaçant dans les airs avec une beauté supérieure à celle des mortels. Les ailes sont leur signe le plus constant, marque de leur altérité et de leur appartenance à l’air et aux hauteurs. Leur lien avec la beauté est si fort que la poésie du monde iranique a fait de péri un synonyme et une image de la beauté : une belle personne est comparée à une péri, dite au visage de péri ou semblable à une péri. On les imagine dans les lieux magnifiques et sauvages, montagnes, rivières, jardins et espaces aériens, passant entre les mondes et apparaissant parfois aux humains dans toute leur splendeur. Cette beauté est au cœur de leur caractère : êtres spirituels de grâce et de lumière, beau peuple de l’imaginaire iranique. Beauté, grâce et forme ailée les définissent, au point que leur nom même évoque la beauté. C’est comme êtres gracieux, ailés et rayonnants que la tradition populaire les imagine et les chérit.

Des esprits ambivalents aux fées

Les péris n’ont pas toujours été bienveillantes. Dans la tradition la plus ancienne, ces créatures étaient ambivalentes, voire hostiles ; elles sont devenues plus tard les esprits féeriques bienveillants du folklore développé.

Leur caractère a changé au fil d’une longue tradition. Dans la plus ancienne tradition iranique, les pairika, dont descendent les péris, étaient des esprits féminins hostiles ou dangereux, associés à la sorcellerie et à la séduction, comptés parmi les êtres nuisibles opposés au bon ordre. Dans la vision religieuse ancienne réformée par Zoroastre, elles appartenaient aux puissances des ténèbres. Avec le temps, leur représentation s’est adoucie et transformée : elles sont devenues les beaux esprits féeriques bienveillants, ou au moins moralement ambivalents, du folklore ultérieur, êtres de grâce plutôt que de nuisance. Dans la tradition populaire développée, les péris sont souvent bienveillantes, aidant ou aimant parfois les humains, tout en gardant une part de mystère et d’ambivalence. Ces créatures de l’autre monde peuvent bénir ou désorienter ceux qu’elles touchent. Le passage d’esprits hostiles ou ambivalents à de belles fées est un trait frappant de leur histoire : l’adoucissement d’un être ancien et ambigu en beau peuple féerique. C’est sous cette forme développée que les péris sont les mieux connues et les plus aimées dans le folklore iranique et kurde.

Les péris et les divs

L’imaginaire populaire oppose les belles péris aux sombres divs, les démons : les esprits gracieux face aux êtres repoussants, dans une vision du beau et du monstrueux, du bien et du mal.

L’opposition des péris et des divs est un thème récurrent de l’imaginaire populaire iranique : les beaux esprits féeriques face aux démons sombres et monstrueux. Les péris sont belles, gracieuses et bienveillantes ; les divs sont gigantesques, laids et malveillants. Dans cet imaginaire, ils représentent le beau et le monstrueux, la grâce et la laideur et, dans les traditions développées, le bien et le mal parmi les êtres surnaturels. Certains contes font des divs les persécuteurs des péris : ils emprisonnent ou tourmentent ces beaux esprits, transformant l’opposition en récit du beau et du bien assaillis par l’obscurité et le mal. Cette association des péris et des divs est un trait caractéristique de la vision populaire iranique et kurde du surnaturel : un monde peuplé d’êtres de beauté et d’horreur qui s’affrontent. Elle reflète la tendance profonde de la tradition à imaginer le monde surnaturel, comme le monde moral, en termes de beauté et de monstruosité, de bien et de mal. Cette opposition compte parmi les images les plus évocatrices de l’imaginaire populaire : la belle fée face au sombre démon. Elle aide souvent à comprendre les péris, beaux esprits opposés aux démons de l’ancienne vision iranique.

Les péris dans le folklore kurde

Dans le folklore kurde, les perî demeurent les beaux esprits féeriques des montagnes et des eaux, les êtres magnifiques des contes, aux côtés de figures comme Shahmaran et le grand oiseau Simurgh.

