Introduction

Arshtat est la yazata de la droiture et de la justice dans la tradition zoroastrienne et iranique. Cette divinité personnifie la rectitude, l’intégrité et la conduite honnête. Proche compagne de Rashnu qui est le juge divin, elle figure parmi les gardiens du jugement de l’âme.

Dans la vision du Seigneur Sage, Ahura Mazda, Arshtat, dont le nom signifie droiture ou rectitude, est la divinité de l’intégrité, de l’honnêteté et de la conduite juste, personnification de la droiture qui ne s’écarte pas de la vérité. Étroitement alliée à Rashnu, le juge divin, elle est invoquée avec Mithra et Sraosha parmi les gardiens du jugement de l’âme.

Comme les autres divinités zoroastriennes, Arshtat appartient au patrimoine religieux et mythologique ancien commun aux peuples iraniques, tradition que les Kurdes partagent avec les Persans et d’autres peuples de cet univers culturel. La découvrir, c’est rencontrer le respect zoroastrien de la droiture et de la conduite juste, divinité de l’intégrité qui soutient la vérité et le droit.


Sommaire

Qui est Arshtat ?

Le sens de son nom

L’essentiel

Repères

La divinité de la droiture

La compagne de Rashnu

Au jugement de l’âme

Honorée dans le calendrier et l’hymne

Symboles et significations

Arshtat et les Kurdes

Débats et idées reçues

Sujets connexes

Questions fréquentes

Références et lectures complémentaires


Qui est Arshtat ?

Arshtat, appelée plus tard Ashtad, est la yazata, ou divinité, de la droiture, de la rectitude et de la justice dans la tradition zoroastrienne. Elle fait partie des êtres divins bienfaisants créés par Ahura Mazda. Elle personnifie l’intégrité, l’honnêteté et la conduite juste, cette rectitude qui ne s’écarte pas de la vérité, et préside à la véracité, à la vertu et au progrès du bien dans le monde. Elle est étroitement alliée à Rashnu, le juge divin, si proche d’elle qu’ils sont souvent nommés ensemble. Elle est invoquée avec Mithra, Sraosha et Rashnu parmi les divinités présentes au jugement de l’âme après la mort. Elle préside à un jour du mois et un hymne des Yashts porte son nom. Yazata de la droiture et de la justice, soutien de l’intégrité et de la conduite équitable, compagne du juge divin, Arshtat occupe une place bienfaisante parmi les divinités de l’ordre moral zoroastrien.

Le sens de son nom

Le nom Arshtat signifie droiture, rectitude ou intégrité. Il vient d’une racine liée à ce qui est droit, juste et vrai. Il la désigne comme la divinité de la droiture qui ne s’écarte pas de la vérité, personnification de la conduite juste et honnête.

Ce sens est au cœur de son caractère : Arshtat est la divinité de la rectitude et de l’intégrité, de l’honnêteté et de la conduite juste qui restent fidèles à la vérité sans s’en détourner. La droiture qu’elle incarne est une rectitude morale vraie, honnête et équitable, qui soutient la vérité et agit justement, à l’opposé des détours et de la tromperie du mensonge. Elle est ainsi étroitement liée à la vérité et au bon ordre, Asha Vahishta, ainsi qu’au juste jugement de Rashnu. Dans la tradition ultérieure, son nom apparaît sous la forme Ashtad ; elle continue alors d’être honorée comme divinité de la droiture, présidant à la véracité et à la vertu. Le sens du nom révèle donc son caractère essentiel : divinité de la rectitude et de l’intégrité, personnification de la conduite juste et honnête fidèle à la vérité. Comprendre ce nom, c’est comprendre cette yazata dont la droiture et l’équité soutiennent la vérité et le droit.

L’essentiel

  • Arshtat est la yazata zoroastrienne de la droiture, de la rectitude et de la justice.

  • Son nom signifie droiture ou intégrité, rectitude fidèle à la vérité.

  • Elle personnifie l’honnêteté, la conduite juste et le progrès du bien.

  • Elle est la proche compagne de Rashnu, le juge divin.

  • Elle est invoquée avec Mithra, Sraosha et Rashnu au jugement de l’âme.

  • Elle préside à un jour du mois et un hymne porte son nom.

