Safi al-Din Ardabili (1252–1334) donna son nom à la Safaviyya. Vie, ascendance kurde discutée et sanctuaire se distinguent de l’État safavide ultérieur.

Tour funéraire cylindrique aux carreaux turquoise et coupole de brique voisine au sanctuaire de Sheikh Safi à Ardabil, sous un ciel bleu
Ensemble d’Ardabil, AmirForoozan7030, 22 mars 2019. Les bâtiments conservés résultent de plusieurs siècles de développement. AmirForoozan7030 · 22 March 2019 · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons.

Un maître soufi à Ardabil, 1252–1334

Safi al-Din Ishaq Ardabili enseignait le soufisme à Ardabil, au nord-ouest de l’Iran. Reşat Öngören date sa naissance de 1252. Il se forma auprès d’Ibrahim Zahid Gilani, épousa sa fille Bibi Fatima et poursuivit sa lignée spirituelle après sa mort en 1301. Son centre attirait déjà fidèles et soutien ilkhanide auparavant. Mort le 12 septembre 1334, il eut pour successeur son fils Sadr al-Din Musa. [1] L’institution portant son nom était un ordre ; la monarchie vint plusieurs générations après.

L’ascendance kurde dans les sources

Rudi Matthee décrit dans Iranica une famille persane d’ascendance kurde. Öngören rapporte l’argument fondé sur Firuzshah Zarrinkulah et la désignation al-Sinjani al-Kurdi dans Safvat al-safa, tout en présentant d’autres interprétations. [1] [2] L’ascendance kurde appartient donc à la discussion savante. Langue d’un poème, milieu culturel d’Ardabil et identité nationale moderne constituent d’autres questions. Une étiquette biographique non sourcée ne les résout pas ensemble.

Safvat al-safa et généalogie

Öngören présente Safvat al-safa d’Ibn Bazzaz, commandé par le fils de Safi après sa mort, comme source majeure, avec des généalogies différentes selon les manuscrits. [1] Le résumé publié de l’article de Kazuo Morimoto de 2010 identifie une généalogie musavide du troisième quart du XVe siècle. La revendication circulait donc avant l’État de 1501. [3] L’existence du document date une revendication sans prouver tous les liens d’ascendance. Transmission manuscrite et usages politiques ultérieurs demandent des examens distincts.

De l’ordre sunnite à l’État chiite

Le premier milieu de la Safaviyya était sunnite. Öngören suit le tournant politique et militant sous Junayd, puis Haydar et les Qizilbash au couvre-chef rouge. Ismail fonda l’État à Tabriz en 1501 et adopta le chiisme duodécimain comme confession officielle. [4] Ces changements s’étendirent sur des générations ; Safi ne les réalisa pas. Öngören décrit aussi l’invocation des noms divins héritée de Zahid Gilani. Direction religieuse, fidèles, alliances et puissance militaire expliquent ensemble le passage du centre soufi à la dynastie.

Le sanctuaire : architecture et mémoire

Le khanegah et sanctuaire d’Ardabil entra au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2010. Les édifices et décors montrent une évolution du XIVe au XVIIIe siècle. L’UNESCO décrit fonctions religieuses, éducatives et charitables, tombeaux et parcours symbolique soufi. [5] L’ensemble documente la postérité institutionnelle et artistique de l’ordre. Les monuments ultérieurs doivent être datés séparément plutôt que tous attribués à la vie de Safi. La photographie montre cet héritage architectural, pas un portrait contemporain du maître.

Sources et lectures complémentaires

  1. Reşat Öngören, Safiyyüddîn-i Erdebîlî, TDV İslâm Ansiklopedisi, 2008; biography and manuscript discussions.
  2. Rudi Matthee, Safavid Dynasty, Encyclopaedia Iranica, 2008, updated 2017; introductory discussion of family ancestry.
  3. Kazuo Morimoto, The Earliest ʿAlid Genealogy for the Safavids, Iranian Studies 43/4 (2010), pp. 447–469; published abstract consulted.
  4. Reşat Öngören, Safeviyye, TDV İslâm Ansiklopedisi, 2008; institutional history and ritual practice.
  5. UNESCO World Heritage Centre, Sheikh Safi al-din Khānegāh and Shrine Ensemble in Ardabil, property 1345; inscription and architectural history.
  6. AmirForoozan7030, Sheikh Safi Al din Tomb, 22 March 2019, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.