Introduction

Zav est un roi de la lignée pishdadienne dans le Shahnameh, le Livre des rois persan : souverain âgé et juste, choisi pour le trône dans les troubles qui suivirent la chute du roi Nowzar, il rétablit l’ordre dans le royaume et conclut une paix avec l’ennemi touranien Afrasiab durant une période de guerre et de famine.

Lorsque le roi Nowzar eut été tué par Afrasiab, le royaume se retrouva sans chef et en danger. Les fils de Nowzar furent jugés inaptes à régner, faute de gloire royale ; le héros Zal et les chefs iraniens choisirent alors le vieux Zav, descendant de la lignée royale, pour prendre le trône. Malgré la brièveté de son règne, Zav reste un roi juste et droit qui rendit l’ordre et la prospérité à un pays troublé.

Comme tous les personnages du Livre des rois, Zav appartient au patrimoine épique et mythologique partagé des peuples iraniques, tradition que les Kurdes ont en commun avec les Persans, les Lors et les autres peuples de cet univers. Le découvrir, c’est rencontrer le roi juste d’une époque troublée, souverain droit choisi pour rétablir l’ordre après le désastre, figure de transition entre la première dynastie et le grand âge des rois kayanides.


Sommaire

Qui est Zav ?

Les troubles après Nowzar

L’essentiel

Repères

Choisi pour sa gloire royale

Le roi juste

La paix avec Afrasiab

Un règne bref et juste

Symboles et sens

Zav et les Kurdes

Débats et idées reçues

Sujets connexes

Questions fréquentes

Références et lectures complémentaires


Qui est Zav ?

Zav, dont le nom s’écrit aussi Zaav ou Zou, est un roi de la lignée pishdadienne du Shahnameh, descendant de la maison royale, considéré comme issu de la lignée de Faridun par son père Tahmasp. Il monta sur le trône dans une période de grands troubles, après que le roi Nowzar eut été tué par le Touranien Afrasiab et que le royaume se retrouva sans chef et en danger. Les fils de Nowzar ayant été jugés inaptes à régner faute de gloire royale, le héros Zal et les chefs iraniens choisirent le vieux Zav, déjà très âgé, pour sa sagesse et son ascendance royale. Son règne ne dura qu’environ cinq ans, mais il reste un roi juste et droit : il rétablit l’ordre dans le royaume troublé, fit la paix avec Afrasiab au milieu de la guerre et de la famine et conduisit l’Iran vers une brève prospérité retrouvée, avant de mourir à un âge avancé. Il constitue une figure notable de transition entre la première dynastie et l’âge des rois kayanides.

Les troubles après Nowzar

Le règne de Zav survint dans une grave crise iranienne, après le désastre de la chute du roi Nowzar. Fils du grand roi Manuchehr, Nowzar avait mal gouverné. Sous son règne, le Touranien Afrasiab envahit l’Iran, vainquit et captura le roi, puis le mit à mort, plongeant le royaume dans les troubles.

Nowzar tué et l’ennemi touranien victorieux, l’Iran restait sans chef et en grave danger, trône vide et pays menacé par Afrasiab triomphant. C’était l’une des heures sombres de l’épopée, époque de désastre et de désordre où le royaume risquait de tomber entièrement aux mains de l’ennemi. La crise rendait urgent le choix d’un nouveau roi digne de régner, capable de rétablir l’ordre, de rallier le royaume et de résister à la menace touranienne. Les troubles après Nowzar forment le cadre du règne de Zav, crise exigeant un roi nouveau, choisi pour apporter ordre et délivrance. Le désastre de la chute de Nowzar et le péril du royaume sans chef préparent le choix de Zav, vieux souverain juste appelé à redresser la situation iranienne au moment du besoin. C’est sur ce fond de désastre et de danger qu’il faut comprendre son règne bref mais droit, roi juste élevé pour délivrer le royaume des troubles consécutifs à la chute de Nowzar.

L’essentiel

  • Zav est un vieux roi juste de la lignée pishdadienne dans le Shahnameh.

  • Il fut choisi après la chute de Nowzar face à Afrasiab.

  • Les fils de Nowzar furent jugés inaptes à régner, faute de gloire royale.

  • Le héros Zal et les chefs iraniens choisirent Zav pour sa sagesse et son ascendance.

  • Il rétablit la justice et fit la paix avec Afrasiab au milieu de la guerre et de la famine.

  • Son règne fut bref, environ cinq ans, mais juste et prospère.