Repères

  • Nom : Arshtat, droiture ou rectitude ; plus tard Ashtad

  • Sens : Droiture, rectitude, intégrité, conduite juste

  • Fonction : Yazata de la droiture, de la justice et de la conduite honnête

  • Domaines : Véracité, vertu, bien du monde

  • Proche compagnon : Rashnu, le juge divin

  • Invoquée avec : Mithra, Sraosha et Rashnu au jugement de l’âme

  • Gardienne : Du pont de Chinvat, avec les juges divins

  • Calendrier : Elle préside au 26e jour du mois

  • Hymne sacré : L’Ashtad Yasht, Yasht 18, porte son nom

  • Patrimoine : Tradition religieuse et mythologique iranique commune

La divinité de la droiture

Sa fonction première et la plus caractéristique est celle de divinité de la droiture, personnifiant la rectitude, l’intégrité et la conduite équitable, et présidant à la véracité et à la vertu.

Dans la tradition zoroastrienne, droiture, intégrité et conduite juste sont hautement valorisées : cette rectitude morale reste fidèle à la vérité et agit équitablement, à l’opposé des détours et de la tromperie du mensonge. Arshtat personnifie cette droiture qui ne s’écarte pas de la vérité. Elle préside à la véracité, à l’honnêteté, à la vertu, à la conduite juste et au progrès du bien dans le monde, divinité de la rectitude morale qui soutient la vérité et le droit. Elle est en cela étroitement liée à Asha Vahishta qui incarne la vérité et le bon ordre, car la droiture consiste à rester fidèle au vrai et au juste dans les paroles comme dans les actes. Cette rectitude est un idéal moral élevé, intégrité et équité que les fidèles sont appelés à pratiquer à l’image de l’ordre divin. La fonction de divinité de la droiture est son aspect le plus caractéristique, personnification de la rectitude et de la conduite juste qui soutiennent le vrai et le droit. C’est comme yazata de la droiture, de l’intégrité et de la conduite honnête qu’Arshtat est surtout connue, gardienne d’une rectitude morale fidèle à la vérité.

La compagne de Rashnu

Arshtat est la proche compagne de Rashnu, le juge divin. Leur alliance est si étroite qu’ils sont souvent nommés ensemble comme un duo, la droiture et le jugement soutenant la justice.

Dans la tradition zoroastrienne, Arshtat est la proche compagne et alliée de Rashnu, le juge divin qui pèse les actes de l’âme. Leur lien est si fort qu’ils sont souvent nommés ensemble, presque comme un même duo : la droiture d’Arshtat et le jugement de Rashnu. Cette association est juste, car rectitude et jugement équitable vont de pair. La conduite intègre et honnête d’Arshtat et le jugement vrai et impartial de Rashnu sont deux aspects d’une même justice : rester fidèle au vrai et au droit, et peser justement les actes. Ensemble, ils soutiennent la justice et la rectitude de l’ordre moral, la droiture et le juste jugement fidèles à la vérité. Cette proximité avec Rashnu définit Arshtat, liant la divinité de la droiture au juge divin dans la défense de la justice. C’est souvent auprès de Rashnu que l’on rencontre Arshtat : la rectitude aux côtés du jugement, soutenant ensemble la justice et la vérité de l’ordre moral zoroastrien.

Au jugement de l’âme

Arshtat est invoquée avec Mithra, Sraosha et Rashnu parmi les divinités présentes au jugement de l’âme après la mort, garantes de la justice selon laquelle celle-ci est jugée.

Dans la vision zoroastrienne, l’âme arrive après la mort au pont de Chinvat, pont du jugement où ses actes sont pesés et son destin fixé par la justice de l’ordre moral. Parmi les divinités qui assistent à ce jugement et le garantissent figurent Mithra qui est le seigneur de l’alliance, Sraosha qui est la divinité de l’obéissance et de la parole, Rashnu qui est le juge divin pesant les actes, et Arshtat, divinité de la droiture, invoquée avec eux dans la liturgie pour l’âme. Divinité de la rectitude et de la conduite juste, elle a toute sa place au jugement, où la droiture et la justice qu’elle incarne s’appliquent à la pesée des actes de l’âme. Sa présence parmi ces divinités reflète son lien profond avec la justice et la rectitude, le soutien du vrai et du droit dans cette pesée. Cette fonction importante lie la divinité de la droiture au juste jugement après la mort, parmi les puissances qui maintiennent la justice de l’ordre moral. Arshtat prend ainsi une place solennelle parmi les gardiens du jugement de l’âme, rectitude présente à la juste pesée des actes.

Honorée dans le calendrier et l’hymne

Arshtat est honorée dans le calendrier sacré, présidant à un jour du mois ; l’un des Yashts porte son nom, signe de sa place parmi les divinités de la tradition.

