Tirigan clôt la séquence gutienne de la Liste royale sumérienne et apparaît vaincu dans la Victoire d’Utu-hegal. Ces récits conservent un règne bref et une campagne, pas une biographie complète.

Quarante jours dans la liste
Oxford lit Tiriga avec un signe d’incertitude et lui attribue quarante jours. Viennent ensuite défaite de Gutium et transfert de royauté à Uruk, nommé Unug. [1] Noms, totaux et durées varient entre manuscrits. Un dix-septième roi assuré ou exactement 125 ans d’empire continu ne sont donc pas établis. Quarante jours est une donnée transmise, pas un journal du règne.
Un manuscrit postérieur
L’Ashmolean date son prisme vers 1800 avant notre ère et propose Larsa pour origine. Chacune des quatre faces porte deux colonnes sumériennes. La liste mêle mythe, légende et histoire, faisant passer la royauté divine entre villes et soutenant la légitimité d’Isin. [2] La date de l’objet n’est pas celle de l’avènement ; son inscription ne certifie ni justice ni réussite administrative.
La campagne d’Utu-hegal
Le récit présente le roi d’Uruk comme mandaté par Enlil et soutenu par Inana. Il capture Ur-Ninazu et Nabi-Enlil, généraux de Tirigan envoyés comme émissaires. Camps, sanctuaires et Karkara ponctuent la marche ; prières et combat se mêlent. [3] C’est la version du vainqueur. Ses accusations contre Gutium ne décrivent pas objectivement toute une population.
Fuite et capture à Dabrum
La composition dit Tirigan enfui seul à pied vers Dabrum. Ses habitants l’empêchèrent de partir et un envoyé d’Utu-hegal l’arrêta avec femme et enfants. Menottes, bandeau et pied sur la nuque composent une scène de soumission. [3] Cela ne révèle pas ses motifs privés ni ne prouve combat jusqu’au bout, refus de reddition ou défense d’une nation moderne.
Chronologie et histoire régionale
La liste place Utu-hegal à Uruk avant Ur-Namma à Ur. [1] Elle ne fait pas d’Ur III une dynastie établie avant puis fondée après la défaite. Sans reconstruction chronologique déclarée, on retient la fin du IIIe millénaire. Van De Mieroop souligne les sens variables de Gutium, de possibles dirigeants contemporains et une langue surtout connue par des noms. [4] Le Zagros justifie l’intérêt régional, pas une filiation linguistique Guti–Kurti–Kurd ou un premier empire kurde démontrés.
Sources et lectures complémentaires
- University of Oxford, Electronic Text Corpus of Sumerian Literature, The Sumerian King List, composition 2.1.1, especially lines 308–354 and manuscript variants.
- Ashmolean Museum, Sumerian King List, AN1923.444: date, probable origin, physical form and political interpretation.
- University of Oxford, Electronic Text Corpus of Sumerian Literature, The Victory of Utu-hegal, composition 2.1.6, lines 1–62.
- Marc Van De Mieroop, Gutians, Encyclopaedia Iranica XI/4 (2002; updated 2013), pp. 408–410: terminology, chronology and linguistic evidence.