Introduction

Gorgin est le compagnon envieux dont la jalousie met en mouvement l’une des plus grandes histoires d’amour du Shahnameh, le Livre des rois persan : le récit de Bizhan et Manizheh. Héros iranien d’une certaine renommée, fils de Milad, Gorgin fut envoyé comme guide expérimenté du jeune héros Bizhan pour une périlleuse chasse au sanglier, mais son envie devant la gloire du jeune homme le conduisit à inciter Bizhan à franchir la frontière du Touran, le menant ainsi à l’amour, à la captivité et à de longues souffrances.

Le récit de Gorgin est une étude du pouvoir corrosif de l’envie et du chemin qui mène à la disgrâce puis à la rédemption. Jaloux des louanges que le jeune Bizhan avait reçues, Gorgin l’attira par des récits sur les belles jeunes filles du Touran ; lorsque Bizhan fut capturé et jeté dans un cachot par le roi touranien Afrasiab, Gorgin retourna en Iran et mentit sur le sort de son compagnon. Mais sa tromperie fut découverte et, après la disgrâce et l’emprisonnement, il fut enfin gracié et finit par être pardonné par Bizhan lui-même.

Comme toutes les figures du Livre des rois, Gorgin appartient à l’héritage épique partagé des peuples iraniens, une tradition que les Kurdes ont en commun avec les Persans, les Lors et d’autres peuples du monde iranien. Connaître Gorgin, c’est rencontrer l’une des figures les plus humaines et les plus complexes sur le plan moral de l’épopée, un héros courageux perdu par l’envie, dont la jalousie déclencha une grande tragédie et une grande histoire d’amour, et qui parcourut la rude voie menant de l’envie et de la tromperie à la disgrâce, au repentir et au pardon. Son récit s’entrelace à l’une des histoires les plus aimées du Shahnameh.


Sommaire

Qui est Gorgin ?

Le fils de Milad

Points essentiels

Repères

La chasse au sanglier en Arménie

L’envie et la tentation

Le mensonge au roi

Disgrâce et rédemption

Symbolisme et signification

Gorgin et les Kurdes

Débats et idées reçues

Sujets connexes

Questions fréquentes

Références et lectures complémentaires


Qui est Gorgin ?

Gorgin, également orthographié Gergin ou Girgin, est un héros iranien du Shahnameh, actif sous les règnes de Kay Kavus et de Kay Khosrow, et comptant parmi les champions célèbres de son époque. Il est le fils de Milad. Guerrier courageux et renommé, Gorgin est surtout connu pour le rôle décisif et moralement complexe qu’il joue dans la grande histoire d’amour de Bizhan et Manizheh. Envoyé comme guide expérimenté du jeune héros Bizhan lors d’une chasse au sanglier à la frontière touranienne, Gorgin devint envieux de son succès et l’incita à passer au Touran, où Bizhan rencontra Manizheh, fille du roi touranien Afrasiab, et en tomba amoureux avant d’être capturé et emprisonné. Gorgin retourna en Iran et mentit sur le sort de Bizhan, mais sa tromperie fut découverte et, après la disgrâce et l’emprisonnement, il fut enfin gracié et pardonné. On se souvient de lui comme d’un héros courageux mais envieux, dont la jalousie déclencha une grande tragédie et une histoire d’amour.

Le fils de Milad

L’épopée identifie Gorgin comme le fils de Milad ; il appartient à la compagnie des célèbres héros iraniens de l’époque de Kay Kavus et de Kay Khosrow. On le compte parmi les champions notables de l’Iran, guerrier courageux et capable qui prit part aux guerres et aux aventures de l’âge héroïque et apparaît également dans d’autres poèmes épiques iraniens que le Shahnameh.

