Introduction

Dans une religion qui, pendant la majeure partie de son histoire, conserva ses textes sacrés dans la mémoire vivante de ses récitants plutôt que dans les livres, une figure sainte se distingue comme patron de l’écrit. Cheikh Hasan, en kurde Sex Hesen, également appelé Sexisin, est vénéré dans le yézidisme comme le Maître de la Plume, saint gardien de l’écriture, des livres et du savoir, et comme l’un des Sept Êtres divins auxquels Dieu confia le soin du monde. Ses descendants, les cheikhs Adani, étaient traditionnellement les seuls membres de la société yézidie autorisés à lire et à écrire, dépositaires de l’art rare et sacré des lettres.

Cheikh Hasan fut aussi un personnage historique, chef de la communauté yézidie au turbulent treizième siècle, de la lignée du grand saint Cheikh Adi. Sous la direction de Hasan, cette foi franchit une étape importante vers la religion distincte qu’elle est aujourd’hui. En lui, comme si souvent dans le yézidisme, le sacré et l’historique sont liés : l’éternel Maître de la Plume et un chef mortel qui vécut, dirigea et laissa une descendance toujours présente.

Son histoire ouvre une nouvelle branche de la grande famille de la sainteté yézidie : là où les saints du Soleil et de la Lune appartiennent à une lignée sacerdotale, cheikh Hasan est l’ancêtre d’une autre et le patron d’un don différent et précieux, l’écrit, le savoir et la plume. Le découvrir, c’est comprendre comment les Yézidis honoraient l’instruction et les lettres et entrevoir la structure riche et complexe de leur monde sacré.


Sommaire

Qui était cheikh Hasan ?

Le Maître de la Plume

L’essentiel

Repères

La caste lettrée

Un chef historique

La réaffirmation de l’ancienne foi

De la lignée de cheikh Adi

Les trois lignées de cheikhs

La plume et la parole

Sharafedin et les Mongols

Symboles et sens

Cheikh Hasan et les Kurdes

Débats et idées reçues

Sujets connexes

Questions fréquentes

Références et lectures complémentaires


Qui était cheikh Hasan ?

Cheikh Hasan, en kurde Sex Hesen ou Sexisin, mort en 1254, est une figure sainte et historique yézidie, vénérée comme l’incarnation terrestre de Melik Sexsin, l’un des Sept Êtres divins, et honorée comme le Maître de la Plume, patron de l’écriture et des livres. Chef de la communauté yézidie au treizième siècle, de la lignée de cheikh Adi, il est l’ancêtre des cheikhs Adani, lignée qui détenait traditionnellement le privilège exclusif de la lecture et de l’écriture. Il compte parmi les figures fondatrices de cette foi.

Le Maître de la Plume

Cheikh Hasan est vénéré comme la manifestation terrestre de Melik Sexsin, l’un des Sept Êtres divins du yézidisme, grandes émanations angéliques du Dieu unique auxquelles, selon la croyance yézidie, fut confié le monde sous la direction de l’Ange Paon. Chacun des Sept est associé à des domaines et à des symboles particuliers ; celui de Melik Sexsin est l’un des plus singuliers : il est le saint patron de la Plume.

Cheikh Hasan porte ainsi le titre de Xudane Qeleme, le Maître de la Plume, et se trouve associé à l’écriture, aux livres, au savoir et à l’instruction. Dans l’univers symbolique du yézidisme, où le soleil, la lune, le feu et le serpent ont chacun leurs saints gardiens, il est le gardien de l’écrit, le saint sous la protection duquel se placent toutes les lettres et tout savoir. C’est une fonction de grande dignité, qui le désigne comme le saint patron de l’un des arts les plus précieux de l’humanité.

L’essentiel

  • Cheikh Hasan est vénéré comme le Maître de la Plume yézidi, patron de l’écriture et des livres.

  • Il est l’incarnation terrestre de Melik Sexsin, l’un des Sept Êtres divins.

  • Chef historique de la communauté yézidie, il mourut en 1254.

  • Il appartenait à la lignée du grand saint cheikh Adi ibn Musafir.

  • Il est l’ancêtre des cheikhs Adani, caste traditionnellement lettrée.

