Introduction

Les sept travaux d’Esfandiyar, le Haft Khan du prince, comptent parmi les grandes aventures héroïques du Shahnameh, le Livre des rois persan : cette célèbre suite de sept épreuves est entreprise par le prince invulnérable Esfandiyar sur la route périlleuse de la forteresse d’airain, pour libérer ses sœurs captives et vaincre le roi touranien Arjasp.

Cette suite fait délibérément écho aux sept travaux de Rostam, plus célèbres : ces deux grands cycles d’épreuves de l’épopée sont eux-mêmes comparés, dans la littérature mondiale, aux douze travaux du héros grec Héraclès. Des loups et lions monstrueux au dragon, à l’enchanteresse, à l’oiseau gigantesque, à la tempête de neige meurtrière et au désert mortel, le prince surmonta une succession de périls avant de prendre la forteresse d’assaut, de tuer Arjasp et de ramener ses sœurs chez elles.

Comme tous les récits du Livre des rois, les sept travaux d’Esfandiyar appartiennent au patrimoine épique et mythologique partagé des peuples iraniens, une tradition que les Kurdes ont en commun avec les Persans, les Lors et d’autres peuples du monde iranien. Découvrir le Haft Khan du prince, c’est rencontrer l’une des grandes quêtes héroïques de l’épopée, pendant des célèbres travaux de Rostam et démonstration de la prouesse du champion invulnérable de la foi.


Sommaire

Que sont les sept travaux d’Esfandiyar ?

La raison du voyage

Points essentiels

En bref

Les bêtes : loups, lions et dragon

L’enchanteresse et l’oiseau gigantesque

La tempête de neige et le désert

La forteresse d’airain et la chute d’Arjasp

Symbolisme et signification

Le Haft Khan et les Kurdes

Débats et idées reçues

Sujets connexes

Questions fréquentes

Références et lectures complémentaires


Que sont les sept travaux d’Esfandiyar ?

Les sept travaux d’Esfandiyar, le Haft Khan, sont une série de sept épreuves difficiles et dangereuses entreprises par le prince invulnérable Esfandiyar durant son voyage vers la forteresse d’airain, appelée Ruyin Dezh, pour libérer ses deux sœurs, que le roi touranien Arjasp avait emmenées en captivité, et vaincre ce roi. Choisissant la plus dangereuse des routes vers la forteresse, le prince affronta et surmonta une succession de périls : des loups monstrueux, des lions féroces, un dragon venimeux, une enchanteresse perfide, un oiseau gigantesque et monstrueux, une tempête de neige meurtrière et une étendue désertique mortelle, dépourvue d’eau. Guidé par un captif nommé Gurgsar, il atteignit enfin la forteresse d’airain, y entra par un stratagème, tua Arjasp et ramena ses sœurs chez elles. Cette suite fait délibérément écho aux sept travaux de Rostam, et les deux forment les grands cycles d’épreuves qui se répondent dans l’épopée, démonstrations de la prouesse de leurs héros respectifs.

La raison du voyage

Les sept travaux d’Esfandiyar trouvent leur origine dans la captivité des sœurs du prince et les promesses non tenues de son père, le roi Goshtasp. Le roi touranien Arjasp avait attaqué l’Iran et emmené les deux sœurs d’Esfandiyar en captivité dans sa place forte, la forteresse d’airain.

Goshtasp avait promis à plusieurs reprises le trône d’Iran à son fils en échange des services rendus pour défendre le royaume, mais la couronne lui était toujours refusée et une nouvelle tâche, plus dangereuse encore, lui était sans cesse imposée à la place. La plus grande de ces tâches fut la mission de délivrance : libérer les sœurs captives de la forteresse d’airain d’Arjasp, avec une nouvelle et fausse promesse de couronne s’il réussissait. Le prince partit donc pour cette mission périlleuse et, lorsqu’on lui proposa plusieurs itinéraires, choisit le plus court et le plus dangereux, celui qui passait par les sept travaux, afin de secourir ses sœurs au plus vite. La raison du voyage est donc la délivrance des sœurs captives et la défaite du roi ennemi Arjasp, entreprises sur l’ordre d’un père dont les promesses de couronne étaient sans cesse rompues. Ce contexte, fait des sœurs captives, des promesses non tenues et du choix de la route périlleuse, engage le prince dans la célèbre suite du Haft Khan, les épreuves qu’il doit surmonter pour atteindre la forteresse d’airain et accomplir sa mission. Le thème de la couronne refusée et de la tâche sans cesse renouvelée assombrit tout le récit, annonçant le destin tragique qui frapperait plus tard le prince.