Dans la riche tradition populaire kurde, les perî sont des figures aimées, beaux esprits féeriques des lieux sauvages et splendides du pays kurde, montagnes, rivières et sources. Les contes les présentent comme des êtres de beauté et de grâce : elles se montrent parfois aux humains, les aiment ou les aident, les conduisent vers l’émerveillement ou le désarroi, esprits beaux et mystérieux de l’autre monde. Elles relèvent du même riche imaginaire qui donne aux Kurdes Shahmaran, la sage reine-serpent, et le grand Simurgh, oiseau merveilleux, tout un monde peuplé d’êtres beaux et prodigieux. Les perî expriment le versant doux et lumineux de cet imaginaire, beaux esprits des lieux magnifiques, opposés aux créatures sombres comme les démons. Leur présence dans le folklore kurde reflète l’enracinement profond des Kurdes dans la tradition populaire iranique et la richesse de leur imaginaire propre. C’est comme beaux esprits féeriques des montagnes et des eaux que les contes du peuple kurde les chérissent.

Sens et portée

Les péris incarnent avant tout le versant beau et doux de l’imaginaire populaire iranique et kurde : des esprits féeriques de beauté et de nature, opposés aux sombres démons dans l’ancienne vision d’un monde peuplé d’êtres magnifiques et terrifiants. Êtres de beauté, elles représentent le désir de grâce et de splendeur dans le monde surnaturel.

Elles incarnent aussi l’ancienneté et la portée de cet imaginaire : issues des êtres spirituels de la tradition la plus ancienne, elles ont transmis, par leur nom, le mot fairy au monde plus large. Elles représentent ainsi les racines profondes et la lointaine influence de la tradition populaire iranique et kurde. Les péris comptent parmi les êtres les plus beaux et les plus aimés de cet imaginaire, incarnant beauté, grâce et douceur du surnaturel face aux sombres divs. Elles appartiennent au patrimoine iranique commun dont les Kurdes sont héritiers, à la riche tradition de l’épopée du Shahnameh et des contes du pays kurde, beaux esprits féeriques dont la splendeur illumine l’imaginaire populaire. La vision de beauté et de grâce qu’elles portent est l’un des traits les plus précieux de cette tradition.

Les péris et les Kurdes

Les péris appartiennent au patrimoine populaire iranique commun dont les Kurdes sont héritiers. Elles restent présentes dans le folklore kurde sous le nom de perî, beaux esprits féeriques de son imaginaire.

Les péris ne sont pas exclusivement kurdes. Elles relèvent de la tradition populaire iranique plus large, partagée dans tout le monde iranique et dans une grande partie de l’Asie : beaux êtres spirituels d’un patrimoine que les Kurdes partagent avec les Persans, les autres peuples iraniques et au-delà. Les Kurdes en sont néanmoins pleinement héritiers. Les perî restent des figures aimées de leur imaginaire, beaux esprits féeriques des montagnes et des eaux du pays kurde, présents dans les contes et les représentations populaires. Présenter les péris, c’est honorer un être de cet héritage commun en précisant qu’il appartient à une tradition partagée avec d’autres peuples iraniques, tout en reconnaissant sa présence vivante dans le folklore kurde. Les perî expriment la douceur et la beauté du riche imaginaire kurde, beaux esprits des lieux magnifiques, part précieuse du patrimoine populaire kurde et iranique, et belle expression du désir de grâce et de splendeur dans la représentation du surnaturel.

Débats et idées reçues

Les péris sont-elles des djinns ? Péris et djinns sont souvent confondus et ont fini par partager beaucoup de récits, mais leurs origines sont distinctes. Les péris appartiennent à la tradition iranique et descendent de ses anciens êtres spirituels ; les djinns relèvent d’une tradition arabe différente. Dans la vision iranique, les péris sont de beaux esprits féeriques, distincts des djinns comme des démoniaques divs. Au fil de la longue histoire régionale, ces traditions se sont mêlées et les êtres ont parfois été identifiés les uns aux autres ou confondus. Dans leur origine et leur caractère classique, toutefois, les péris sont les beaux êtres spirituels de la tradition iranique, plutôt que les djinns de la tradition arabe.

Les péris sont-elles bonnes ou mauvaises ? Cela dépend de l’époque et de la tradition. Dans la tradition iranique la plus ancienne, leurs prédécesseurs étaient des esprits hostiles ou dangereux, appartenant aux ténèbres dans la vision réformée par Zoroastre. Dans le folklore développé, les péris deviennent de beaux esprits féeriques bienveillants, ou au moins moralement ambivalents, êtres de grâce pouvant bénir ou désorienter, mais qui ne sont pas simplement mauvais. Il faut donc les comprendre comme des êtres complexes et changeants, ambivalents dans leur forme ancienne, bienveillants ou ambivalents dans leur forme ultérieure, plutôt que simplement bons ou mauvais.

