Introduction
À l’origine de la grande famille sainte du yézidisme se trouve un prince. Ezdina Mir, en kurde Ezdine Mir, était le souverain des Yézidis au douzième siècle, à l’époque qui précéda la venue du grand saint Sheikh Adi, et il est honoré comme le père des quatre saints dont descendent les cheikhs shemsani, l’une des grandes lignées sacerdotales de cette foi. De sa maison sont issus les saints frères du Soleil et de la Lune, et de sa lignée provient encore aujourd’hui la direction spirituelle des Yézidis.
Ezdina Mir appartient à un moment décisif de l’histoire sacrée yézidie : la rencontre de l’ancienne foi des Kurdes avec la figure de Sheikh Adi, dont l’arrivée dans la vallée sainte de Lalish remodela et refonda la religion. Prince qui régnait avant cette venue et homme qui épousa la propre fille de Sheikh Adi, Ezdina Mir est à la charnière de deux âges, le pont qui relie l’ancienne tradition yézidie à la sainteté nouvelle apportée par Sheikh Adi. En lui se nouent l’ancien et le renouveau.
Son histoire ne tient pas à un seul acte spectaculaire, mais à une fondation : l’importance discrète et immense d’un ancêtre dont procèdent des lignées entières de saints et de cheikhs. Comprendre Ezdina Mir, c’est comprendre la structure même des familles saintes yézidies et entrevoir l’ancienneté d’une foi dont les racines, au-delà de son grand refondateur, plongent dans un monde plus ancien encore.
Sommaire
Le dernier prince avant Sheikh Adi
Références et lectures complémentaires
Qui était Ezdina Mir ?
Ezdina Mir, en kurde Ezdine Mir, où Mir signifie prince, était un souverain yézidi et une figure sainte du douzième siècle, dont le souvenir est celui du prince qui gouvernait les Yézidis avant l’arrivée de Sheikh Adi à Lalish. Il était le père des quatre saints, Sheikh Shems, Sheikh Fakhradin, Sheikh Nasirdin et Sheikh Sicadin, qui devinrent les patriarches des lignées de cheikhs shemsani, faisant d’Ezdina Mir l’ancêtre de tous les cheikhs shemsani. Selon la tradition, il épousa Sitiya Zin, fille de Sheikh Adi, et son mausolée figure parmi les sanctuaires les plus sacrés de Lalish.
Le dernier prince avant Sheikh Adi
Ezdina Mir vécut au douzième siècle, à la fin de l’époque abbasside, et reste dans les mémoires comme un prince éminent qui régnait sur les Yézidis. Dans l’histoire sacrée de cette foi, il occupe une place particulière et importante : c’est le souverain qui régnait juste avant la venue de Sheikh Adi ibn Musafir, le grand mystique et saint dont l’installation à Lalish allait remodeler la religion yézidie et lui donner une grande part de sa forme classique. Ezdina Mir est, en d’autres termes, le prince de l’ordre ancien, le chef des Yézidis tels qu’ils étaient avant cette grande refondation.
Selon la tradition orale yézidie, lorsque Sheikh Adi arriva pour la première fois dans la vallée sainte de Lalish, il rencontra Ezdina Mir, le prince qui régnait alors sur la communauté. Cette rencontre entre le saint nouvellement arrivé et le souverain établi revêt une profonde signification dans le récit yézidi, car elle marque le moment où l’ancienne tradition et la sainteté nouvelle se trouvèrent face à face. Il s’ensuivit une union plutôt qu’un conflit : les deux lignées, princière et sainte, furent réunies, et de cette jonction découla une grande part de l’ordre sacré de la foi tel qu’il existe aujourd’hui.
Points essentiels
Ezdina Mir était le prince yézidi qui régnait avant l’arrivée de Sheikh Adi.
Il était le père des quatre saints de la lignée shemsani.
Parmi ses fils figuraient Sheikh Shems, le Soleil, et Sheikh Fakhradin, la Lune.
Il épousa Sitiya Zin, fille de Sheikh Adi.
Il est l’ancêtre de tous les cheikhs shemsani du yézidisme.
Son mausolée figure parmi les sanctuaires les plus sacrés de Lalish.