Points essentiels

  • Les sept travaux d’Esfandiyar constituent la suite des sept épreuves du prince.

  • Ils avaient pour but de libérer ses sœurs captives et de vaincre le roi Arjasp.

  • Les épreuves comprennent des loups, des lions, un dragon, une enchanteresse, un oiseau gigantesque, la neige et un désert.

  • Le prince était guidé par un captif nommé Gurgsar.

  • Cette suite fait délibérément écho aux sept travaux de Rostam.

  • Elle culmine avec la prise d’assaut de la forteresse d’airain et la mort d’Arjasp.

En bref

  • Nom : Les sept travaux, ou Haft Khan, d’Esfandiyar

  • Héros : Esfandiyar, le prince invulnérable d’Iran

  • Père : Goshtasp, qui imposa la tâche

  • But : Libérer ses sœurs captives et vaincre Arjasp

  • Destination : La forteresse d’airain, Ruyin Dezh

  • Les épreuves : Loups, lions, dragon, enchanteresse, oiseau gigantesque, tempête de neige, désert

  • Guide : Le captif Gurgsar

  • Point culminant : La prise d’assaut de la forteresse d’airain et la mort d’Arjasp

  • Parallèle : Les sept travaux de Rostam

  • Patrimoine : La tradition épique iranienne partagée

Les bêtes : loups, lions et dragon

Les premières épreuves du prince Esfandiyar furent des combats contre des bêtes monstrueuses, chaque péril distinct étant surmonté grâce à sa force et à sa vaillance. Lors du premier travail, il affronta et tua deux loups monstrueux, de grandes bêtes qui l’attaquèrent sur la route.

Lors du deuxième travail, Esfandiyar affronta deux lions féroces, un mâle et une femelle, qu’il vainquit et tua tous deux. Le troisième travail présenta un péril plus grand encore : un dragon venimeux, un terrible serpent monstrueux. Pour ce combat, raconte la tradition, le prince utilisa un ingénieux dispositif, un char ou un coffre spécial hérissé de lames dans lequel il se cacha ; lorsque le dragon voulut le dévorer, il se blessa sur les lames et le prince put tuer la bête, sans toutefois échapper aux effets de son venin. Ces trois premiers travaux, les loups, les lions et le dragon, établissent le caractère du Haft Khan d’Esfandiyar comme suite de combats contre des bêtes monstrueuses, périls surmontés par la force, le courage et l’ingéniosité du prince. La mise à mort du dragon à l’aide du dispositif à lames, en particulier, est l’un des travaux du prince les plus célèbres et les plus souvent représentés, sujet de prédilection des peintres de miniatures persanes, tout comme le combat parallèle contre le dragon dans les travaux de Rostam. Les bêtes des premières épreuves fixent le modèle de la suite et manifestent la prouesse du prince face aux ennemis monstrueux qui jalonnent sa route périlleuse vers la forteresse d’airain.

L’enchanteresse et l’oiseau gigantesque

Les quatrième et cinquième travaux du prince Esfandiyar présentèrent des périls d’une autre nature : une enchanteresse perfide et un oiseau gigantesque et monstrueux. Lors du quatrième travail, le prince rencontra une sorcière, une enchanteresse qui se présenta sous les traits de la beauté pour le tromper, tout comme une enchanteresse semblable s’en était prise à Rostam au cours de ses propres travaux.

Esfandiyar démasqua ou vainquit l’enchanteresse, détruisant la sorcière perfide et ses illusions. Lors du cinquième travail, il affronta un oiseau gigantesque et monstrueux, un immense rapace qui l’attaqua. Il faut préciser que cet oiseau monstrueux, bien que parfois appelé simurgh dans la tradition, est une créature hostile et monstrueuse, un oiseau ennemi à tuer, bien distinct du Simurgh bienveillant et sage des récits de Zal et de Rostam, le grand oiseau bénéfique qui aide les héros. L’oiseau monstrueux du travail d’Esfandiyar est une bête redoutable, que le prince combattit et vainquit, encore une fois par sa force et un dispositif ingénieux. L’enchanteresse et l’oiseau gigantesque marquent le milieu de la suite : le prince surmonte les périls de la tromperie et d’une nature monstrueuse tandis qu’il poursuit sa route vers la forteresse d’airain. Comme celles des bêtes, ces épreuves montrent autant son ingéniosité que sa force, sa capacité à vaincre, au-delà des ennemis monstrueux qui opposent leur force brute, les tromperies de l’enchanteresse, sur la route périlleuse qui le mène au secours de ses sœurs.

