Introduction

La légende de Salomon et des djinns est l’un des anciens récits d’origine mythique autrefois racontés à propos des Kurdes : un récit, consigné par des auteurs médiévaux, selon lequel les Kurdes descendraient de l’union des servantes du roi Salomon avec des djinns, qui s’établirent dans les montagnes. C’est une légende semblable à celles que l’on racontait autrefois sur de nombreux peuples, et nous la présentons ici comme un mythe du folklore, et non comme de l’histoire.

Dans cet ancien récit, consigné par des auteurs médiévaux des traditions juive et islamique, le roi Salomon, sage roi de légende réputé commander aux djinns, envoie ses serviteurs spirituels en mission ; de leur union avec des servantes mortelles naît un peuple qui s’établit dans les hautes montagnes et dont le récit fait les ancêtres des Kurdes. La légende est un fil curieux et pittoresque dans l’ensemble des traditions qui entourent le peuple kurde.

Connaître cette légende, c’est découvrir comment l’imagination médiévale tissait des mythes d’origine autour des peuples et quelle place occupaient le roi Salomon, les djinns et les montagnes dans les traditions de la région. Nous la racontons comme une légende et une curiosité du folklore, en gardant clairement à l’esprit la différence entre de tels récits mythiques et l’histoire réelle du peuple kurde.


Sommaire

Quelle est cette légende ?

Le roi Salomon et les djinns

Points essentiels

En bref

Le récit des origines

Consignée par des auteurs médiévaux

Les montagnes et le nom

Une légende, pas de l’histoire

Sens et importance

La légende et les Kurdes

Débats et idées reçues

Sujets connexes

Questions fréquentes

Références et lectures complémentaires


Quelle est cette légende ?

La légende de Salomon et des djinns est un ancien récit d’origine mythique, consigné par certains auteurs médiévaux des traditions juive et islamique, qui prétend expliquer l’origine des Kurdes en tant que peuple. Selon la légende, les Kurdes descendraient de l’union de femmes mortelles, servantes ou concubines associées au roi Salomon, avec des djinns, êtres spirituels auxquels Salomon était réputé commander dans la légende ; leurs descendants s’établirent dans les hautes montagnes et devinrent, dans le récit, les ancêtres du peuple kurde. C’est une légende d’un type familier, le récit d’origine mythique qui fait remonter un peuple à des commencements merveilleux ou surnaturels, et elle appartient à l’ensemble des mythes et des traditions folkloriques qui se sont formés autour des peuples de la région dans l’imagination médiévale. Il ne s’agit en aucun cas d’un récit historique de l’origine des Kurdes, peuple ancien de la famille iranienne doté d’une histoire réelle et retraçable ; il s’agit d’une légende, d’une curiosité de l’imagination médiévale, que nous racontons comme telle. Ancien récit mythique des origines consigné par des auteurs médiévaux et tissé autour des figures de Salomon, des djinns et des montagnes, cette légende est un fil pittoresque des traditions qui entourent le peuple kurde, intéressant en tant que mythe et élément du folklore.

Le roi Salomon et les djinns

La légende s’appuie sur la tradition largement répandue qui présente le roi Salomon comme un sage souverain commandant aux djinns, êtres spirituels du monde invisible, et les envoyant accomplir des missions et des tâches à travers le monde.

Au cœur de la légende se trouve la figure du roi Salomon qui, dans les légendes de la région, à travers les traditions juive, chrétienne et islamique, est bien plus qu’un roi sage : il est le maître des djinns, êtres spirituels du monde invisible, qui commandent aux vents et travaillent sur son ordre. Dans cet ensemble de légendes largement répandu, Salomon ordonne aux djinns de construire et de rapporter des objets, les envoie en mission à travers le monde et règne sur le monde des esprits comme sur celui des hommes. C’est à cette figure de Salomon, maître des djinns, que puise la légende de l’origine des Kurdes : dans le récit, le pouvoir de Salomon sur les djinns et la mission qu’il leur confie déclenchent les événements dont naîtront, selon la légende, les Kurdes. La légende appartient ainsi à la riche tradition de Salomon et des djinns, du roi sage et de ses serviteurs spirituels, qui traverse les traditions de toute la région. Ce lien avec la grande figure de Salomon et son autorité sur les djinns donne à la légende son cadre et son caractère merveilleux. C’est à partir de cette tradition de Salomon et des djinns que se tisse la légende de l’origine des Kurdes.