En bref
Nom : Ezdina Mir (en kurde : Ezdine Mir) ; Mir signifie prince
Époque : Le 12e siècle, à la fin de l’ère abbasside
Nature : Un prince yézidi et une figure sainte
Rôle : Le souverain yézidi avant l’arrivée de Sheikh Adi
Enfants : Les quatre saints shemsani : Sheikh Shems, Fakhradin, Nasirdin et Sicadin
Épouses : Sitiya Zin, fille de Sheikh Adi, et Sitiya Ereb
Importance : L’ancêtre de tous les cheikhs shemsani
Sa lignée : Des Shemsani est issu le Baba Sheikh, le chef spirituel
Sanctuaire : Son mausolée se dresse à Lalish, à côté de celui de Sheikh Adi
Tradition : Il aurait rencontré Sheikh Adi lors de son arrivée à Lalish
Père des quatre saints
L’importance durable d’Ezdina Mir tient avant tout à ses enfants. Il était le père de quatre fils qui comptèrent parmi les saints les plus vénérés du yézidisme : Sheikh Shems, personnification du Soleil ; Sheikh Fakhradin, personnification de la Lune et poète des hymnes sacrés ; Sheikh Nasirdin ; et Sheikh Sicadin. Ces quatre saints sont les ancêtres et les patriarches des quatre branches de la lignée de cheikhs shemsani et passent, dans la croyance yézidie, pour des incarnations terrestres des êtres angéliques.
Qu’un seul père soit à l’origine de tant de grands saints de cette foi est au cœur de l’importance d’Ezdina Mir. Par ses fils, sa maison devint la source de l’une des trois grandes lignées sacerdotales du yézidisme, et les qualités saintes associées au Soleil et à la Lune, à la poésie sacrée et à la protection divine découlent toutes de sa lignée. Il est, au sens le plus littéral, le père de saints, et l’arbre généalogique des cheikhs shemsani prend racine en lui.
Le mariage avec Sitiya Zin
L’un des faits les plus importants concernant Ezdina Mir est le mariage qui le lia à la plus sainte de toutes les figures yézidies. Il se maria deux fois, et sa première épouse fut Sitiya Zin, dont le nom signifie la noble dame Zin et qui est elle-même vénérée comme une importante sainte yézidie. Sitiya Zin était, selon la tradition yézidie, la fille de Sheikh Adi en personne. Sa seconde épouse fut Sitiya Ereb.
Ce mariage revêt une profonde signification, car il fait des deux fils les plus éminents d’Ezdina Mir, Sheikh Shems et Sheikh Fakhradin, enfants de Sitiya Zin, les petits-fils de Sheikh Adi par leur mère. La lignée princière d’Ezdina Mir et la lignée sainte de Sheikh Adi se trouvaient ainsi réunies dans une seule famille, et les saints du Soleil et de la Lune portaient dans leur sang à la fois l’ancienne royauté des Yézidis et la sainteté du grand refondateur de leur foi. L’alliance matrimoniale devint celle de l’ordre sacré lui-même.
La rencontre de deux mondes
La rencontre entre Ezdina Mir et Sheikh Adi est, en un sens, celle de deux mondes, et elle est au cœur de la manière dont la tradition yézidie comprend sa propre histoire. D’un côté se tenait Ezdina Mir, prince de la communauté yézidie existante, héritier d’une foi ancienne dont les racines plongent loin dans l’univers religieux de la région. De l’autre se tenait Sheikh Adi, le grand mystique et réformateur qui vint à Lalish et autour duquel la religion prit sa forme classique. La figure d’Ezdina Mir et son alliance matrimoniale réunissent ces deux mondes.
Cette union explique l’importance d’Ezdina Mir dans la structure de la foi. Il représente la continuité de l’ancienne tradition yézidie dans le monde refaçonné par Sheikh Adi, et l’union de sa maison princière avec la famille sainte de Sheikh Adi assura que l’ancien et le renouveau ne seraient pas rivaux, mais ne feraient qu’un. La religion yézidie qui en émergea fut donc, au sens tout à fait littéral, un mariage entre des racines anciennes et une floraison nouvelle, et Ezdina Mir se situe au point précis de cette union. Il est l’ancêtre en qui se préserve la profonde ancienneté de la tradition.