Les chercheurs relèvent que la figure de Milad, père de Gorgin, pourrait conserver un faible écho des noms de l’époque parthe, l’un des nombreux fils par lesquels la tradition épique semble réunir dans sa trame légendaire les souvenirs de différentes époques. Mais dans le monde du Shahnameh, Gorgin est simplement l’un des héros de l’Iran, un champion renommé de son temps, dont la célébrité reste toutefois liée avant tout au rôle décisif qu’il joua dans le récit de Bizhan. En tant que guerrier bien connu de l’époque, Gorgin était un choix naturel pour servir de guide et de compagnon expérimenté au jeune Bizhan encore sans expérience lorsque celui-ci fut envoyé accomplir sa périlleuse mission ; c’est dans ce rôle de héros aguerri accompagnant un jeune homme plein d’ardeur qu’il entre dans l’histoire qui allait le définir. Son identité de champion courageux mais finalement envieux, de compagnon plus âgé dont la jalousie envers un jeune héros conduit au désastre, est au cœur de sa place dans l’épopée.

Points essentiels

  • Gorgin est un héros iranien du Shahnameh et le fils de Milad.

  • Son rôle principal se situe dans l’histoire d’amour de Bizhan et Manizheh.

  • Il guida le jeune Bizhan lors d’une chasse au sanglier, puis devint envieux de sa gloire.

  • Il incita Bizhan à passer au Touran, entraînant sa capture par Afrasiab.

  • Il mentit au roi Kay Khosrow sur le sort de Bizhan, mais fut démasqué.

  • Après la disgrâce et l’emprisonnement, il fut gracié et pardonné par Bizhan.

Repères

  • Nom : Gorgin (également Gergin, Girgin)

  • Rôle : Héros iranien ; le compagnon envieux de Bizhan

  • Père : Milad

  • Époque : Les règnes de Kay Kavus et Kay Khosrow

  • Récit principal : L’histoire d’amour de Bizhan et Manizheh

  • Sa faute : L’envie devant la gloire de Bizhan ; la tentation et la tromperie

  • Son mensonge : Il dit à Kay Khosrow que Bizhan s’était perdu à la chasse

  • Son sort : Disgracié et emprisonné, puis gracié

  • Pardonné par : Bizhan lui-même, en fin de compte

  • Héritage : La tradition épique iranienne partagée

La chasse au sanglier en Arménie

L’histoire décisive de Gorgin commence par une mission royale. Lorsque les habitants de l’Arménie, aux confins de l’Iran, se plaignirent au roi Kay Khosrow qu’une multitude de féroces sangliers ravageait leurs champs et leurs terres, le roi demanda un champion pour affronter cette menace. Le jeune héros Bizhan, fils de Giv et petit-fils du patriarche Gudarz, se porta volontaire avec ardeur, et l’expérimenté Gorgin fut envoyé avec lui comme guide et compagnon.

Lors de la chasse, le jeune Bizhan s’acquitta brillamment de sa tâche. Attaquant hardiment les féroces sangliers, il les traqua et les chassa du pays, abattant les bêtes avec une telle efficacité qu’aucune ne s’échappa, prouesse de force et de courage qui démontrait la valeur du jeune héros. La mission fut un triomphe, et Bizhan avait magnifiquement montré sa vaillance. Mais la réussite du jeune héros éveilla chez son compagnon plus âgé, Gorgin, une envie discrète et amère. Soit parce qu’il avait moins combattu lui-même, soit simplement parce qu’il ne supportait pas les louanges reçues par le jeune homme, Gorgin devint jaloux de la gloire de Bizhan ; cette envie qui couvait dans son cœur allait le conduire à un acte apportant le désastre à son compagnon et la disgrâce à lui-même. La chasse au sanglier, triomphe pour Bizhan, devint ainsi le germe de la tragédie, car c’est la réussite même du jeune héros qui attisa l’envie de Gorgin et mit en mouvement les événements décisifs qui suivirent. La chasse en Arménie marque le début de l’un des récits les plus mémorables de l’épopée.