Points essentiels

  • La légende est un ancien récit d’origine mythique autrefois raconté à propos des Kurdes.

  • Elle raconte que les Kurdes descendent de l’union des servantes de Salomon avec des djinns.

  • Elle s’appuie sur la tradition qui présente le roi Salomon comme le maître des djinns.

  • Dans le récit, leurs descendants s’établissent dans les montagnes et deviennent les ancêtres des Kurdes.

  • Elle fut consignée par des auteurs médiévaux des traditions juive et islamique, comme al-Masudi.

  • C’est une légende du folklore, et non un récit historique des origines kurdes.

En bref

  • Sujet : Une légende d’origine mythique des Kurdes

  • Figures centrales : Le roi Salomon, les djinns et des servantes mortelles

  • Ce qu’affirme le récit : Les Kurdes descendent des unions entre les servantes de Salomon et les djinns

  • Cadre : Les hautes montagnes, où s’établissent les descendants

  • Consignée par : Des auteurs médiévaux des traditions juive et islamique, dont al-Masudi

  • Type : Récit d’origine mythique, légende, folklore

  • Rôle de Salomon : Le roi sage qui commande aux djinns

  • Statut : Une légende et un mythe, pas de l’histoire

  • Origines réelles : Les Kurdes sont un ancien peuple iranien doté d’une histoire réelle

  • Intérêt : Une curiosité de l’imagination médiévale et des traditions régionales

Le récit des origines

Dans la légende, le roi Salomon envoie ses djinns en mission pour ramener de belles jeunes filles ; mais, lorsque les esprits reviennent, le roi est mort. Les djinns prennent donc eux-mêmes les femmes, et leurs descendants s’établissent dans les montagnes en tant qu’ancêtres des Kurdes.

Le récit, dans la forme consignée par les auteurs médiévaux, se déroule ainsi. Le roi Salomon, dit-on, envoya ses serviteurs parmi les djinns en mission dans une contrée lointaine pour lui ramener un certain nombre de belles jeunes filles. Les djinns firent ce qui leur avait été ordonné et revinrent avec les jeunes filles ; mais, lorsqu’ils furent de retour, le grand roi Salomon était mort. Constatant la disparition du roi, les djinns prirent donc eux-mêmes les femmes pour compagnes et, de leur union, naquit un peuple d’ascendance à la fois mortelle et spirituelle. Ce peuple, dans la légende, se retira ou fut envoyé dans les hautes montagnes ; il s’y établit et se multiplia, devenant, dans le récit, les ancêtres des Kurdes, le peuple des montagnes. Certaines versions ajoutent que les descendants furent chassés vers les montagnes et les vallées par un ordre, intégré à une étymologie populaire du nom des Kurdes. Le récit fait ainsi remonter les Kurdes à une origine merveilleuse et surnaturelle, l’union de femmes mortelles et d’êtres spirituels, dans les hautes montagnes qui sont la terre du peuple kurde. Tel est le canevas mythique de la légende, racontée comme une curiosité du folklore et un récit pittoresque de l’imagination médiévale, et non comme un récit historique.

Consignée par des auteurs médiévaux

La légende se trouve dans les écrits de savants juifs médiévaux et d’auteurs faisant autorité aux débuts de l’islam, dont l’historien arabe du 10e siècle al-Masudi, qui consigna de tels récits sur l’origine des peuples.

La légende de Salomon et des djinns est conservée dans les écrits de certains auteurs médiévaux. Des savants juifs médiévaux en consignèrent une version, et des auteurs faisant autorité aux débuts de l’islam reprirent aussi le récit dans leurs exposés sur l’origine des peuples ; parmi ceux qui rapportèrent une telle histoire figurait le célèbre historien et géographe arabe du 10e siècle al-Masudi, dans les écrits duquel les Kurdes sont rattachés aux descendants des servantes de Salomon et des esprits. Le fait de consigner de telles légendes d’origine était caractéristique de l’imagination savante médiévale, qui cherchait souvent à expliquer l’origine des peuples par des récits les reliant à des figures des Écritures et de la légende, comme Salomon, ainsi qu’à des commencements merveilleux ou surnaturels. La présence de cette légende dans ces ouvrages médiévaux nous renseigne sur la manière dont l’esprit médiéval imaginait et expliquait les peuples du monde, et non sur les origines réelles des Kurdes. La légende est donc un témoignage de l’imagination médiévale et de sa manière de tisser des mythes d’origine, consigné par des auteurs des traditions juive et islamique. C’est par ces auteurs médiévaux que la légende nous est parvenue, curiosité des traditions de la région.