Repères

  • Nom : Zav, également Zaav ou Zou

  • Rôle : Roi de la lignée pishdadienne

  • Père : Tahmasp, de la lignée de Faridun

  • Avènement : Après la chute de Nowzar

  • Choisi par : Zal et les chefs iraniens

  • Motifs du choix : Sa sagesse, son âge et sa gloire royale

  • Acte célèbre : Rétablissement de l’ordre ; paix avec Afrasiab

  • Durée du règne : Environ cinq ans

  • Mort : À un âge avancé

  • Patrimoine : Tradition épique iranique partagée

Choisi pour sa gloire royale

Le choix de Zav pour le trône dépendait de la gloire royale, le farr, gloire divine qui désigne, dans la tradition, le roi légitime. Quand le trône se trouva vide après la mort du roi Nowzar, les héritiers naturels étaient ses fils, dont le guerrier Tus.

Mais les chefs iraniens jugèrent les fils de Nowzar inaptes à la royauté malgré leur bravoure guerrière : ils n’avaient pas la gloire royale, le farr, requise pour régner légitimement. Tus, tout particulièrement, était considéré, malgré sa puissance guerrière, comme trop orgueilleux et belliqueux pour porter la gloire divine de la royauté. Plutôt que d’élever un héritier inapte, Zal et les chefs cherchèrent ailleurs un roi digne et choisirent le vieux Zav, descendant royal par son père Tahmasp. Malgré son âge, il possédait la sagesse et la gloire royale appropriées au trône. Le choisir pour cette gloire plutôt que les fils inaptes de Nowzar est un moment important de l’épopée : la royauté n’appartient pas simplement à l’héritier le plus proche, mais à celui qui porte la gloire divine et est apte à régner. C’est pour sa gloire royale, sa sagesse et son aptitude, plutôt que pour sa seule ascendance, que Zav fut choisi, souverain âgé mais digne élevé au trône de préférence aux indignes. Ce choix l’établit comme roi légitime et digne, porteur du farr appelé à restaurer le royaume troublé.

Le roi juste

Zav reste avant tout un roi juste et droit, souverain apportant ordre, justice et bon gouvernement à un royaume tombé dans les troubles. Après le désordre de la chute du roi Nowzar, son règne fut une époque de justice et de renouveau.

Dans la tradition, le règne de Zav ouvrit une époque de justice en Iran après une période marquée par le désordre et les crimes militaires de la guerre contre le Touran. Roi juste, il gouverna avec droiture et sagesse, rétablissant l’ordre, réprimant les injustices des temps troublés et apportant un bon gouvernement là où régnait le désordre. Cette image est au cœur de sa portée : dans une époque sombre et troublée, il figure la droiture et le bon gouvernement, roi digne qui restaure l’ordre juste après le désastre. Sa justice est d’autant plus remarquable qu’elle contraste avec l’époque de son avènement : souverain droit apportant la lumière après les ténèbres de la chute de Nowzar. Zav incarne l’idéal de royauté juste, souverain sage dont le gouvernement apporte ordre et prospérité au royaume. C’est cette justice, plus encore qu’un exploit particulier, qui définit surtout son souvenir : roi juste des temps troublés dont le gouvernement droit redressa la situation de l’Iran. Il figure ainsi parmi les souverains dignes et justes de l’épopée, image de bonne royauté dans un temps sombre.

La paix avec Afrasiab

L’un des grands événements du règne de Zav fut la conclusion d’une paix avec le roi touranien Afrasiab, mettant fin pour un temps à la guerre destructrice entre l’Iran et le Touran, source du désastre à l’époque du roi Nowzar.

Selon la tradition, la guerre et les conditions qu’elle entraînait, dont une famine généralisée, rendaient la paix souhaitable aux deux camps. Afrasiab voulait lui aussi mettre fin au conflit ; un accord fut donc conclu avec Zav. Ses termes fixaient une frontière entre les deux royaumes : les terres au-delà du fleuve Oxus étaient données au Touran en échange de la fin des combats. Cette paix offrit un répit après la guerre destructrice et permit au royaume iranien troublé de se relever et de retrouver ordre et prospérité sous le gouvernement juste de Zav. La paix avec Afrasiab est l’un des principaux actes de son règne : le roi juste mettait fin, pour un temps, au conflit désastreux et ménageait un répit permettant au pays de se rétablir. Fixer une frontière et arrêter les combats fut donc une grande réussite de ce bref règne, répit et relèvement obtenus par le roi juste pour sa terre troublée. Cela participe à son portrait de souverain sage et droit ayant redressé l’Iran après le désastre de Nowzar.

Un règne bref et juste

Le règne de Zav, juste et bénéfique, fut bref : selon la tradition, environ cinq ans seulement, car il était déjà très âgé en montant sur le trône. Il mourut à un âge avancé, après avoir rétabli l’ordre et la prospérité du royaume.