L’ancêtre des Shemsani
De longue tradition, la société religieuse yézidie s’organise selon une structure de castes, établie pour unir la communauté et préserver son ordre. Parmi elles, les cheikhs sacerdotaux sont divisés en trois grands groupes, chacun faisant remonter son ascendance à un ancêtre saint différent : les Shemsani, qui descendent d’Ezdina Mir ; les Adani, qui descendent de Sheikh Hasan ; et les Qatani, qui descendent de la lignée de Sheikh Adi. Chacun de ces groupes porte des responsabilités particulières dans la vie religieuse de la communauté.
Ezdina Mir est l’ancêtre des Shemsani, ce qui lui confère une place vivante et centrale dans la foi. C’est en effet de la lignée shemsani qu’est issu le Baba Sheikh, chef spirituel de tous les Yézidis et plus haute autorité religieuse de la communauté. La lignée commencée avec Ezdina Mir continue donc de donner à cette foi son chef spirituel ; son importance relève ainsi autant de la direction actuelle de la religion que de la généalogie ancienne. Remonter aux racines des Shemsani, c’est parvenir à Ezdina Mir, le prince dont ils descendent tous.
La lignée du Soleil
Le nom de la lignée shemsani, descendante d’Ezdina Mir, est lui-même révélateur, car il est lié au Soleil, incarné par son fils Sheikh Shems, dont le nom signifie le Soleil. De nombreux chercheurs considèrent les Shemsani comme les représentants d’une strate particulièrement ancienne de la tradition yézidie, associée à la vénération du soleil et de la lumière, si centrale dans cette foi : une strate qui pourrait remonter à l’univers religieux plus ancien de la région, avant l’époque de Sheikh Adi.
Si cette interprétation est juste, Ezdina Mir et sa lignée préservent quelque chose de très ancien : le cœur solaire et lumineux de l’ancienne tradition yézidie, la vénération du Soleil vers lequel les fidèles se tournent encore pour prier et qui est honoré parmi les Sept Êtres divins et dans les grands sanctuaires de Lalish. Dans cette perspective, Ezdina Mir est à la fois le père de saints particuliers et le gardien ancestral de l’un des courants les plus profonds et les plus anciens de la foi, la lignée du Soleil, transmise depuis un monde d’une grande antiquité jusqu’à la religion vivante d’aujourd’hui.
Son sanctuaire à Lalish
L’honneur rendu à Ezdina Mir s’inscrit dans la géographie sacrée de Lalish elle-même, la vallée sainte qui est le centre spirituel du monde yézidi. Son mausolée se dresse parmi les monuments les plus sacrés du sanctuaire, près de la tombe de Sheikh Adi, point central de tout pèlerinage yézidi. Le sanctuaire de Sheikh Adi est flanqué à l’ouest de la Source blanche sacrée et des mausolées d’Ezdina Mir et de son fils Sheikh Shems : le prince repose ainsi au cœur même du lieu le plus saint de sa foi.
Tout près, sur une colline, se dresse le mausolée de Sheikh Shems, où les Yézidis vénèrent le Soleil divin et où, selon leur croyance, les premiers rayons du soleil levant tombent sur la coupole conique. La présence des tombes d’Ezdina Mir et de son fils lumineux près du sanctuaire de Sheikh Adi place toute cette famille sainte au centre de Lalish et fait du sanctuaire du prince une étape sur le chemin de chaque pèlerin. Dans l’architecture de la vallée sainte, la place fondatrice d’Ezdina Mir devient visible dans la pierre.
Une lignée vivante
La lignée d’Ezdina Mir ne s’est pas éteinte dans un lointain passé : elle demeure vigoureuse et centrale jusqu’à nos jours. Parmi ses petits-enfants figuraient certains des saints les plus aimés de cette foi, notamment Sheikh Mend, le saint seigneur des serpents, et Khatuna Fexra, protectrice de l’enfantement, tous deux enfants de son fils Sheikh Fakhradin. Par de tels descendants, l’influence de sa maison s’étendit à tout le monde yézidi, veillant sur de nombreuses sphères de la vie et de la foi.
