Mannus est une forme du nom Maʿnu porté par plusieurs souverains. Les monnaies datées permettent de distinguer les individus d’une histoire dynastique composite.

Revers d’une monnaie d’argent avec quatre lignes grecques en relief nommant le roi Mannos Philoromaios, dans un grènetis
Émission d’Édesse attribuée à Maʿnu VIII, 167–169 ; Berlin 18312234, Bernhard Weisser. Le revers nomme le roi ; l’autre face représente Lucius Verus. Berlin, Münzkabinett der Staatlichen Museen · 18312234 · Photograph: Bernhard Weisser · Public Domain Mark 1.0 · Reproduced without creative changes.

Un nom récurrent exige une date

Maʿnu et Abgar reviennent chez les rois d’Édesse. Timothy Scott Wardle les décrit comme des noms de type nord-arabique et souligne la faiblesse des sources anciennes. [1] Une biographie de Mannus exige une date ou un document. Cet article examine les monnaies du IIe siècle, sans attribuer tous les événements dynastiques à un seul homme.

Édesse entre puissances

Édesse, ancienne Urhai et actuelle Urfa, fut capitale d’un petit royaume de Haute-Mésopotamie. Samuel Lieu décrit l’influence culturelle parthe et le rôle romain croissant après l’entrée de Trajan en 114. [2] Culture et allégeance n’étaient pas uniformes. Ville, royaume, province et dynastie ne sont pas interchangeables ; une réorganisation n’abolissait pas nécessairement toutes les institutions simultanément.

Une monnaie nommant Maʿnu

RPC IV.3, type provisoire 6484, attribue une émission en alliage cuivreux à Maʿnu VIII. Buste barbu en tiare et légende estranghelo Roi Maʿnu accompagnent une datation 167–179, probablement 167–169. [3] Nom, image et période sont identifiables. Il faut conserver le caractère probable de la date et provisoire du numéro.

Portraits romains et Philoromaios

Le type d’argent 6489 associe Lucilla au titre grec Roi Maʿnu Philoromaios et à Déméter/Cérès. [4] La monnaie berlinoise illustrée relève du type 6493 : Lucius Verus à l’avers, quatre lignes au revers. Berlin la date de 167–169 : 3,30 grammes, 19 millimètres. [5] Philoromaios signifie ami des Romains. Le portrait impérial ne devient pas celui de Maʿnu.

La religion ne suit pas simplement le nom

Wardle distingue la légende d’Abgar V des indices discutés du christianisme d’Abgar VIII. Une ville chrétienne ne prouve pas un roi converti ; un récit sur Abgar ne se transfère pas à Maʿnu. [1] Lieu place bien plus tard l’école et les controverses associées à Nestorius. [2] Qualifier tout le premier royaume de syriaque-nestorien mélange les périodes.

Des fins dynastiques différentes

Wardle situe une fin de phase royale et la colonie romaine en 212/13, une restauration en 239 et le retour du contrôle romain vers 242, laissant une continuation ultérieure incertaine. [1] Lieu donne 249 pour l’abolition finale. [2] Ces formulations concernent institutions et titres, non le règne personnel de chaque Maʿnu. Les émissions du IIe siècle restent distinctes.

Un patrimoine régional documenté

Riha et ses environs appartiennent à une histoire régionale où se croisent mondes araméen, arabe, romain, parthe et chrétien. Le nom kurde moderne ne démontre pas l’identité de chaque roi ancien. Source datée, titre lisible et objet identifié offrent une base vérifiable plutôt qu’une biographie composite.

Sources et lectures complémentaires

  1. Timothy Scott Wardle, Abgarids of Edessa, Gorgias Encyclopedic Dictionary of the Syriac Heritage (2011), electronic edition; names, sources, religion and chronology.
  2. Samuel N. C. Lieu, Edessa, Encyclopaedia Iranica (1997; updated 2015); city, Roman–Parthian setting and later religious history.
  3. Roman Provincial Coinage IV.3, temporary type 6484; Maʿnu portrait and Estranghelo royal legend, dating and specimens.
  4. Roman Provincial Coinage IV.3, temporary type 6489; Lucilla, Greek royal title and Demeter/Ceres reverse.
  5. Münzkabinett, Staatliche Museen zu Berlin, coin 18312234; Maʿnu VIII issue, Lucius Verus and Greek reverse, RPC IV.3 6493/3. Photograph: Bernhard Weisser; Public Domain Mark 1.0.