Fils de Tushratta, Shattiwaza retrouva la royauté avec un soutien hittite au XIVe siècle avant notre ère. Les récits du traité lient fuite, mariage et frontières à un royaume réduit.

Une restauration conditionnelle
Shattiwaza était fils de Tushratta et reçut l’aide de Suppiluliuma Ier après une crise dynastique. Son cadre est la fin du XIVe siècle avant notre ère ; jour d’accession et histoire complète du règne manquent. L’accord rétablit sa royauté en la liant au Hatti. [1] Un royaume réduit émergeait de la perte de puissance impériale, plutôt qu’une pleine indépendance maintenue. [5]
Deux récits fragmentaires
Le Hethitologie Portal distingue CTH 51, traité de Suppiluliuma avec Shattiwaza, et CTH 52, récit correspondant de Shattiwaza. Les deux possèdent des témoins akkadiens et hittites ; les concordances recensent fragments et raccords. [2] La traduction de Luckenbill de 1921 emploie Mattiuaza. L’auteur la présente comme provisoire et marque les restitutions et incertitudes. [1] Il faut distinguer texte antique et reconstruction éditoriale.
La fuite et la protection
Shattiwaza accuse Shuttarna, fils d’Artatama, d’avoir dilapidé les richesses royales et favorisé l’Assyrie. Ce sont les accusations d’un prétendant. Le prince décrit sa fuite et son arrivée auprès de Suppiluliuma avec trois chars et peu de compagnons. Le roi l’accueille et promet son rétablissement. [1] Secours et dépendance justifient ensemble sa légitimité, sans livrer une enfance détaillée ni ses pensées privées.
Mariage et frontières
Une princesse hittite devait être reine et ses enfants avec Shattiwaza recevoir les droits successoraux. D’autres épouses ne devaient pas l’évincer. Le récit militaire associe le prince à Piyassili de Carchemish dans l’avance contre Irrite. Des territoires de l’Euphrate restaient à Piyassili. [1] [3] Parenté, force et frontières se combinent : garder le titre royal ne rétablit pas toutes les dépendances. Témoins divins et sanctions renforcent les obligations, sans constituer un verdict historique impartial.
Le Mitanni après lui
Shattiwaza n’était pas le dernier roi connu de cette tradition politique. Une inscription ultérieure d’Adad-nirari Ier nomme Shattuara de Hanigalbat et raconte sa soumission, puis présente son fils Uasashatta/Wasashatta et un autre conflit. Ce sont des affirmations royales assyriennes. [4] Von Dassow décrit la continuation de Hanigalbat jusqu’au XIIIe siècle avant notre ère. [5] Le traité s’inscrit dans des tutelles changeantes, pas dans une conversion immédiate en province hittite unique.
Langue et patrimoine régional
Von Dassow situe le royaume en Mésopotamie septentrionale, Syrie et Anatolie orientale, parmi des populations locales majoritairement hourritophones. [5] Windfuhr distingue le hourro-ourartéen non indo-européen des langues iraniennes et souligne les rapports complexes entre langue, ethnicité et culture. [6] Les lecteurs kurdes peuvent étudier cette histoire régionale sans faire d’une ressemblance entre Washukanni et un mot kurde actuel la preuve d’une ascendance nationale directe.
Sources et lectures complémentaires
- D. D. Luckenbill, “Hittite Treaties and Letters”, American Journal of Semitic Languages and Literatures 37/3 (1921), pp. 161–176: early translation of KBo I 1–3, with provisional readings and older name forms.
- Hethitologie Portal Mainz, Catalogue of Hittite Texts, CTH 51–52, and linked tablet concordances: paired compositions, languages and fragments.
- Suppiluliuma–Shattiwaza treaty excerpts, after Gary Beckman, Hittite Diplomatic Texts, texts 6A–6B: Piyassili, Irrite and territorial clauses.
- Adad-narari I 03, RIMA 1 A.0.76.3, lines 4–34; A. Kirk Grayson (1987), digital edition adapted by Jamie Novotny and Nathan Morello, ORACC/RIAo: Shattuara and Wasashatta.
- Eva von Dassow, “Mittani and Its Empire”, The Oxford History of the Ancient Near East III (2022), pp. 455–528, DOI 10.1093/oso/9780190687601.003.0029; published abstract used for geographical and chronological context.
- Gernot L. Windfuhr, “Iran vii. Non-Iranian Languages (1): Overview”, Encyclopaedia Iranica XIII/4 (2006; updated 2018), pp. 377–386: language classifications and ethnicity.