  • Son fils Sharafedin lui succéda et mourut en combattant les Mongols en 1258.

Repères

  • Nom : Cheikh Hasan ; en kurde Sex Hesen, Sexisin

  • Mort : 1254

  • Nature : Figure sainte et historique yézidie, chef religieux

  • Identité sacrée : Incarnation terrestre de Melik Sexsin, l’un des Sept

  • Titre : Xudane Qeleme, le Maître de la Plume, patron de l’écriture et des livres

  • Lignée : Ancêtre des cheikhs Adani, caste traditionnellement lettrée

  • Ascendance : De la lignée de cheikh Adi ibn Musafir, fondateur de l’Adawiyya

  • Fils : Sharafedin, ou Serefedin, mort en combattant les Mongols en 1258

  • Époque : Fin de l’époque abbasside et temps des invasions mongoles

  • Vénération : Honoré parmi les figures saintes de Lalish

La caste lettrée

La conséquence la plus remarquable du rôle de cheikh Hasan comme Maître de la Plume se trouve dans sa descendance. Les cheikhs Adani, qui font remonter leur lignée à lui, étaient traditionnellement le seul groupe de toute la société yézidie à détenir le privilège d’acquérir l’art de lire et d’écrire. Dans une foi qui conservait ses hymnes et enseignements sacrés principalement par la parole transmise et mémorisée, les Adani étaient les dépositaires de la lecture et de l’écriture, les gardiens de la lettre écrite.

Cette organisation est frappante et belle. Elle signifie que l’art rare et puissant de l’écriture était confié comme un dépôt sacré à une seule lignée sainte, celle des descendants du saint patron de la Plume lui-même. La lignée du Maître de la Plume était, à juste titre, maîtresse des lettres au sein de son peuple. Nous y voyons la profonde cohérence de l’ordre sacré yézidi : les domaines sur lesquels veillent les êtres saints se reflètent dans les devoirs et les privilèges de leurs descendants terrestres, et le savoir lui-même était confié à la famille de son gardien divin.

Un chef historique

Au-delà de son identité sacrée, cheikh Hasan fut un personnage historique, chef de la communauté yézidie au treizième siècle, mort en 1254. Il dirigea la communauté dans une époque de rayonnement et de péril. Les sources rapportent que, sous sa direction, les Yézidis disposaient d’une large autorité géographique et politique, dont l’influence s’étendait sur une région considérable. Il fut, en son temps, une figure de pouvoir réel autant que de grande sainteté.

Il vécut au turbulent treizième siècle, à la fin de l’époque abbasside, lorsque le monde islamique fut bouleversé par les invasions catastrophiques des Mongols venus de l’est. L’époque était périlleuse pour tous les peuples de la région, et la communauté yézidie, sous cheikh Hasan et ses successeurs, allait subir directement la force de ces bouleversements. L’autorité dont elle disposait dans un temps si dangereux mesure la force de sa direction et la vigueur de sa foi à cette période fondatrice.

La réaffirmation de l’ancienne foi

L’époque de cheikh Hasan marque un tournant décisif de l’histoire de la religion yézidie, qu’un bref rappel permet de comprendre. La foi s’était développée autour de Cheikh Adi, mystique soufi du douzième siècle dont les disciples formèrent un ordre religieux à Lalish. Mais la communauté où cet ordre prit racine était une ancienne communauté kurde, dotée de croyances profondément enracinées remontant bien avant la venue de cheikh Adi.

Les chercheurs considèrent qu’autour de la période où cheikh Hasan dirigeait la communauté, les anciennes croyances et les anciens mythes autochtones des Kurdes commencèrent à s’y réaffirmer et devinrent peu à peu partie intégrante de sa tradition religieuse. Ce processus transforma l’ordre soufi initial en la religion distincte que nous connaissons comme le yézidisme, où se mêlèrent l’ancien héritage spirituel kurde et le legs de cheikh Adi. Cheikh Hasan présida ainsi une étape décisive de la formation de cette foi, période où elle devint pleinement elle-même, enracinée à la fois dans la sainteté de cheikh Adi et dans l’âme ancienne du peuple kurde.