Les montagnes et le nom

La légende est liée aux montagnes, terre des Kurdes, et, dans certaines versions, à une étymologie populaire du nom du peuple kurde, intégrant ce nom au récit.

Un trait notable de la légende est son lien avec les montagnes, ces hautes terres qui sont la patrie du peuple kurde. Dans le récit, c’est dans les montagnes que le peuple d’ascendance mêlée se retire ou est envoyé, et c’est là qu’il s’établit et devient les Kurdes, le peuple des montagnes ; la légende reflète ainsi, sous une forme mythique, le lien profond et ancien des Kurdes avec leur terre montagneuse. Dans certaines versions, la légende s’entrelace avec une étymologie populaire du nom des Kurdes, le récit étant façonné de manière à expliquer ce nom par un mot ou un ordre qui y figure, comme le font souvent les étymologies populaires ; de telles étymologies ne relèvent pas d’une philologie rigoureuse, mais participent de la narration, rattachant le nom du peuple au récit mythique de son origine. Le lien avec les montagnes et le nom reflète la manière dont la légende cherche à enraciner l’identité des Kurdes, leur terre montagneuse et leur nom même dans le récit mythique de leur origine. Cette intégration des montagnes et du nom dans le récit est un trait caractéristique de la légende, l’enracinement mythique de l’identité d’un peuple dans un récit d’origine. C’est par ces traits que la légende manifeste son caractère de mythe d’origine, intégrant la patrie et le nom au récit merveilleux.

Une légende, pas de l’histoire

Il est essentiel d’indiquer clairement qu’il s’agit d’une légende et d’un mythe, et non d’un récit historique : les Kurdes sont un ancien peuple de la famille iranienne, doté d’une histoire réelle et retraçable, et non les descendants d’esprits.

Il faut dire clairement et simplement que la légende de Salomon et des djinns est précisément cela : une légende et un mythe, et non un récit historique de l’origine des Kurdes. Les Kurdes sont un ancien peuple de la branche iranienne de la famille indo-européenne, parlant une langue iranienne et descendant, dans la mesure où l’histoire et la recherche permettent de le retracer, des anciens peuples des monts Zagros et du monde iranien au sens large ; leurs origines relèvent de l’histoire réelle, des déplacements et des mélanges de peuples anciens, et non d’une quelconque union entre mortels et esprits. La légende de Salomon et des djinns appartient au folklore et au mythe, à la manière dont l’imagination médiévale tissait des récits d’origine autour des peuples qu’elle connaissait, et non à l’histoire. De telles légendes présentent un réel intérêt comme folklore et comme témoignages de l’imagination, mais elles ne doivent pas être prises pour des récits véridiques de l’origine d’un peuple, ni présentées comme tels. Nous racontons donc la légende comme une curiosité du mythe et du folklore, en distinguant clairement et honnêtement de tels récits mythiques de l’histoire réelle du peuple kurde, peuple ancien et bien réel doté d’une histoire propre. Cette distinction honnête entre légende et histoire est essentielle pour présenter correctement le récit.

Sens et importance

La légende tire son importance du folklore plutôt que de l’histoire : elle illustre la manière dont l’imagination médiévale tissait des mythes d’origine autour des peuples et constitue un fil pittoresque des traditions qui entourent les Kurdes et leur terre montagneuse.

La légende de Salomon et des djinns est importante par ce qu’elle montre du fonctionnement de l’imagination médiévale et des traditions qui se sont formées autour des peuples de la région, et non par ce qu’elle dit de l’origine réelle des Kurdes, sur laquelle elle ne nous apprend rien. Elle illustre la pratique humaine répandue qui consiste à tisser des récits d’origine mythique, faisant remonter un peuple à des commencements merveilleux ou surnaturels, et l’habitude médiévale particulière de relier les peuples aux figures des Écritures et de la légende, comme Salomon. À ce titre, elle prend place aux côtés des autres mythes et légendes de l’imaginaire populaire kurde, comme les récits des péris et des divs, ainsi que des grandes légendes fondatrices comme celle de Kawa le Forgeron, dans le riche univers de récits qui entoure le peuple kurde, tout en se distinguant des légendes autochtones chères aux Kurdes par le fait qu’il s’agit d’un récit raconté à leur sujet par des personnes extérieures. En tout cela, la légende est une curiosité du folklore et de l’imagination médiévale, un fil pittoresque des traditions des Kurdes et de leurs montagnes, intéressant en tant que mythe et récit plutôt que comme histoire.