Et les cheikhs shemsani qui descendent de lui restent, aujourd’hui encore, l’un des piliers de la société religieuse yézidie, donnant à la communauté sa direction spirituelle en la personne du Baba Sheikh. Ezdina Mir compte ainsi parmi les ancêtres les plus vivants : il est la racine de familles et de fonctions qui perdurent et s’exercent dans la vie religieuse actuelle des Yézidis, bien au-delà d’une figure reléguée à la légende. Le prince qui régnait au douzième siècle demeure présent dans les lignées qui perpétuent sa descendance et dans la direction spirituelle qui en est issue.
Symbolisme et signification
La figure d’Ezdina Mir réunit plusieurs niveaux de sens. Il est le trait d’union de l’histoire sacrée yézidie, le prince en qui se rejoignent l’ancienne tradition et l’œuvre de refondation de Sheikh Adi, et il incarne donc la continuité de la foi à travers l’un de ses grands tournants. Il est le père de saints, l’ancêtre dont découle toute une lignée de figures saintes ; il incarne ainsi la conception yézidie selon laquelle la sainteté se transmet au sein de familles sacrées, de génération en génération.
Avant tout, en tant qu’ancêtre des Shemsani, la lignée du Soleil, Ezdina Mir incarne l’ancienneté et l’enracinement de la religion yézidie, son prolongement vers un monde antérieur à son grand refondateur et sa préservation d’une ancienne vénération de la lumière. Il est le fondement discret sous les saints plus célèbres, la racine moins célébrée que la fleur, mais sans laquelle celle-ci ne pourrait exister. Honorer Ezdina Mir, c’est honorer les profondes racines de la foi et le principe même de la continuité sacrée.
Ezdina Mir et les Kurdes
Ezdina Mir occupe une place honorée dans le patrimoine des Kurdes, et surtout parmi les Yézidis, fidèles de l’une des religions les plus anciennes du monde kurde. Prince qui régnait avant Sheikh Adi, père des quatre saints shemsani et ancêtre de la lignée dont est issue la direction spirituelle des Yézidis, il est intimement lié aux fondements mêmes de la foi et de son ordre sacré.
Pour une communauté qui a préservé son identité et sa foi à travers de longs siècles d’épreuves, les ancêtres fondateurs des familles saintes sont des figures de grande importance, qui ancrent le présent dans un passé ancien et digne. Ezdina Mir relie les Yézidis d’aujourd’hui aux profondes racines de leur tradition, au monde antérieur à la venue de Sheikh Adi et à celui qui l’entoura, ainsi qu’à l’ancienneté d’une religion qui plonge dans les strates les plus anciennes de la vie spirituelle régionale. Se souvenir de lui, c’est se souvenir de l’ancienneté et de l’enracinement véritables du patrimoine yézidi.
Débats et idées reçues
Ezdina Mir était-il un saint, un prince ou un personnage historique ? Dans la conception yézidie, il est à la fois un prince et un ancêtre saint, sans contradiction entre les deux. La tradition sacrée le présente comme le souverain des Yézidis et le père des saints shemsani, tandis que Sheikh Adi, qu’il aurait rencontré, est un mystique historique du douzième siècle dont l’existence est documentée. Comme si souvent dans l’histoire sacrée yézidie, mémoire traditionnelle et faits historiques s’entrelacent, et Ezdina Mir se comprend surtout comme un ancêtre fondateur de cette foi, dont le souvenir se transmet par sa tradition sacrée.
Que nous apprend sa place à la tête des Shemsani ? De nombreux chercheurs voient dans la lignée shemsani qui descend de lui une strate particulièrement ancienne de la tradition yézidie, liée à la vénération du Soleil et antérieure à l’œuvre de refondation de Sheikh Adi. Selon cette interprétation, l’union de la lignée princière d’Ezdina Mir avec la famille sainte de Sheikh Adi représente la jonction entre une strate plus ancienne de la foi et la forme nouvelle que Sheikh Adi lui donna. Il s’agit d’une interprétation savante aux côtés de la tradition yézidie, présentée comme telle, mais elle éclaire l’importance d’Ezdina Mir.