La tempête de neige et le désert

Les sixième et septième travaux du prince Esfandiyar furent des épreuves qui l’opposèrent aux forces rudes et mortelles de la nature plutôt qu’à des ennemis monstrueux : une tempête de neige meurtrière et une étendue désertique mortelle, dépourvue d’eau. Lors du sixième travail, le prince et sa troupe furent pris dans une terrible tempête de neige, un déchaînement de neige et de froid qui menaçait de les engloutir et de les anéantir.

Par son endurance et avec l’aide de la prière, le prince survécut à la tempête de neige meurtrière, surmontant le péril du froid mortel. Lors du septième travail, Esfandiyar traversa une étendue désertique ou un désert mortel, dépourvu d’eau, un espace aride et périlleux qu’il parcourut et auquel il survécut, là encore par son endurance et son ingéniosité. Ces deux dernières épreuves, la tempête de neige et le désert, diffèrent des travaux précédents en ce qu’elles opposent le prince aux forces rudes et mortelles de la nature elle-même, le froid et les étendues arides, plutôt qu’à des bêtes monstrueuses ou à des enchanteurs trompeurs. Elles éprouvent son endurance, sa résistance et sa foi davantage que sa prouesse au combat ; en les surmontant, il se montre à la hauteur de tous les périls, naturels comme monstrueux. La tempête de neige et le désert derrière lui, le prince avait achevé les sept épreuves du Haft Khan et atteint enfin son but, la forteresse d’airain d’Arjasp, où ses sœurs étaient retenues captives. La tempête de neige et le désert closent la suite des travaux et préparent l’assaut décisif contre la forteresse, la prise de la forteresse d’airain et la mort du roi ennemi.

La forteresse d’airain et la chute d’Arjasp

Après avoir achevé les sept épreuves, Esfandiyar atteignit enfin la forteresse d’airain, appelée Ruyin Dezh, la place forte du roi touranien Arjasp où les deux sœurs du prince étaient retenues captives. La prise de cette forteresse et la mort d’Arjasp forment le point culminant de toute l’aventure.

La forteresse d’airain était une place forte puissante et bien défendue, difficile à prendre par un assaut direct. La tradition raconte que le prince y entra par un stratagème : déguisé en marchand et accompagné de ses guerriers dissimulés, Esfandiyar pénétra dans la forteresse, y retrouva ses sœurs captives puis, au moment choisi, abandonna son déguisement, donna à son armée restée à l’extérieur le signal de l’attaque et se jeta sur l’ennemi. Lors de la prise d’assaut de la forteresse d’airain, il affronta et tua le roi Arjasp, l’ennemi qui avait enlevé ses sœurs, puis délivra les captifs, ramenant enfin ses sœurs chez elles. Le stratagème du déguisement, l’entrée dans la forteresse et la mort d’Arjasp constituent le point culminant dramatique du récit, l’accomplissement de la mission pour laquelle le prince avait entrepris les sept travaux périlleux. Avec la chute d’Arjasp et la libération des sœurs, l’aventure s’acheva triomphalement : par le Haft Khan et la prise de la forteresse d’airain, Esfandiyar s’était montré l’égal de tous les héros de l’épopée. La forteresse d’airain et la chute d’Arjasp sont le but vers lequel tend toute la suite des travaux, l’exploit décisif par lequel le prince accomplit sa mission et gagne sa gloire, alors même que la fausse promesse de la couronne refusée projette l’ombre de sa tragédie à venir.

Symbolisme et signification

Les sept travaux d’Esfandiyar incarnent avant tout la quête héroïque, le voyage à travers une série d’épreuves de plus en plus difficiles qui met à l’épreuve et révèle toute l’étendue des qualités du héros. Suite structurée de sept périls, le Haft Khan du prince manifeste la force, le courage, l’endurance et l’ingéniosité du héros Esfandiyar, chaque épreuve faisant appel à une vertu différente, dans un parallèle délibéré avec les célèbres travaux du héros Rostam.

Les sept travaux d’Esfandiyar incarnent aussi les thèmes de la délivrance du captif et de la défaite de l’ennemi, car toute la suite vise à libérer les sœurs captives du prince et à tuer le roi Arjasp qui les avait enlevées. Exploits du champion de la foi, le prince invulnérable béni par le prophète, les travaux portent aussi une aura de triomphe du héros juste sur les forces du mal monstrueux et sur l’ennemi du royaume. Pourtant, le thème de la couronne refusée et de la promesse rompue assombrit la suite : c’est la fausse promesse du trône qui a lancé le prince sur la route périlleuse, et ce manquement du père à sa parole annonce le destin tragique qui frapperait plus tard Esfandiyar dans son duel imposé et fatal contre Rostam. Par tout cela, les sept travaux d’Esfandiyar sont un récit de grande portée, incarnant la quête héroïque, la délivrance du captif, le triomphe du champion juste et, en arrière-plan, l’ombre de la promesse rompue et du destin tragique, célèbre démonstration de la prouesse du prince invulnérable et pendant des célèbres travaux de Rostam.