L’envie et la tentation

Rongé par l’envie devant la gloire acquise par le jeune Bizhan, Gorgin s’ingénia à conduire son compagnon dans le danger. Le lendemain de la victoire sur les sangliers, il commença à parler à Bizhan des merveilles situées juste au-delà de la frontière, au Touran : de beaux jardins où, au printemps, les charmantes jeunes filles de la cour du roi Afrasiab venaient festoyer et se divertir parmi les roses. Il peignit la scène de façon si tentante, insistant sur la beauté des jeunes Touraniennes, que le cœur du jeune Bizhan s’émut et qu’il résolut de franchir la frontière du pays ennemi pour voir lui-même ces célèbres beautés.

Cet acte de tentation constitue le cœur de la faute de Gorgin et le tournant du récit. Connaissant les dangers du pays ennemi et mû par son envie plutôt que par le souci de son compagnon, Gorgin incita délibérément le jeune Bizhan impressionnable à entreprendre une aventure imprudente et périlleuse au-delà de la frontière du Touran hostile. Qu’il ait prévu toute l’ampleur du désastre à venir ou seulement cherché à attirer des ennuis à son rival, cette tentation trahissait son devoir de guide et de compagnon du jeune homme. Les conséquences furent graves : en passant au Touran, Bizhan découvrit le jardin où Manizheh, la belle fille d’Afrasiab, festoyait avec ses suivantes, et tous deux tombèrent aussitôt dans un amour profond et irrésistible, un amour qui conduirait Bizhan à être découvert, capturé et longuement emprisonné. L’envie et la tentation de Gorgin déclenchèrent ainsi la grande histoire d’amour de Bizhan et Manizheh tout autant que la tragédie des souffrances de Bizhan, l’acte envieux du héros plus âgé devenant l’origine de l’un des récits les plus aimés et les plus dramatiques de l’épopée.

Le mensonge au roi

Lorsque Bizhan, découvert avec Manizheh, fut saisi par les Touraniens et jeté par Afrasiab dans un cachot profond et sombre, Gorgin dut retourner seul en Iran et y aggrava sa faute par la tromperie. Au lieu d’avouer ce qui s’était passé, Gorgin revint à la cour de Kay Khosrow et mentit sur le sort de son compagnon, affirmant que Bizhan s’était perdu en chassant un onagre, un âne sauvage, et avait tout simplement disparu.

Mais le mensonge ne tint pas. Le sage roi Kay Khosrow, monarque idéal et clairvoyant de l’Iran, ne crut pas au récit de Gorgin, sentant que quelque chose clochait et que le héros dissimulait la vérité. Grâce à sa célèbre coupe qui voit tout, dans laquelle il pouvait contempler ce qui était caché, le roi découvrit la vérité sur le sort de Bizhan : le jeune héros était captif dans un cachot au Touran. Il perça ainsi la tromperie de Gorgin. La révélation du mensonge couvrit de disgrâce Gorgin, dont l’envie s’était désormais doublée d’une tentative lâche pour dissimuler la trahison de son compagnon. L’épisode montre la profondeur de la chute de Gorgin, passé du héros courageux à celui qui, poussé par l’envie, avait conduit son compagnon dans le danger puis menti à son roi pour cacher sa culpabilité. Le mensonge au roi, découvert par la sagesse de Kay Khosrow, marque le point le plus bas de la disgrâce de Gorgin et prépare le sauvetage de Bizhan, ainsi que le châtiment puis la rédemption de Gorgin lui-même.

Disgrâce et rédemption

La vérité découverte, Gorgin fut disgracié et emprisonné pour sa traîtrise, tandis que le puissant Rostam était appelé à entreprendre le sauvetage de Bizhan depuis son cachot au Touran. Dans l’un de ses exploits célèbres, Rostam se rendit au Touran, libéra Bizhan de la fosse et le ramena en Iran avec la fidèle Manizheh, si bien que la grande histoire d’amour connut une fin heureuse malgré tout ce qu’avait provoqué l’envie de Gorgin.