Pendant son règne, après la paix avec le roi Afrasiab, Zav conduisit l’Iran vers une prospérité renouvelée : le royaume se relevait du désordre et de la guerre qui l’avaient précédé. Son gouvernement juste et la paix obtenue permirent au pays de refleurir après les temps sombres de la chute de Nowzar. Mais, déjà vieux lorsqu’il fut choisi, il ne pouvait régner longtemps ; il mourut, selon la tradition, à un âge avancé, après quelque cinq ans de pouvoir. Le trône passa ensuite à son fils, qui poursuivit la lignée un temps avant l’entrée dans le grand âge des rois kayanides, commençant par Kay Qobad, élevé avec l’aide de Zal et des héros du Sistan. Le règne bref et juste de Zav est donc un pont entre la fin troublée de la première dynastie et le nouvel âge kayanide, court mais digne intervalle de gouvernement juste et de relèvement. On s’en souvient comme d’une époque de justice, de paix et de prospérité retrouvée, œuvre digne d’un roi juste au crépuscule de l’ancienne dynastie. Sa brièveté, due à son âge, ne diminue pas sa portée de gouvernement droit et de redressement, intervalle juste qui restaura le royaume avant l’aube de l’âge nouveau.

Symboles et sens

Zav incarne avant tout l’idéal de royauté juste et droite, souverain sage dont le gouvernement apporte ordre et prospérité au royaume. Roi juste élevé après le désastre de la chute du souverain Nowzar, il représente la restauration de l’ordre et du bon gouvernement après les troubles, roi droit apportant la lumière après les ténèbres.

Il incarne aussi le principe de la gloire royale, le farr, marque de la royauté légitime. Il fut préféré aux fils inaptes de Nowzar précisément parce qu’il portait la gloire divine et l’aptitude à régner. Il illustre l’idée que la royauté appartient au digne porteur du farr plutôt qu’au seul héritier le plus proche. Figure de transition entre la première dynastie et l’âge kayanide, il incarne aussi la continuité de la royauté juste à travers les troubles, intervalle droit qui préserva le royaume. À tous ces titres, Zav est une figure importante, incarnant juste royauté, principe de gloire royale et continuité du bon gouvernement dans une époque troublée. Roi juste d’un temps sombre, il rétablit l’ordre, fit la paix et apporta la prospérité à l’Iran durant son bref règne, au crépuscule de l’ancienne dynastie.

Zav et les Kurdes

Comme tous les personnages du Shahnameh, Zav appartient au patrimoine épique et mythologique partagé des peuples iraniques, tradition que les Kurdes ont en commun avec les Persans, les Lors et les autres peuples de cet univers. La grande épopée de Ferdowsi, ses rois et ses dynasties, est l’héritage commun de ces peuples, qui participent à l’ancienne tradition iranique dont elle est issue.

Pour les Kurdes, peuple iranique, les personnages et récits du Shahnameh appartiennent au vaste univers culturel et mythologique auquel ils se rattachent. Les rois de l’épopée, dont le juste Zav, ont leur place dans le large patrimoine iranique partagé par les Kurdes. L’idéal du roi juste qu’il incarne est une valeur chère au monde iranique et au-delà. Il est honnête et exact de comprendre Zav dans cet héritage partagé, sans en faire une figure exclusivement kurde. Peuple iranique, les Kurdes participent au large patrimoine épique dont Zav fait partie, fonds commun de tradition royale et héroïque qu’ils estiment aux côtés des autres héritiers de la tradition. Présenter Zav, c’est donc présenter une figure du patrimoine iranique partagé dont les Kurdes héritent avec leurs voisins, roi juste d’un âge troublé dans la grande lignée des rois de l’épopée.

Débats et idées reçues

Pourquoi préféra-t-on Zav aux fils de Nowzar ? Ceux-ci furent jugés dépourvus de la gloire royale, le farr, nécessaire à la royauté légitime. Quand le trône se trouva vide après la mort du roi Nowzar, ses fils, dont le guerrier Tus, étaient les héritiers naturels. Mais Tus, malgré sa bravoure, était considéré comme trop orgueilleux et belliqueux pour porter la gloire divine de la royauté. Les chefs iraniens et le héros Zal choisirent donc le vieux et digne Zav, illustrant que la royauté appartient au porteur du farr plutôt qu’au seul héritier le plus proche.