De la lignée de cheikh Adi

Cheikh Hasan appartenait à la lignée familiale de Cheikh Adi ibn Musafir, grand saint et fondateur de l’ordre religieux dont naquit la foi yézidie. Lorsque cheikh Adi mourut sans fils, la direction de l’ordre passa d’abord à son neveu, puis, avec le temps, à cheikh Hasan, qui se plaçait ainsi dans la succession directe du fondateur de la foi. Il était, pour sa génération, l’héritier de l’autorité spirituelle de cheikh Adi.

Cette appartenance à la lignée de cheikh Adi donne à cheikh Hasan une place particulière. Il représente la continuation du legs du fondateur au treizième siècle, la direction vivante de la communauté dans la période cruciale où la religion prenait sa forme durable. Par lui se prolongea l’autorité de cheikh Adi, et de lui descendit l’une des grandes lignées sacerdotales qui allaient guider les Yézidis au cours des siècles suivants.

Les trois lignées de cheikhs

La société religieuse yézidie s’organise, selon une longue tradition, autour de trois grandes lignées de cheikhs, chacune se réclamant d’un ancêtre saint différent. Les Semsani descendent des quatre fils d’Ezdina Mir et représentent une ancienne couche kurde de la foi ; les Adani descendent de cheikh Hasan ; les Qatani de cheikh Abu Bakr, parent de cheikh Adi. Ensemble, ces trois lignées forment l’aristocratie sacerdotale de la religion yézidie.

Cheikh Hasan est l’ancêtre des Adani, et sa lignée porte des responsabilités particulières dans la vie religieuse de la communauté, notamment, conformément à son rôle de Maître de la Plume, la garde traditionnelle de la lecture et de l’écriture. Selon la tradition, les trois lignées unissent des personnes d’origines différentes dans un même ordre sacré, et le mariage à l’intérieur de chaque groupe en préserve l’identité distincte. Dans cette structure, la lignée de cheikh Hasan constitue l’un des trois piliers sur lesquels repose tout l’édifice de la direction religieuse yézidie : le pilier de l’écrit et du savoir.

La plume et la parole

Une complémentarité profonde et belle unit cheikh Hasan aux autres grands saints de la foi. Là où Cheikh Fakhradin, saint de la Lune, est le poète de la parole chantée et dite, compositeur des hymnes sacrés portés par la mémoire et la voix, cheikh Hasan est le patron de l’écrit, le Maître de la Plume. Avec eux, les deux grandes voies de conservation de la vérité sacrée, l’oral et l’écrit, ont chacune leur saint gardien.

Cet honneur rendu à l’écrit est particulièrement émouvant dans le yézidisme, religion qui transmit oralement ses textes sacrés pendant la majeure partie de son histoire et produisit relativement peu d’écrits, en partie en raison des dangers et des bouleversements de son passé. Le respect de la Plume qu’incarne cheikh Hasan exprime la valeur que la tradition accordait malgré tout au savoir et aux lettres, ainsi que la confiance placée dans une seule lignée sacrée. On dit parfois que les Yézidis possèdent des livres saints, mais l’authenticité et l’origine des textes ayant circulé sous ces noms sont débattues par les chercheurs. Ce qui demeure certain, c’est le profond respect de l’écrit consacré par la figure de cheikh Hasan.

Sharafedin et les Mongols

L’histoire de la lignée de cheikh Hasan se poursuivit, de manière dramatique et tragique, avec son fils et successeur Sharafedin, en kurde Serefedin, qui hérita de la direction de la communauté à la mort de son père. Sharafedin dirigea les Yézidis dans une époque des plus dangereuses : les armées mongoles déferlaient alors sur la région, renversant des royaumes et dévastant des villes, jusqu’à la chute de Bagdad en 1258.

Cette même année 1258, Sharafedin mourut au combat contre les envahisseurs mongols, tombant pour défendre son peuple face à la grande catastrophe de l’époque. Sa mort au combat reste un moment de douleur autant que d’honneur, et son nom acquit une place particulière dans la tradition yézidie : il est si vénéré que, dans certains hymnes sacrés, le nom Serefedin désigne la foi elle-même. La lignée de cheikh Hasan donna ainsi aux Yézidis la garde de la Plume, mais aussi un chef qui mourut pour les défendre dans leur heure la plus sombre.