Le Haft Khan et les Kurdes

Les sept travaux d’Esfandiyar, comme tous les récits du Shahnameh, appartiennent au patrimoine épique et mythologique partagé des peuples iraniens, une tradition que les Kurdes ont en commun avec les Persans, les Lors et d’autres peuples du monde iranien. La grande épopée de Ferdowsi, avec ses héros et ses épreuves, est l’héritage commun de ces peuples, qui partagent la tradition mythologique iranienne ancienne dont elle est issue.

Pour les Kurdes, peuple iranien, les figures et les récits du Shahnameh appartiennent au monde culturel et mythologique plus vaste dont ils font partie ; les aventures héroïques de l’épopée, dont le Haft Khan du prince, occupent une place dans le vaste patrimoine iranien que partagent les Kurdes. Le modèle du héros qui surmonte une série d’épreuves monstrueuses pour délivrer le captif et vaincre l’ennemi trouve des échos dans les contes populaires des Kurdes et de tous les peuples iraniens. Il est honnête et exact de comprendre les sept travaux d’Esfandiyar comme une part de ce patrimoine iranien partagé plutôt que comme un récit uniquement kurde ; toutefois, le récit et le monde de héros et d’épreuves monstrueuses dont il est issu ont bien leur place dans la tradition kurde comme dans toutes les traditions iraniennes, au sein du fonds commun de mythes et de récits héroïques iraniens que les Kurdes chérissent comme leur propre héritage, aux côtés des autres héritiers de la tradition. Le Haft Khan du prince, pendant des célèbres travaux de Rostam, fait ainsi partie du trésor partagé de mythes iraniens dont les Kurdes, peuple iranien, sont les héritiers avec leurs voisins.

Débats et idées reçues

L’oiseau qu’Esfandiyar tue est-il le Simurgh bienveillant ? Non ; cette distinction est importante. L’oiseau gigantesque que le prince combat et tue lors de son cinquième travail, bien que parfois appelé simurgh dans la tradition, est un oiseau ennemi hostile et monstrueux, une bête redoutable à vaincre. Il est bien distinct du Simurgh, oiseau bienveillant et sage, le grand oiseau bénéfique des récits de Zal et de Rostam, qui élève les héros et leur vient en aide. Il ne faut pas les confondre : l’un est un ennemi monstrueux tué par le prince, l’autre l’oiseau gardien bienveillant de l’épopée. Le nom commun reflète l’emploi large de ce terme pour un grand oiseau, mais les créatures sont de nature entièrement différente.

Quel rapport existe-t-il entre les travaux d’Esfandiyar et ceux de Rostam ? Les deux suites sont délibérément parallèles et forment les grands cycles d’épreuves qui se répondent dans l’épopée. Les sept travaux de Rostam sont les plus célèbres et ceux d’Esfandiyar sont modelés sur eux, avec une structure semblable de sept épreuves, dont des périls parallèles comme le dragon et l’enchanteresse. Le parallèle est délibéré et invite à comparer les deux grands héros, le puissant Rostam et le prince invulnérable Esfandiyar, dont la rivalité culminerait plus tard dans leur duel tragique et fatal. Les deux Haft Khan sont donc des récits qui se répondent, les cycles d’épreuves des deux plus grands champions de l’épopée.

Les sept travaux d’Esfandiyar sont-ils un récit spécifiquement kurde ? Non ; comme tous les récits du Shahnameh, ils appartiennent au patrimoine mythologique partagé des peuples iraniens, une tradition que les Kurdes ont en commun avec les Persans, les Lors et d’autres peuples du monde iranien. Toutefois, le modèle du héros qui surmonte des épreuves monstrueuses pour délivrer le captif a bien sa place dans le folklore et la tradition kurdes, au sein du fonds commun de mythes iraniens que les Kurdes partagent avec leurs voisins. Le Haft Khan du prince se comprend donc avant tout comme une part du patrimoine iranien partagé, un récit de la tradition commune plutôt qu’un récit uniquement kurde, auquel les Kurdes, peuple iranien, participent pourtant pleinement aux côtés des autres héritiers de cette tradition.