Mais le récit de Gorgin lui-même évolua vers la rédemption et le pardon plutôt que de s’achever dans une disgrâce sans issue. Bien qu’il ait été puni et emprisonné pour sa trahison, Gorgin en vint à se repentir de son envie et de sa tromperie et finit par être gracié pour sa faute. Plus remarquable encore, l’épopée raconte que Gorgin fut finalement pardonné par Bizhan lui-même, le compagnon que son envie avait trahi et dont il avait causé les longues souffrances. Cet itinéraire de disgrâce et de rédemption donne à Gorgin une profondeur morale particulière parmi les figures de l’épopée : il est un héros imparfait qui succomba à l’envie, aggrava sa faute par la tromperie, subit la disgrâce et le châtiment, mais trouva enfin le repentir, la grâce et le pardon de celui qu’il avait lésé, dépassant ainsi le simple rôle du méchant. Le récit de Gorgin porte donc une réflexion sur le pouvoir destructeur de l’envie, mais aussi sur la possibilité du repentir et de la réconciliation ; il s’achève par la réhabilitation, après l’épreuve, d’un héros déchu pardonné par le compagnon qu’il avait trahi, plutôt que par la damnation irrémédiable d’un méchant. C’est une conclusion profondément humaine pour l’un des récits les plus complexes sur le plan moral de l’épopée.

Symbolisme et signification

Gorgin incarne avant tout le pouvoir destructeur de l’envie. Sa jalousie devant la gloire du jeune Bizhan est la racine de sa faute, la passion qui le conduit à trahir son devoir de compagnon, à tenter le jeune homme pour le pousser dans un danger mortel, puis à mentir pour cacher sa culpabilité. À travers lui, l’épopée étudie comment l’envie peut corrompre même un héros courageux et honorable, le transformant en traître et en menteur, et comment la jalousie du succès d’autrui peut déclencher une chaîne de tragédies. Gorgin est la grande figure d’avertissement de l’épopée face à l’envie, une mise en garde contre le pouvoir corrosif de la jalousie.

Mais Gorgin incarne aussi la possibilité du repentir, du pardon et de la rédemption, ainsi que la complexité morale du héros déchu. À la différence d’un simple méchant, il est un héros courageux qui succombe à une faiblesse humaine et dont le récit s’achève dans une réhabilitation après l’épreuve plutôt que dans la damnation : il se repent, est gracié et reçoit le pardon du compagnon même qu’il avait lésé. Son histoire incarne ainsi une vision de la chute et du relèvement moral, de la possibilité pour celui qui a commis un grave tort de trouver la rédemption grâce au repentir et au pardon d’autrui. L’itinéraire de Gorgin, de l’envie et de la trahison à la disgrâce, puis au repentir et au pardon, lui confère une profondeur humaine particulière et fait de son récit une méditation sur le pouvoir destructeur de l’envie, mais aussi sur la grâce du pardon et la possibilité de la réconciliation. Gorgin compte ainsi parmi les figures secondaires les plus riches moralement et les plus humaines du Shahnameh, incarnant à la fois les périls de l’envie et l’espoir de la rédemption.

Gorgin et les Kurdes

Comme toutes les figures du Shahnameh, Gorgin appartient à l’héritage épique et mythologique partagé des peuples iraniens, une tradition que les Kurdes ont en commun avec les Persans, les Lors et d’autres peuples du monde iranien. La grande épopée de Ferdowsi, avec ses héros et ses récits, est l’héritage commun de ces peuples, qui partagent l’ancienne tradition mythologique iranienne dont elle est issue. Il est honnête et exact de comprendre Gorgin et le récit de Bizhan et Manizheh comme une composante de cet héritage partagé, plutôt que comme un matériau exclusivement kurde.

Pour les Kurdes, en tant que peuple iranien, les figures et les récits du Shahnameh font partie du monde culturel et mythologique plus vaste auquel ils appartiennent, et l’épopée occupe une place dans le large héritage iranien qu’ils partagent. L’histoire de Gorgin et de son envie, entrelacée à la célèbre histoire d’amour de Bizhan et Manizheh, appartient au fonds commun de la tradition épique iranienne, connu et apprécié dans l’ensemble des terres iraniennes. Présenter Gorgin revient donc à présenter l’une des figures moralement complexes de l’épopée iranienne partagée, plutôt qu’un héros spécifiquement kurde : le compagnon envieux dont la jalousie déclencha une grande histoire d’amour, appartenant à l’héritage que les Kurdes ont en commun avec les autres peuples du monde iranien. Ce cadre honnête situe avec exactitude Gorgin dans la vaste et riche tradition épique iranienne dont les Kurdes, en tant que peuple iranien, sont les héritiers aux côtés de leurs voisins.