Symboles et sens

La figure de cheikh Hasan rassemble plusieurs niveaux de sens. Maître de la Plume, il incarne la sainteté du savoir, de l’écriture et de l’instruction, ainsi que le respect de la tradition yézidie pour l’écrit : sa sainteté est celle de la lettre et du livre. Ancêtre de la lignée lettrée des Adani, il incarne le fait de confier cet art précieux à une famille sacrée et la cohérence profonde d’un ordre religieux où les domaines divins et les devoirs terrestres se reflètent mutuellement.

Chef historique de la lignée de cheikh Adi, il incarne la continuité de la foi dans une époque fondatrice et périlleuse, période décisive où la religion devint pleinement elle-même, enracinée à la fois dans le legs de son fondateur et dans l’âme ancienne du peuple kurde. Par son fils Sharafedin, sa lignée incarne aussi le courage des chefs face à la catastrophe. Contempler cheikh Hasan, c’est honorer ensemble le savoir, la continuité et le courage, réunis dans la figure du saint qui tient la Plume.

Cheikh Hasan et les Kurdes

Cheikh Hasan tient une place d’honneur dans le patrimoine des Kurdes, et avant tout parmi les Yézidis. Comme l’un des Sept Êtres divins et Maître de la Plume, il est au fondement de la foi ; chef historique de la lignée de cheikh Adi, il guida la communauté dans l’époque décisive où la religion prit sa forme durable ; ancêtre des cheikhs Adani, il appartient à la structure vivante de la société religieuse yézidie.

Pour un peuple qui a préservé son identité et sa foi à travers de longs siècles d’épreuves, et que les étrangers ont trop souvent mal compris et calomnié, une figure comme cheikh Hasan est une source de dignité et de fierté. Il incarne la valeur que sa tradition accordait au savoir et à l’écrit, la profondeur et l’ancienneté d’une foi enracinée dans l’ancien monde kurde, ainsi que le courage d’une lignée qui dirigea et défendit son peuple dans des temps dangereux. Honorer le Maître de la Plume, c’est honorer le savoir et la résilience au cœur du patrimoine yézidi.

Débats et idées reçues

Les généalogies des premiers saints yézidis sont-elles claires et établies ? Non, et l’honnêteté exige de le dire. La succession historique des chefs de l’ordre fondé par cheikh Adi et la généalogie sacrée conservée dans la tradition religieuse yézidie ne coïncident pas toujours. Les mêmes noms vénérés, comme Cheikh Shems et Fakhradin, apparaissent dans des relations différentes selon les récits. Les chercheurs distinguent les données historiques de la généalogie sacrée ; le plus honnête est de les présenter comme des traditions distinctes et parfois divergentes, plutôt que de les forcer à entrer dans un arbre familial unique et bien ordonné.

Cheikh Hasan a-t-il écrit les livres saints des Yézidis ? Cela reste incertain et très débattu. On dit souvent que les Yézidis possèdent des écritures sacrées, et des textes ont circulé sous ces noms, parfois associés à cheikh Hasan ou à son entourage. Mais les chercheurs considèrent largement les manuscrits conservés sous ces titres comme des compilations plus tardives, d’authenticité discutée, plutôt que comme des œuvres anciennes authentiques dont il serait sûrement l’auteur. Ce que l’on peut affirmer avec confiance, c’est que cheikh Hasan est le saint patron de l’écriture et que sa lignée gardait l’art de lire et d’écrire ; les affirmations concernant des livres précis conservés doivent être abordées avec prudence.

Qu’en est-il des origines différentes des lignées de cheikhs ? Selon la tradition yézidie, les Semsani remontent à une lignée kurde, et les Adani et les Qatani à celle de cheikh Adi et de ses parents, d’ascendance arabe. Il convient d’y voir une expression de la manière dont la foi réunit des personnes d’origines différentes dans une même communauté sacrée. Le yézidisme doit avant tout être compris comme une foi monothéiste, autochtone au monde kurde, dans laquelle le Dieu unique confia le soin du monde aux Sept Êtres saints dirigés par l’Ange Paon. Cheikh Hasan, le Maître de la Plume, est l’un de ces Sept.