Les péris sont-elles exclusivement kurdes ? Elles appartiennent à la tradition populaire iranique plus large, partagée dans le monde iranique et au-delà : ce patrimoine est commun aux Kurdes, aux Persans et à d’autres peuples iraniques. Il convient de les présenter dans cet héritage partagé dont les Kurdes sont héritiers, tout en reconnaissant leur présence vivante dans le folklore kurde sous le nom de perî, beaux esprits féeriques de son imaginaire.


  • Les divs : les démons du mythe iranique, opposés aux belles péris

  • Le Simurgh : le grand oiseau mythique des légendes iraniques

  • Le Shahnameh : la grande épopée où apparaissent les péris

  • Shahmaran : la sage reine-serpent du folklore kurde

  • Ahriman : l’esprit des ténèbres, maître des démons

  • Zoroastre : le prophète dont la réforme façonne la vision des esprits

  • Rostam : le grand héros du Shahnameh

  • Newroz : la grande fête du monde kurde


Questions fréquentes

Que sont les péris ?

Les péris, perî en kurde et pari en persan, sont des êtres spirituels surnaturels de la tradition populaire iranique : de beaux esprits souvent ailés, semblables à des fées, liés à la grâce, à la beauté, à la nature, aux montagnes, aux eaux et à l’air. Elles se distinguent des djinns et des divs démoniaques. Présentes dans le Shahnameh et dans les contes du monde iranique, elles demeurent les beaux esprits féeriques du folklore kurde.

D’où vient le mot péri ?

Le nom péri, perî en kurde et pari en persan, descend de l’ancienne tradition iranique, du terme pairika désignant une catégorie d’êtres spirituels. Son parcours est remarquable : du persan pari, par l’arabe et les langues européennes, est venu le mot anglais fairy lui-même. Les péris sont ainsi, en un sens, les ancêtres des fées du monde plus large.

Les péris sont-elles bonnes ou mauvaises ?

Cela dépend de l’époque et de la tradition. Dans la tradition iranique la plus ancienne, leurs prédécesseurs étaient des esprits hostiles ou dangereux, parmi les puissances des ténèbres. Dans le folklore développé, les péris deviennent de beaux esprits féeriques bienveillants, ou au moins moralement ambivalents, êtres de grâce pouvant bénir ou désorienter, mais qui ne sont pas simplement mauvais. Ce sont des êtres complexes et changeants.

Les péris sont-elles des djinns ?

Bien que souvent confondus et partageant au fil du temps beaucoup de récits, péris et djinns ont des origines distinctes. Les péris appartiennent à la tradition iranique et descendent de ses anciens êtres spirituels ; les djinns relèvent d’une tradition arabe différente. Dans la vision iranique, les péris sont de beaux esprits féeriques, distincts des djinns comme des divs démoniaques.

Quel est leur rapport aux divs ?

L’imaginaire populaire oppose souvent les belles péris aux sombres divs, les démons : esprits gracieux face aux êtres repoussants, beauté contre monstruosité et, dans les traditions développées, bien contre mal. Certains contes présentent les divs comme les persécuteurs des péris, sombres démons tourmentant les beaux esprits. Leur association est un trait caractéristique de la vision populaire iranique et kurde.

Les péris sont-elles exclusivement kurdes ?

Elles appartiennent à la tradition populaire iranique plus large, partagée dans le monde iranique et au-delà : ce patrimoine est commun aux Kurdes, aux Persans et à d’autres peuples iraniques. Il convient de les présenter dans cet héritage partagé dont les Kurdes sont héritiers, tout en reconnaissant leur présence vivante dans le folklore kurde sous le nom de perî.


Références et lectures complémentaires

Pari, péri — Wikipédia

Mythologie kurde — Wikipédia

Daeva et pairika — Wikipédia

Les fées : les péris et l’origine du mot — Wikipédia

Kurdish-History.com : les divs

Kurdish-History.com : le Simurgh

Kurdish-History.com : Shahmaran

Kurdish-History.com : le Shahnameh