À quel point les détails de sa vie sont-ils certains ? Comme pour la plupart des figures de cette époque lointaine, et puisque la tradition yézidie s’est longtemps transmise oralement et a subi de lourdes pertes au cours de siècles de persécution, beaucoup d’éléments ne sont connus que par la tradition sacrée et restent approximatifs. Les dates se situent au douzième siècle, et la généalogie relève de la tradition religieuse plutôt que de la preuve documentaire. Le plus honnête est d’accueillir ces récits comme les traditions chéries d’une foi vivante, tout en reconnaissant le solide ancrage historique de l’époque de Sheikh Adi dans laquelle la tradition le situe.
Sujets connexes
Sheikh Adi : le grand saint venu à Lalish et dont Ezdina Mir épousa la fille
Sheikh Shems : le saint du Soleil, fils d’Ezdina Mir et de Sitiya Zin
Sheikh Fakhradin : le saint de la Lune et poète des qewls, fils d’Ezdina Mir
Sheikh Mend : le Seigneur des serpents, petit-fils d’Ezdina Mir par Fakhradin
Lalish : la vallée sainte où se dresse le mausolée d’Ezdina Mir
Les Sept Anges : les Sept Êtres divins incarnés dans les saints de la lignée d’Ezdina Mir
Questions fréquentes
Qui était Ezdina Mir ?
Ezdina Mir, en kurde Ezdine Mir, était un prince yézidi et une figure sainte du douzième siècle, dont le souvenir est celui du souverain qui gouvernait les Yézidis avant l’arrivée de Sheikh Adi à Lalish. Il était le père des quatre saints de la lignée shemsani, l’époux de Sitiya Zin, fille de Sheikh Adi, et l’ancêtre de tous les cheikhs shemsani.
Pourquoi Ezdina Mir est-il important dans le yézidisme ?
Il est important en tant qu’ancêtre fondateur de cette foi. Il était le père des quatre saints shemsani, dont Sheikh Shems et Sheikh Fakhradin, et il est l’ancêtre de la lignée des cheikhs shemsani, d’où est issu le Baba Sheikh, chef spirituel de tous les Yézidis. Il représente aussi le lien entre l’ancienne tradition yézidie et l’œuvre de refondation de Sheikh Adi.
Qui étaient les enfants d’Ezdina Mir ?
Ezdina Mir était le père de quatre fils qui devinrent de grands saints : Sheikh Shems, personnification du Soleil ; Sheikh Fakhradin, personnification de la Lune et poète des hymnes sacrés ; Sheikh Nasirdin ; et Sheikh Sicadin. Ces quatre saints sont les patriarches des quatre branches de la lignée des cheikhs shemsani, et Sheikh Shems et Sheikh Fakhradin étaient les enfants de son épouse Sitiya Zin.
Quel était le lien d’Ezdina Mir avec Sheikh Adi ?
Selon la tradition yézidie, Ezdina Mir épousa Sitiya Zin, fille de Sheikh Adi, ce qui faisait de ses deux fils les plus éminents les petits-fils de Sheikh Adi. Il aurait aussi rencontré Sheikh Adi lorsque le saint vint pour la première fois à Lalish. Le mariage unissait l’ancienne lignée princière des Yézidis à la lignée sainte de Sheikh Adi, reliant la vieille tradition au grand refondateur de la foi.
Qu’est-ce que la lignée shemsani ?
Les Shemsani sont l’une des trois lignées de cheikhs sacerdotaux du yézidisme, descendants des quatre fils d’Ezdina Mir ; les deux autres sont les Adani et les Qatani. Leur nom est lié au Soleil, incarné par Sheikh Shems, et les chercheurs voient souvent dans les Shemsani les représentants d’une strate particulièrement ancienne de la foi. Des Shemsani est issu le Baba Sheikh, chef spirituel des Yézidis.
Où Ezdina Mir est-il enterré ?
Son mausolée se dresse à Lalish, la vallée sainte qui est le centre spirituel du yézidisme, parmi ses monuments les plus sacrés. Le sanctuaire de Sheikh Adi est flanqué à l’ouest de la Source blanche sacrée et des mausolées d’Ezdina Mir et de son fils Sheikh Shems, plaçant le sanctuaire du prince au cœur même du lieu le plus saint de sa foi, sur le chemin de chaque pèlerin.
Références et lectures complémentaires
L’organisation sociale yézidie – Wikipédia
La société – Yazidi Cultural Heritage
Le centre spirituel de Lalish et le mausolée de Sheikh Adi – Mesopotamia Heritage
