Grand royaume du Bronze récent centré sur le haut Khabour, le Mitanni est connu par lettres, traités et fouilles. Ces sources éclairent sa puissance sans résoudre toutes les questions de langue, de territoire ou d’ascendance.

Un royaume, plusieurs noms
Mitanni, également Mittani, apparaît aussi comme Hanigalbat ou Naharina. Le résumé de von Dassow situe sa formation à la fin du XVIe siècle av. J.-C. dans le haut Khabour, parmi des populations surtout hourritophones intégrant des immigrants venus d’au-delà du Zagros. Au XVe siècle, son empire s’étendit sur la Haute-Mésopotamie, la Syrie et l’Anatolie orientale, en concurrence avec l’Égypte. [1] Ces zones mouvantes ne sont pas les frontières d’un État national moderne.
La diplomatie des lettres d’Amarna
Dans EA 17, Tushratta appelle Amenhotep III son frère diplomatique, rappelle le mariage de sa sœur Kelu-Heba à la cour égyptienne et sollicite amitié et échanges d’émissaires. Il raconte la crise après le meurtre d’Artashumara et revendique une victoire sur des ennemis de Hatti. Ses dons comprennent chars, chevaux, bijoux et serviteurs captifs. [2] Il présente sa légitimité : ce n’est pas un rapport militaire indépendant ni une nationalité moderne attribuée à une reine.
Langue et dynastie
Hourrite, écriture diplomatique akkadienne et éléments indo-aryens sont des catégories distinctes. EA 17 est en akkadien. [2] Le résumé de von Dassow examine le rôle attribué aux locuteurs indo-aryens et aux chars, sans fournir un recensement ni établir une caste ethnique uniforme. [1] Windfuhr distingue le hourro-ourartéen des langues indo-européennes et met en garde contre les généalogies linguistiques tirées de tableaux génétiques. Le kurde est iranien ; une ressemblance grammaticale ou toponymique ne transforme pas le hourrite en ancien kurde. [6]
Traités et perte progressive de puissance
Le catalogue hittite distingue les compositions Šuppiluliuma–Šattiwaza, CTH 51–52, avec témoins akkadiens et hittites. [3] Plus tard, Adad-nirari Ier dit avoir capturé Shattuara, l’avoir renvoyé sous serment et reçu son tribut. Son fils Wasashatta apparaît comme rebelle cherchant une aide hittite. [4] Ce récit royal assyrien montre pourquoi une destruction unique et précisément datée vers 1300 av. J.-C. simplifierait excessivement la fin du royaume.
Kemune et des archives postérieures
L’équipe Qasim–Puljiz–Pfälzner fouilla Kemune en janvier–février 2022 après la baisse du réservoir de Mossoul. Le rapport universitaire propose prudemment Zakhiku. Au palais documenté en 2018 s’ajoutèrent fortifications, entrepôt et complexe industriel. Cinq récipients contenaient plus de 100 tablettes médio-assyriennes postérieures à la destruction des bâtiments mitanniens. Bâches et gravier protégèrent les vestiges avant la remontée des eaux. [5] Cet ensemble n’est donc pas simplement une correspondance royale mitannienne.
Patrimoine régional et ascendance
Le Mitanni appartient à l’histoire des lieux où vivent aujourd’hui Kurdes et autres communautés. Ce lien ne nécessite pas une dynastie nationale ininterrompue. Windfuhr souligne les rapports complexes entre langue, ethnicité, culture et génétique. [6] Ces sources n’établissent ni pourcentages hourrites des noms de clans kurdes, ni ascendance génétique exclusive, ni filiation documentée entre divinités mitanniennes et religions actuelles. Contexte archéologique, textes identifiables et linguistique historique offrent une base plus solide.
Sources et lectures complémentaires
- Eva von Dassow, “Mittani and Its Empire”, The Oxford History of the Ancient Near East III (2022), pp. 455–528, DOI 10.1093/oso/9780190687601.003.0029; published chapter abstract consulted.
- Amarna letter EA 17, BM 29792, lines 1–54; K. C. Hanson, transliteration and adapted translation after Mercer and Moran, with source notes.
- Hethitologie Portal Mainz, Catalogue of Hittite Texts, CTH 51–52: paired Suppiluliuma–Shattiwaza treaties and language witnesses.
- Adad-narari I 03, RIMA 1 A.0.76.3, especially lines 4–34; A. Kirk Grayson (1987), digital edition adapted by Jamie Novotny and Nathan Morello, ORACC/RIAo.
- University of Freiburg, “A 3400-year-old city emerges from the Tigris River”, 30 May 2022; joint excavation report, building phases, later tablet archive and conservation.
- Gernot L. Windfuhr, “Iran vii. Non-Iranian Languages (1): Overview”, Encyclopaedia Iranica XIII/4 (2006; updated 2018), pp. 377–386; language classification and cautions on genes, languages and ethnicity.