Ce fils d’al-Adil détenait Mayyafariqin dans la première moitié du XIIIe siècle. Monnaies, rébellion contre al-Ashraf et négociations seldjoukides éclairent son pouvoir changeant.

Un prince dans une ville ancienne
Al-Muzaffar Shihab al-Din Ghazi était fils d’al-Adil et frère d’al-Ashraf Musa. Dalmiş le situe dans l’administration d’Akhlat et Mayyafariqin sous al-Ashraf. [1] Mayyafariqin est Silvan, sur la route Diyarbakir–Bitlis. Savran décrit son rôle antérieur de capitale marwanide et ses changements de maîtres. [2] La ville ne fut pas fondée par les Ayyoubides.
Plusieurs noms sur une monnaie
Dalmiş étudie quatre exemples de son administration à Akhlat datés de 618 H/1221–1222. Les légendes nomment Ghazi et al-Ashraf, puis le calife al-Nasir et al-Kamil Muhammad au revers. [1] Ces associations révèlent des rapports politiques. Le nom du prince local n’implique pas une indépendance absolue. Elles attestent une activité après la mort d’al-Adil en 1218, dépassant la seule vie du père.
Rébellion et perte d’Akhlat
Kaya explique qu’al-Muazzam Isa encouragea Ghazi contre al-Ashraf. Quand celui-ci marcha sur Akhlat, Kokburi attaqua Mossoul et al-Muazzam prépara l’entrée dans la Jazira. Le soutien attendu ne sauva pas Ghazi. En 621 H/1224 il rendit Akhlat ; al-Ashraf lui enleva les autres territoires sauf Mayyafariqin. [3] Réduction majeure du pouvoir : parenté ne garantissait ni coopération ni partage immuable.
Cuivre et chronologie
Album classe les fals de cuivre sous le type 860 : Akhlat en 618 H, Mayyafariqin entre 618 et 641 H. Les dates sont rarement lisibles ; l’ordre d’au moins sept types reste indéterminé. [4] On identifie des ateliers et émissions, sans reconstituer annuellement les finances. Monnayage ne démontre pas à lui seul prospérité continue, administration efficace ou soutien universel.
Seldjoukides et pression mongole
Savran décrit l’expédition seldjoukide de 639 H/1241. Sous la pression mongole croissante, le calife intervint. Ghazi envoya le juge avec une ambassade à Kaykhusraw II et proposa reconnaissance de sa suzeraineté ; un accord mit fin au siège. Une demande mongole de soumission et de démantèlement des murs reçut une réponse évasive. [2] Ces faits précèdent le siège mongol subi par son successeur et doivent en être distingués.
Lien savant et succession
Khogali-Wahbi le compte parmi les élèves d’Ibn Arabi et donne sa mort en 642 H/1244. [5] C’est une relation nommée, sans invention de son éducation enfantine. Album donne ensuite son fils al-Kamil Muhammad à partir de 642 H/1244. [4] Ce n’est pas son frère al-Kamil d’Égypte. L’en-tête précédent d’Album imprime 1242 à côté de 642 H ; cette conversion contradictoire ne vaut pas date de mort certaine.
Sources et lectures complémentaires
- Emin Dalmiş, Eyyûbîlerin Ahlat Dönemi Sikkeleri, Ortaçağ Araştırmaları Dergisi 4.2 (2021), p. 215. DOI: 10.48120/oad.1006271.
- Ahmet Savran, Meyyâfârikīn, TDV İslâm Ansiklopedisi 29 (2004), pp. 511–512; regional history and the Seljuk siege.
- Önder Kaya, el-Melikü’l-Eşref, Mûsâ, TDV İslâm Ansiklopedisi 29 (2004), pp. 64–66; Ghazi’s rebellion and 1224 settlement.
- Stephen Album, Checklist of Islamic Coins, third edition (2011), p. 109, type 860; author’s free research edition distributed in 2020.
- Affaf Khogali-Wahbi, Hadith and Sufism in Damascus, 627/1230–728/1328, King’s College London PhD (1994), p. 43, section 2.1.9.
- Dûrzan cîrano, Farqîn, 23 June 2010; Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.