Dans le calendrier sacré zoroastrien, elle préside au vingt-sixième jour du mois, placé sous sa protection et qui lui est consacré : elle est ainsi honorée dans le cycle des jours. Parmi les Yashts sacrés, hymnes dédiés aux divinités, le dix-huitième porte son nom : l’Ashtad Yasht. Il faut toutefois relever une particularité : bien que nommé d’après elle, cet hymne s’attarde peu sur Arshtat elle-même. Il célèbre surtout la gloire divine, khvarenah ou farr, gloire rayonnante de la tradition iranique. L’hymne porte son nom et est associé à son jour, mais son contenu traite principalement de cette gloire. Les chercheurs relèvent cette particularité, qui rappelle les relations parfois complexes entre les divinités et les hymnes portant leurs noms. La consécration d’un jour et d’un hymne traduit néanmoins sa place parmi les divinités honorées : yazata de la droiture célébrée dans le calendrier et la poésie sacrée, également honorée par sa proximité avec Rashnu et son rôle au jugement de l’âme.

Symboles et significations

Arshtat incarne avant tout le respect zoroastrien de la droiture et de la conduite juste : divinité de la rectitude, de l’intégrité et de l’honnêteté soutenant la vérité et le droit. Comme yazata de la droiture, elle représente la rectitude morale qui reste fidèle au vrai et agit équitablement.

Elle incarne aussi le lien étroit entre droiture et juste jugement, par sa proximité avec Rashnu et son rôle au jugement de l’âme, ainsi que la grande valeur accordée à l’intégrité et à la conduite honnête. Elle représente en cela l’ordre moral et la justice qui soutiennent la vérité. Arshtat compte parmi les divinités de l’ordre moral de la tradition religieuse iranique, incarnant rectitude, droiture, équité et défense du vrai. Elle est la yazata de la droiture et accompagne Rashnu dans son rôle de juge divin, soutenant la justice de l’ordre moral. Figure bienfaisante du patrimoine religieux que les Kurdes partagent avec les autres héritiers de la tradition iranique, elle est liée à la vérité, Asha Vahishta. Le respect de la droiture et de la conduite juste qu’elle incarne figure parmi les valeurs morales durables de cette tradition.

Arshtat et les Kurdes

Comme les autres divinités zoroastriennes, Arshtat appartient au patrimoine religieux et mythologique ancien commun aux peuples iraniques. En tant que peuple iranique, les Kurdes partagent cette tradition avec les Persans et d’autres peuples de cet univers culturel. Le respect de la droiture et de la conduite juste relève du profond héritage moral de toute la région.

Pour les Kurdes, l’ancienne estime iranique de la droiture, de l’intégrité et de la conduite juste, ainsi que la grande valeur accordée à l’honnêteté et à la fidélité au vrai, font partie de l’arrière-plan profond de leur monde culturel et moral. Les valeurs qu’incarne Arshtat sont des biens moraux universels et durables, susceptibles de résonner profondément pour tout peuple. Il est juste de la comprendre dans cet héritage iranique et zoroastrien partagé plutôt que comme une figure exclusivement kurde : elle relève de l’ancienne tradition religieuse commune aux peuples iraniques. Peuple iranique anciennement enraciné dans cet univers, les Kurdes partagent cet héritage, dont la divinité de la droiture fait partie, avec ses autres héritiers. Présenter Arshtat, c’est donc présenter une figure du patrimoine iranique ancien commun dont les Kurdes sont héritiers : la yazata de la rectitude et de l’équité, dont les valeurs d’intégrité et d’honnêteté comptent parmi les biens moraux les plus universels et les plus durables.

Débats et idées reçues

Arshtat est-elle une déesse indépendante ? Dans la conception zoroastrienne, elle est une yazata, l’un des êtres divins bienfaisants créés par le Dieu unique, Ahura Mazda, pour soutenir la bonne création, et digne de vénération à ce titre. Il convient de la comprendre comme une divinité au service du Dieu unique plutôt que comme une déesse indépendante, yazata de la droiture par laquelle le Seigneur Sage soutient la rectitude et la conduite juste de l’ordre moral. Cette conception préserve le caractère fondamentalement monothéiste de la foi : les yazatas sont les moyens par lesquels le Dieu unique agit et est honoré.

Arshtat est-elle Rashnu ? Bien qu’étroitement alliées et souvent nommées ensemble, ces deux divinités sont distinctes. Rashnu est le juge divin qui pèse les actes de l’âme sur la balance de la justice ; Arshtat est la divinité de la droiture, de la rectitude et de la conduite juste. Leur association est étroite, presque un duo, car droiture et jugement équitable vont de pair. Ils restent pourtant distincts : Arshtat est la rectitude et l’intégrité, Rashnu le juste jugement. Cette proximité traduit le lien profond entre droiture et justice, mais Arshtat est proprement la divinité de la droiture, distincte du juge Rashnu.