La légende nous rappelle aussi le lien profond et ancien des Kurdes avec leur terre montagneuse, un lien si fort que même les légendes venues de l’extérieur situaient l’origine des Kurdes dans les hautes montagnes. Cet enracinement mythique des Kurdes dans les montagnes, aussi fantaisiste que soit le récit, fait écho à une vérité réelle et durable de l’identité et de la patrie kurdes.

La légende et les Kurdes

La légende est un récit raconté à propos des Kurdes, une composante des traditions qui entourent le peuple kurde, que nous présentons honnêtement comme un mythe du folklore, distinct de l’histoire réelle et ancienne des Kurdes.

La légende de Salomon et des djinns fait partie des traditions qui entourent le peuple kurde, mais c’est un récit raconté à son sujet par des personnes extérieures au Moyen Âge, plutôt qu’une légende chère aux Kurdes racontée par eux-mêmes, comme les grandes légendes autochtones de Kawa ou de Mem et Zin. À ce titre, elle présente un intérêt comme curiosité du folklore et de l’imagination médiévale, fil pittoresque du vaste univers de récits qui entoure les Kurdes et leur terre montagneuse. Nous la présentons honnêtement et avec soin : comme une légende et un mythe, racontés pour leur intérêt folklorique et toujours clairement distingués de l’histoire réelle du peuple kurde, peuple ancien de la famille iranienne doté d’une histoire propre, réelle et honorable. En présentant cette légende, nous rendons hommage au riche univers de récits et de traditions qui entoure le peuple kurde, tout en maintenant constamment une distinction honnête entre les récits du mythe et du folklore et l’histoire et l’identité réelles des Kurdes. La légende est une curiosité qui mérite d’être connue, un aperçu de la manière dont l’imagination a tissé des récits autour des Kurdes et de leurs montagnes, correctement située dans le folklore plutôt que prise à tort pour de l’histoire.

Débats et idées reçues

La légende est-elle un récit véridique de l’origine des Kurdes ? Non. Il faut le dire clairement. La légende de Salomon et des djinns est un mythe et un conte populaire, et non un récit historique. Les Kurdes sont un ancien peuple de la branche iranienne de la famille indo-européenne, doté d’une histoire réelle et retraçable, enracinée dans les anciens peuples du Zagros et du monde iranien au sens large. La légende n’a aucune valeur historique comme récit des origines kurdes ; son intérêt relève exclusivement du folklore et du témoignage de l’imagination médiévale. Nul ne doit prendre ce récit mythique pour l’histoire réelle du peuple kurde.

La légende est-elle insultante ou dévalorisante pour les Kurdes ? Il faut la comprendre dans son contexte, comme un exemple de l’habitude médiévale de tisser des récits d’origine fantaisistes autour de nombreux peuples, les reliant souvent à des figures des Écritures et à des commencements merveilleux ou surnaturels ; de tels récits étaient racontés à propos de nombreux peuples et caractérisaient la narration de l’époque, sans nécessairement viser l’éloge ou l’insulte. Nous racontons cette légende dans le respect du peuple kurde, uniquement comme une curiosité du folklore, en affirmant clairement la réalité, l’ancienneté et le caractère honorable de l’histoire et de l’identité des Kurdes. Elle est présentée comme un élément intéressant des anciennes traditions, et non comme un jugement sur le peuple kurde.

Pourquoi consigner une telle légende ? Les légendes d’origine mythique, même racontées par des personnes extérieures et même fantaisistes ou peu flatteuses, présentent un réel intérêt folklorique et ouvrent une fenêtre sur l’imagination du passé. La légende de Salomon et des djinns nous renseigne sur la manière dont l’esprit médiéval imaginait les peuples du monde et fait partie des traditions qui entourent les Kurdes. La connaître, correctement située dans le folklore et clairement distinguée de l’histoire, c’est comprendre un fil de l’univers de récits qui a entouré le peuple kurde, tout en rendant hommage à son histoire réelle.