Débats et idées reçues

Gorgin est-il un héros spécifiquement kurde ? Non ; il importe d’être clair et honnête sur ce point. Gorgin est un héros du Shahnameh persan et appartient à l’héritage épique partagé des peuples iraniens, une tradition que les Kurdes ont en commun avec les Persans, les Lors et d’autres peuples du monde iranien, plutôt que d’être une figure exclusivement kurde. En tant que peuple iranien, les Kurdes participent à ce vaste héritage, et les figures et récits de l’épopée, dont Gorgin et l’histoire de Bizhan et Manizheh, font partie de la tradition iranienne commune. Il serait inexact de revendiquer Gorgin comme spécifiquement kurde ; il appartient à l’épopée iranienne partagée dont les Kurdes, aux côtés de leurs voisins, sont les héritiers.

Gorgin est-il un méchant ? Gorgin se comprend mieux comme un héros déchu et moralement complexe que comme un simple méchant. C’est un champion courageux et renommé qui succombe à la faiblesse humaine de l’envie, trahissant son compagnon Bizhan puis mentant pour cacher sa culpabilité. Mais son récit s’achève dans le repentir, la grâce et le pardon de celui qu’il avait lésé, plutôt que dans une méchanceté sans rédemption. Cet itinéraire de chute et de rédemption le distingue d’un véritable méchant comme Shaghad ou Afrasiab et confère à son histoire une profondeur morale particulière. Le plus exact est de présenter Gorgin comme un héros imparfait perdu par l’envie qui trouve la rédemption, plutôt que comme un simple méchant, conformément au portrait nuancé et humain qu’en fait l’épopée.

Quelle importance Gorgin a-t-il dans le récit de Bizhan et Manizheh ? Gorgin est essentiel au récit, car son envie et la tentation qu’il exerce mettent toute l’histoire en mouvement. Sans sa jalousie devant la gloire de Bizhan et sans l’incitation faite au jeune héros de franchir la frontière du Touran, Bizhan n’aurait jamais rencontré Manizheh, n’aurait jamais été capturé, et la grande histoire d’amour et le drame qui l’accompagne ne se seraient jamais déroulés. Gorgin est donc le déclencheur de l’une des histoires d’amour les plus aimées de l’épopée, la figure dont la faute donne, ironiquement, naissance à cette histoire. Bien que Bizhan et Manizheh en soient les protagonistes et le puissant Rostam le sauveteur, c’est l’envie de Gorgin qui amorce tout, faisant de lui une figure cruciale du récit malgré son rôle secondaire et peu flatteur.


  • Bizhan et Manizheh : la grande histoire d’amour déclenchée par l’envie de Gorgin

  • Giv : le père de Bizhan, puissant héros de la maison de Gudarz

  • Gudarz : le patriarche de la grande maison guerrière de Bizhan

  • Afrasiab : le roi touranien qui emprisonna Bizhan

  • Kay Khosrow : le sage roi qui perça le mensonge de Gorgin

  • Rostam : le grand héros qui délivra Bizhan du cachot

  • Hojir : un autre héros dont les choix façonnèrent un grand récit

  • Le Shahnameh : le Livre des rois persan, la grande épopée de l’Iran


Questions fréquentes

Qui est Gorgin dans le Shahnameh ?