  • Esfandiyar : le prince invulnérable qui accomplit ces travaux

  • Les sept travaux de Rostam : le cycle d’épreuves parallèle, plus célèbre

  • Rostam : le grand héros dont ces travaux rappellent le propre Haft Khan

  • Goshtasp : le père qui imposa sa tâche au prince

  • Zoroastre : le prophète dont Esfandiyar défendit la foi

  • Le Simurgh : l’oiseau bienveillant, distinct de l’oiseau ennemi monstrueux du prince

  • Kay Kavus : le roi des travaux parallèles de Rostam

  • Le Shahnameh : le Livre des rois persan, la grande épopée de l’Iran


Questions fréquentes

Que sont les sept travaux d’Esfandiyar ?

Les sept travaux, ou Haft Khan, d’Esfandiyar sont une suite de sept épreuves entreprises par le prince invulnérable Esfandiyar sur la route de la forteresse d’airain, Ruyin Dezh, pour délivrer ses deux sœurs de captivité et vaincre le roi touranien Arjasp. Les épreuves comprennent des loups monstrueux, des lions féroces, un dragon venimeux, une enchanteresse perfide, un oiseau gigantesque et monstrueux, une tempête de neige meurtrière et un désert mortel. Cette suite fait délibérément écho aux sept travaux de Rostam.

Pourquoi Esfandiyar entreprit-il les sept travaux ?

Esfandiyar entreprit les sept travaux pour secourir ses deux sœurs, que le roi touranien Arjasp avait emmenées en captivité et retenait dans sa place forte, la forteresse d’airain. Son père, le roi Goshtasp, lui imposa cette tâche en lui promettant le trône s’il réussissait, promesse qui, comme les précédentes, ne fut finalement pas tenue. Pour atteindre rapidement la forteresse, le prince choisit la route la plus courte et la plus dangereuse, celle qui passait par les sept épreuves périlleuses.

Comment Esfandiyar tua-t-il le dragon ?

Lors du troisième travail, Esfandiyar tua un dragon venimeux à l’aide d’un ingénieux dispositif. La tradition raconte qu’il se cacha dans un char ou un coffre spécial hérissé de lames, si bien que, lorsque le dragon voulut le dévorer, il se blessa sur les lames. Le prince put alors tuer la bête, bien qu’il subît les effets de son venin. La mise à mort du dragon est l’un des travaux du prince les plus célèbres et les plus souvent représentés.

L’oiseau qu’Esfandiyar tue est-il le véritable Simurgh ?

Non ; l’oiseau gigantesque qu’Esfandiyar combat et tue lors de son cinquième travail, bien que parfois appelé simurgh, est un oiseau ennemi hostile et monstrueux, distinct du Simurgh bienveillant et sage des récits de Zal et de Rostam. Le Simurgh bienveillant élève les héros et leur vient en aide, tandis que l’oiseau monstrueux du travail d’Esfandiyar est une bête redoutable à vaincre. Les deux portent le même nom, mais sont de nature entièrement différente et ne doivent pas être confondus.

Comment les travaux s’achèvent-ils ?

Les sept travaux d’Esfandiyar s’achèvent avec la prise d’assaut de la forteresse d’airain, la place forte d’Arjasp. Après avoir achevé les sept épreuves, le prince atteignit la forteresse où ses sœurs étaient retenues. Il y entra par un stratagème, déguisé en marchand, retrouva ses sœurs, puis donna à son armée le signal de l’attaque, tua le roi Arjasp et libéra ses sœurs captives, qu’il ramena chez elles. La prise de la forteresse et la mort d’Arjasp sont le point culminant triomphal de toute l’aventure.

Les sept travaux d’Esfandiyar sont-ils un récit kurde ?

Ils relèvent du patrimoine mythologique partagé des peuples iraniens, une tradition que les Kurdes ont en commun avec les Persans, les Lors et d’autres peuples du monde iranien, plutôt que d’un récit uniquement kurde. Toutefois, le modèle du héros qui surmonte des épreuves monstrueuses pour délivrer le captif a bien sa place dans le folklore et la tradition kurdes, au sein du fonds commun de mythes iraniens que les Kurdes partagent avec leurs voisins en tant qu’héritiers d’une même tradition.


Références et lectures complémentaires

Esfandiyar tue Arjasp dans la forteresse d’airain – Fitzwilliam Museum

Isfandiyar tue les lions – Aga Khan Museum

Esfandiyar tue deux kargs – Fitzwilliam Museum

Les sept travaux de Rostam – Wikipédia

Shahnameh – Encyclopaedia Iranica

Kurdish-History.com : Esfandiyar

Kurdish-History.com : Les sept travaux de Rostam

Kurdish-History.com : Le Simurgh