  • Les péris, les esprits féeriques du folklore kurde et iranien

  • Les divs, les démons du mythe iranien

  • Kawa le Forgeron, la grande légende fondatrice autochtone des Kurdes

  • Shahmaran, la sage reine-serpent du folklore kurde

  • Mem et Zin, la grande épopée nationale des Kurdes

  • Newroz, la fête liée à la légende de Kawa

  • Zahhak, le tyran aux serpents de la légende fondatrice

  • Le Simurgh, le grand oiseau mythique de la légende iranienne


Questions fréquentes

Quelle est la légende de Salomon et des djinns ?

C’est un ancien récit d’origine mythique, consigné par certains auteurs médiévaux des traditions juive et islamique, qui prétend expliquer l’origine des Kurdes. Selon la légende, les Kurdes descendraient de l’union de femmes mortelles, les servantes associées au roi Salomon, avec des djinns, êtres spirituels auxquels Salomon était réputé commander ; leurs descendants s’établirent dans les hautes montagnes et devinrent, dans le récit, les ancêtres des Kurdes. C’est une légende du folklore, et non de l’histoire.

Comment se déroule le récit ?

Dans la légende, le roi Salomon envoie ses djinns en mission pour ramener de belles jeunes filles ; mais, lorsque les esprits reviennent, le grand roi est mort. Constatant la disparition du roi, les djinns prennent eux-mêmes les femmes, et de leur union naît un peuple d’ascendance à la fois mortelle et spirituelle qui s’établit dans les hautes montagnes et devient, dans le récit, les ancêtres des Kurdes. Dans certaines versions, une étymologie populaire du nom des Kurdes est intégrée à l’histoire.

Qui a consigné la légende ?

La légende se trouve dans les écrits d’auteurs médiévaux : des savants juifs médiévaux en consignèrent une version et le récit fut repris par des auteurs faisant autorité aux débuts de l’islam, dont le célèbre historien et géographe arabe du 10e siècle al-Masudi. Le fait de consigner de telles légendes d’origine était caractéristique de l’imagination savante médiévale, qui expliquait souvent l’origine des peuples par des récits les reliant à des figures des Écritures et à des commencements merveilleux.

La légende est-elle vraie ?

Non. La légende est un mythe et un conte populaire, et non un récit historique. Les Kurdes sont un ancien peuple de la branche iranienne de la famille indo-européenne, doté d’une histoire réelle et retraçable, enracinée dans les anciens peuples du Zagros et du monde iranien au sens large. La légende n’a aucune valeur historique comme récit des origines kurdes ; son intérêt relève exclusivement du folklore et du témoignage de l’imagination médiévale.

Pourquoi la légende est-elle liée aux montagnes ?

Dans le récit, le peuple d’ascendance mêlée se retire ou est envoyé dans les montagnes et y devient les Kurdes, le peuple des montagnes ; la légende reflète ainsi, sous une forme mythique, le lien profond et ancien des Kurdes avec leur terre montagneuse. Cet enracinement mythique des Kurdes dans les montagnes, aussi fantaisiste que soit le récit, fait écho à une vérité réelle et durable de l’identité kurde et du lien de ce peuple avec ses hautes terres.

Comment faut-il comprendre la légende ?

Il faut la comprendre comme une curiosité du folklore et de l’imagination médiévale, illustrant la pratique répandue qui consiste à tisser des récits d’origine mythique autour des peuples et constituant un fil pittoresque des traditions qui entourent les Kurdes. C’est un récit raconté à leur sujet par des personnes extérieures, distinct des légendes autochtones qui leur sont chères, et il doit toujours être clairement distingué de l’histoire réelle et ancienne du peuple kurde.


Références et lectures complémentaires

La mythologie kurde : la légende de Salomon et des djinns – Wikipédia

Al-Masudi – Wikipédia

Salomon dans l’islam : Salomon et les djinns – Wikipédia

Les djinns – Wikipédia

Kurdish-History.com : les péris

Kurdish-History.com : les divs

Kurdish-History.com : Kawa le Forgeron

Kurdish-History.com : Mem et Zin