Gorgin, également orthographié Gergin, est un héros iranien du Shahnameh, fils de Milad, actif sous les règnes de Kay Kavus et de Kay Khosrow. Guerrier courageux et renommé, il est surtout connu pour son rôle décisif dans l’histoire d’amour de Bizhan et Manizheh. Envoyé comme guide expérimenté du jeune héros Bizhan lors d’une chasse au sanglier, il devint envieux de la gloire de Bizhan et l’incita à passer au Touran, entraînant sa capture. Il mentit ensuite sur le sort de Bizhan, fut disgracié, puis finit par être gracié et pardonné.

Que fit Gorgin à Bizhan ?

Gorgin, envieux de la gloire acquise par le jeune Bizhan lors de leur chasse au sanglier en Arménie, le tenta par des récits sur les belles jeunes filles du Touran et le persuada de franchir la frontière du pays ennemi. Bizhan y rencontra Manizheh, fille du roi touranien Afrasiab, et en tomba amoureux, puis fut capturé et jeté dans un cachot. Gorgin retourna ensuite en Iran et mentit au roi Kay Khosrow, prétendant que Bizhan s’était perdu à la chasse. Son envie et sa tromperie causèrent les longues souffrances de Bizhan.

Pourquoi Gorgin enviait-il Bizhan ?

Lors de leur mission visant à chasser les sangliers qui ravageaient l’Arménie, le jeune Bizhan s’acquitta brillamment de sa tâche, abattant les bêtes féroces avec une telle efficacité qu’aucune ne s’échappa et recevant de grandes louanges pour sa prouesse. Sa réussite éveilla chez son compagnon plus âgé, Gorgin, une envie discrète et amère ; soit parce qu’il avait moins accompli lui-même, soit simplement parce qu’il ne supportait pas les louanges reçues par le jeune homme, Gorgin devint jaloux de la gloire de Bizhan et cette envie le conduisit à pousser le jeune héros dans le danger.

Comment le mensonge de Gorgin fut-il découvert ?

Lorsque Gorgin revint seul en Iran et affirma que Bizhan s’était perdu en chassant un onagre, le sage roi Kay Khosrow ne le crut pas, sentant qu’il dissimulait la vérité. Grâce à sa célèbre coupe qui voit tout, dans laquelle on pouvait contempler les choses cachées, Kay Khosrow découvrit la vérité sur le sort de Bizhan, captif dans un cachot au Touran, et perça ainsi la tromperie de Gorgin. La révélation du mensonge couvrit Gorgin de disgrâce.

Gorgin fut-il puni ou pardonné ?

Les deux. Après la découverte de son mensonge, Gorgin fut disgracié et emprisonné pour sa traîtrise. Mais son récit ne s’acheva pas dans une disgrâce sans issue : il en vint à se repentir de son envie et de sa tromperie, fut enfin gracié et, plus remarquable encore, finit par être pardonné par Bizhan lui-même, le compagnon que son envie avait trahi. Cet itinéraire de disgrâce, de repentir et de pardon confère à Gorgin une profondeur morale particulière, achevant son histoire par une réhabilitation après l’épreuve plutôt que par la damnation.

Gorgin est-il un héros kurde ?

Gorgin est un héros du Shahnameh persan et appartient à l’héritage épique partagé des peuples iraniens, une tradition que les Kurdes ont en commun avec les Persans, les Lors et d’autres peuples du monde iranien, plutôt que d’être une figure exclusivement kurde. En tant que peuple iranien, les Kurdes participent à ce vaste héritage, et les figures et récits de l’épopée, dont Gorgin et l’histoire de Bizhan et Manizheh, font partie de la tradition iranienne commune dont les Kurdes sont les héritiers aux côtés de leurs voisins.


Références et lectures complémentaires

Gorgin (Shahnameh) — Wikipédia

Bijan and Manijeh (« Bijan et Manijeh ») — Wikipédia

Bizhan (Shahnameh) — Grokipedia

Bizhan and Manizheh (« Bizhan et Manizheh ») — Encyclopaedia Iranica

Shahnameh — Encyclopaedia Iranica

Kurdish-History.com : Bizhan et Manizheh

Kurdish-History.com : Afrasiab

Kurdish-History.com : Kay Khosrow