Pourquoi l’hymne qui porte son nom ne parle-t-il pas d’elle ? C’est une particularité intéressante de la tradition. Le dix-huitième Yasht porte le nom d’Arshtat et est associé à son jour, mais il célèbre principalement la gloire divine, khvarenah, plutôt qu’Arshtat elle-même. La raison n’en est pas entièrement claire ; les chercheurs relèvent cette curiosité, qui rappelle les relations parfois complexes entre les divinités et les hymnes portant leurs noms. Arshtat reste néanmoins honorée comme divinité de la droiture, présidant à son jour et nommée dans les invocations, même si l’hymne traite de la gloire divine.


  • Ahura Mazda : le Seigneur Sage qu’Arshtat sert

  • Rashnu : le juge divin, proche compagnon d’Arshtat

  • Mithra : le seigneur de l’alliance, invoqué avec Arshtat

  • Sraosha : la divinité de l’obéissance, au jugement de l’âme

  • Le pont de Chinvat : lieu du jugement de l’âme, gardé par ces divinités

  • Asha Vahishta : la vérité et le bon ordre auxquels la droiture reste fidèle

  • Le farr : la gloire divine, célébrée dans l’hymne nommé d’après Arshtat

  • Ashi : la yazata de la récompense, autre divinité de l’ordre moral


Questions fréquentes

Qui est Arshtat dans le zoroastrisme ?

Arshtat, appelée plus tard Ashtad, est la yazata, ou divinité, de la droiture, de la rectitude et de la justice dans la tradition zoroastrienne. Être divin bienfaisant créé par Ahura Mazda, elle personnifie l’intégrité, l’honnêteté et la conduite juste, présidant à la véracité et à la vertu. Proche compagne de Rashnu, le juge divin, elle est invoquée avec Mithra, Sraosha et Rashnu parmi les divinités présentes au jugement de l’âme.

Que signifie son nom ?

Arshtat signifie droiture, rectitude ou intégrité, d’une racine liée à ce qui est droit, juste et vrai. Son nom la désigne comme la divinité de la droiture fidèle à la vérité, personnification de la conduite juste et honnête. La rectitude qu’elle incarne est une intégrité morale vraie, honnête et équitable, opposée aux détours et à la tromperie du mensonge. La tradition ultérieure emploie la forme Ashtad.

Quel est son lien avec Rashnu ?

Arshtat est la proche compagne de Rashnu, le juge divin. Leur lien est si étroit qu’ils sont souvent nommés ensemble, presque comme un même duo. Cette association est juste, car droiture et jugement équitable vont de pair : la conduite intègre d’Arshtat et le jugement impartial de Rashnu sont deux aspects d’une même justice. Ensemble, ils soutiennent la justice et la rectitude de l’ordre moral, la droiture et la juste pesée des actes.

Quel rôle joue-t-elle au jugement de l’âme ?

Dans la vision zoroastrienne, l’âme arrive après la mort au pont de Chinvat, où ses actes sont pesés. Parmi les divinités qui assistent à ce jugement et le garantissent figurent Mithra, Sraosha, Rashnu et Arshtat, invoquée avec eux dans la liturgie pour l’âme. Divinité de la rectitude et de la conduite juste, elle y a toute sa place : la droiture et la justice qu’elle incarne s’appliquent à la pesée des actes de l’âme.

Pourquoi l’hymne qui porte son nom ne la mentionne-t-il pas ?

C’est une particularité de la tradition. Le dix-huitième Yasht porte le nom d’Arshtat et est associé à son jour, mais célèbre principalement la gloire divine, khvarenah, plutôt qu’Arshtat elle-même. La raison n’en est pas entièrement claire. Les chercheurs y voient une curiosité, rappel des relations parfois complexes entre les divinités et les hymnes portant leurs noms. Arshtat reste néanmoins honorée comme divinité de la droiture.

Arshtat est-elle une figure kurde ?

Arshtat relève du patrimoine religieux ancien zoroastrien et iranique partagé, tradition commune aux Kurdes, aux Persans et à d’autres peuples iraniques, plutôt que d’être une figure exclusivement kurde. Peuple iranique anciennement enraciné dans cet univers, les Kurdes partagent avec leurs voisins cet héritage dont la divinité de la droiture fait partie. Les valeurs d’intégrité et de conduite juste qu’elle incarne sont des biens moraux universels et durables.


Références et lectures complémentaires

Arshtat — Wikipédia

Ashtad Yasht — Wikipédia

Anges et yazatas zoroastriens — avesta.org

Rashnu et le jugement de l’âme : présentation générale

Kurdish-History.com : Rashnu

Kurdish-History.com : Mithra

Kurdish-History.com : le pont de Chinvat

Kurdish-History.com : Ahura Mazda