Qanatê Kurdo, également publié sous le nom de Kanat Kalachevitch Kurdoev (1909–1985), était un linguiste kurde installé à Leningrad. Ses travaux comprennent grammaires, dictionnaires kurde–russe, histoire littéraire et éditions de textes.

De Kars à Leningrad
Joyce Blau situe sa naissance en 1909 près de Kağızman, dans la région de Kars alors sous domination russe. Sa famille fuit vers l’Arménie en 1918 puis gagne Tbilissi, où une école kurde ouvre son parcours éducatif. Il reçoit une bourse pour Leningrad en 1928. [1] Sa jeunesse relie déplacements caucasiens et développement des institutions éducatives soviétiques.
Une carrière à Leningrad
L’Institut des manuscrits orientaux documente son emploi à la branche de Leningrad de l’Institut d’études orientales de 1950 à sa mort, le 31 octobre 1985. Il dirige le groupe de recherche kurde dès le début des années 1960. [2] Leningrad constitue son centre professionnel, avec des liens importants vers les écoles arméniennes et les réseaux kurdes. Enseignement, encadrement et collaborations accompagnent ses publications.
Des grammaires identifiables
La Bibliothèque d’État de Russie catalogue sa Grammaire de la langue kurde (kurmandji) : phonétique et morphologie, publiée à Moscou et Leningrad en 1957, en 343 pages. [3] Blau mentionne aussi une courte grammaire scolaire de 1949 pour Erevan et celle de 1978 fondée sur kurmandji et sorani. [1] Ces ouvrages relient enseignement scolaire et recherche linguistique spécialisée.
Deux dictionnaires distincts
Le dictionnaire kurde–russe de 1960 comprend environ 34 000 mots et un abrégé grammatical ; le catalogue indique 890 pages. [4] Celui de sorani–russe de 1983 est cosigné avec Zarê A. Yusupova : quelque 25 000 mots en 752 pages, couvrant les usages littéraires, quotidiens, professionnels et ethnographiques. [5] Les distinguer éclaire la diversité linguistique et la collaboration scientifique.
Littérature, manuscrits et étudiants
Blau cite les deux volumes de Tarixa Edebyeta Kurdi, Stockholm 1983 et 1985, et la formation d’étudiants venus d’Irak et de Syrie. [1] En 1986 paraît à titre posthume une édition de la traduction kurmandji du Sharafnama par Mela Mahmud Bayazidi, établie par Kurdoev et Zh. S. Musaelyan. Bayazidi est le traducteur ; Kurdoev intervient comme éditeur du texte. [6] Ce parcours réunit ouvrages linguistiques, histoire littéraire, manuscrits et enseignement.
Sources et lectures complémentaires
- Joyce Blau, “Kurdoev, Qenatê”, Encyclopaedia Iranica, 2006, updated 2010; biography and selected works.
- Institute of Oriental Manuscripts, Russian Academy of Sciences: Kanat Kalashevich Kurdoev, institutional biography and publications.
- Russian State Library, catalogue record: K. K. Kurdoev, Grammar of the Kurdish Language (Kurmanji): Phonetics and Morphology, 1957.
- Russian State Library, catalogue record: K. K. Kurdoev, Kurdish–Russian Dictionary, approximately 34,000 words, 1960.
- Institute of Oriental Manuscripts, publication record: K. K. Kurdoev and Z. A. Yusupova, Sorani–Russian Dictionary, 1983.
- Institute of Oriental Manuscripts, publication record: Mela Mahmud Bayazidi, Tawarikh-i qadim-i Kurdistan, volume I; text edited by K. K. Kurdoev and Zh. S. Musaelyan, 1986.