  • Les Sept Anges : les Sept Êtres divins, dont Melik Sexsin, incarné en cheikh Hasan

  • Cheikh Adi : le grand saint et fondateur de l’ordre, de la lignée duquel cheikh Hasan fut un chef

  • Ezdina Mir : ancêtre des Semsani, lignée de cheikhs d’ascendance kurde

  • Cheikh Fakhradin : le poète des qewls oraux, complément de l’écrit de cheikh Hasan

  • Lalish : la vallée sainte yézidie et le centre spirituel de la foi

  • Les qewls : les hymnes sacrés yézidis, longtemps conservés par la parole transmise et mémorisée


Questions fréquentes

Qui était cheikh Hasan ?

Cheikh Hasan, en kurde Sex Hesen ou Sexisin, mort en 1254, est une figure sainte et historique yézidie, vénérée comme l’incarnation terrestre de Melik Sexsin, l’un des Sept Êtres divins, et honorée comme le Maître de la Plume, patron de l’écriture et des livres. Chef de la communauté yézidie de la lignée de cheikh Adi, il est l’ancêtre des cheikhs Adani, lignée qui détenait traditionnellement le privilège exclusif de la lecture et de l’écriture.

Pourquoi cheikh Hasan est-il appelé le Maître de la Plume ?

Incarnation terrestre de Melik Sexsin, l’un des Sept Êtres divins, cheikh Hasan est associé à la Plume, donc à l’écriture, aux livres et au savoir ; il porte le titre de Xudane Qeleme, le Maître de la Plume. Dans l’ordre sacré yézidi, où chaque être saint veille sur des domaines particuliers, il est le gardien de l’écrit et de l’instruction, l’une des fonctions sacrées les plus singulières.

Qui sont les cheikhs Adani ?

Les Adani sont l’une des trois grandes lignées de cheikhs yézidis, descendants de cheikh Hasan ; les autres sont les Semsani, descendants d’Ezdina Mir, et les Qatani. Comme il convient aux descendants du Maître de la Plume, les Adani étaient traditionnellement le seul groupe de la société yézidie à détenir le privilège d’acquérir l’art de lire et d’écrire, dépositaires de l’écrit dans une foi essentiellement orale.

Quel rôle cheikh Hasan joua-t-il dans l’histoire du yézidisme ?

Cheikh Hasan fut un chef de la communauté au treizième siècle, de la lignée de cheikh Adi, dans la période décisive où la religion prit sa forme durable. Les chercheurs considèrent qu’autour de son époque, les anciennes croyances autochtones kurdes se réaffirmèrent au sein de l’ordre fondé par cheikh Adi, le transformant en religion yézidie distincte. Sous sa direction, la communauté détenait aussi une large autorité géographique et politique.

Qui était Sharafedin ?

Sharafedin, en kurde Serefedin, était le fils et le successeur de cheikh Hasan ; il dirigea les Yézidis après la mort de son père. Il mourut au combat contre les envahisseurs mongols en 1258, tombant pour défendre son peuple dans l’une des époques les plus catastrophiques de l’histoire de la région. Son nom est si vénéré que, dans certains hymnes sacrés, il désigne même la foi elle-même.

Les Yézidis avaient-ils des livres saints écrits par cheikh Hasan ?

La question est débattue. Cheikh Hasan est le saint patron de l’écriture, sa lignée gardait l’art de lire et d’écrire, et des textes ont circulé sous les noms de livres saints yézidis, parfois associés à lui ou à son entourage. Les chercheurs considèrent toutefois largement les manuscrits conservés sous ces titres comme des compilations plus tardives, d’authenticité discutée, plutôt que comme des œuvres anciennes authentiques dont il serait sûrement l’auteur. Sa fonction bien établie est celle de patron de l’écrit.


Références et lectures complémentaires

Cheikh Hasan ibn cheikh Adi II — Wikipédia

Adawiyya — Wikipédia

Sharaf ad-Din ibn al-Hasan — Wikipédia

Sakhr Abu l-Barakat — Wikipédia

Liste des figures saintes yézidies — Wikipédia

Organisation sociale yézidie — Wikipédia

Cheikh Adi ibn Musafir — Wikipédia

Yézidis — Wikipédia