Le fils de Zav était-il le même Garshasp que le héros ancien ? Non. C’est une confusion possible. Dans la tradition, Zav eut pour successeur son fils, nommé Garshasp dans certains récits, roi de la fin de la lignée pishdadienne. Ce Garshasp royal est distinct de l’ancien et puissant héros Garshasp de la tradition avestique et héroïque, tueur de dragon et ancêtre de la maison de Nariman. Les deux partagent un nom mais sont des figures différentes, roi pishdadien tardif pour l’un, ancien champion pour l’autre. Il ne faut pas les confondre malgré leur nom commun.

Zav est-il une figure spécifiquement kurde ? Non. Comme tous les personnages du Shahnameh, il appartient au patrimoine épique partagé des peuples iraniques, tradition que les Kurdes ont en commun avec les Persans, les Lors et les autres peuples de cet univers, plutôt qu’à un héritage exclusivement kurde. Peuple iranique, les Kurdes participent au large patrimoine épique dont le roi juste Zav fait partie, aux côtés de leurs voisins.


  • Nowzar : le roi dont la chute précéda le règne de Zav

  • Afrasiab : le roi touranien avec qui Zav fit la paix

  • Zal : le héros qui contribua au choix de Zav comme roi

  • Tus : le fils de Nowzar écarté du trône

  • Manuchehr : le grand roi, père de Nowzar

  • Faridun : le roi dont descendait la lignée de Zav

  • Le farr : la gloire royale pour laquelle Zav fut choisi

  • Le Shahnameh : le Livre des rois persan, grande épopée de l’Iran


Questions fréquentes

Qui est Zav dans le Shahnameh ?

Zav, dont le nom s’écrit aussi Zaav ou Zou, est un roi de la lignée pishdadienne du Shahnameh, descendant de la maison royale par son père Tahmasp. Il accéda au trône dans les troubles après la mort de Nowzar, tué par le Touranien Afrasiab : le héros Zal et les chefs iraniens le choisirent pour sa sagesse et sa gloire royale, les fils de Nowzar ayant été jugés inaptes. Il reste un roi juste qui rétablit l’ordre et fit la paix avec Afrasiab.

Pourquoi Zav fut-il choisi comme roi ?

Les héritiers naturels, fils de Nowzar, furent jugés dépourvus de la gloire royale, le farr, nécessaire à la royauté légitime. Tus, fils de Nowzar, était considéré, malgré sa bravoure, comme trop orgueilleux et belliqueux pour porter la gloire divine de la royauté. Le héros Zal et les chefs iraniens lui préférèrent donc le vieux Zav, descendant royal possédant la sagesse et la gloire appropriées au trône.

Qu’accomplit Zav pendant son règne ?

Malgré un règne bref, environ cinq ans, Zav restaura justice et ordre dans un royaume troublé après la chute de Nowzar. Sa principale réussite fut la paix avec le roi touranien Afrasiab, mettant fin pour un temps à la guerre destructrice entre l’Iran et le Touran en période de famine. La paix fixa une frontière à l’Oxus ; le répit permit à l’Iran de se relever et de retrouver la prospérité sous son gouvernement juste.

Combien de temps Zav régna-t-il ?

Selon la tradition, Zav régna environ cinq ans. Déjà très âgé lorsqu’il fut choisi pour le trône, il ne pouvait régner longtemps et mourut à un âge avancé. Malgré sa brièveté, son règne reste une époque de justice, de paix et de prospérité retrouvée, digne intervalle de bon gouvernement reliant la fin troublée de la première dynastie au nouvel âge des rois kayanides.

Garshasp, fils de Zav, était-il le célèbre héros ?

Non. Ce sont des figures distinctes au nom commun. Dans certains récits, Zav eut pour successeur son fils Garshasp, roi de la fin de la lignée pishdadienne. Ce Garshasp royal est différent de l’ancien et puissant héros Garshasp de la tradition avestique et héroïque, tueur de dragon et ancêtre de la maison de Nariman. L’un est un roi tardif, l’autre un ancien champion : leur nom commun ne doit pas les faire confondre.

Zav est-il une figure kurde ?

Zav appartient au patrimoine épique partagé des peuples iraniques, tradition que les Kurdes ont en commun avec les Persans, les Lors et les autres peuples de cet univers, plutôt qu’à un héritage exclusivement kurde. Peuple iranique, les Kurdes participent au large patrimoine épique dont le roi juste Zav fait partie, aux côtés de leurs voisins. L’idéal du roi juste qu’il incarne est cher au monde iranique.


Références et lectures complémentaires

Zaav — Wikipédia

Tous, fils de Nowzar — Wikipédia

Les premiers souverains de Perse : la dynastie kayanide — Ancient Origins

La dynastie pishdadienne — présentation

Le Shahnameh — Encyclopaedia Iranica

Kurdish-History.com : Nowzar

Kurdish-History.com : Afrasiab

Kurdish-History.com : le farr