Introduction

Chaque religion a son centre saint, le lieu vers lequel se tourne son cœur. Pour les Yézidis, c’est la vallée de Lalish ; pour les fidèles yarsanis, les Ahl-e Haqq, c’est Perdiwar, lieu sacré sur les rives du Sirwan, dans les montagnes du Hawraman, au cœur du pays kurde gorani. C’est là, à la fin du quatorzième ou au début du quinzième siècle, que le grand mystique Sultan Sahak fonda la religion yarsanie, conclut son alliance avec ses saints compagnons et établit un sanctuaire que ses fidèles vénèrent, dans leur propre tradition, comme l’équivalent de la Kaaba.

Perdiwar est plus qu’un édifice ou un lieu. C’est le berceau de toute une religion, le site de son alliance sacrée, la source de ses écritures les plus anciennes et le foyer de son pèlerinage et de sa prière. Pour les Yarsanis, c’est l’endroit où le divin s’approcha du monde et où leur foi naquit ; son nom même marque le seuil entre le monde ordinaire et le sacré.

Dans l’histoire de Perdiwar, nous pouvons lire celle de la foi yarsanie elle-même : religion kurde singulière des montagnes du Zagros, avec sa propre géographie sainte, sa poésie sacrée et ses profondes racines dans le pays de langue gorani du Hawraman. Comprendre ce sanctuaire, c’est comprendre où s’est formée l’une des grandes religions des Kurdes.


Sommaire

Qu’est-ce que Perdiwar ?

La Kaaba des Yarsanis

L’essentiel

Repères

Sur les rives du Sirwan

Le lieu où Sultan Sahak fonda la foi

L’alliance de Perdiwar

Les textes perdiwari

Un lieu de présence divine

Pèlerinage et dévotion

Perdiwar et Baba Yadgar

Un centre sacré comme Lalish

Symboles et sens

Perdiwar et les Kurdes

Débats et idées reçues

Sujets connexes

Questions fréquentes

Références et lectures complémentaires


Qu’est-ce que Perdiwar ?

Perdiwar, également écrit Pardiwar ou Perdivar, est le sanctuaire le plus saint de la foi yarsanie, l’Ahl-e Haqq, l’une des religions singulières des Kurdes. Il se trouve au bord du Sirwan dans la région du Hawraman au Kurdistan, en pays de langue gorani. C’est là que le fondateur de la foi, Sultan Sahak, établit la religion à la fin du quatorzième ou au début du quinzième siècle. Vénéré par les Yarsanis comme l’équivalent de la Kaaba et comme leur qibla, direction de la prière, Perdiwar est le berceau de la foi, le site de son alliance sacrée et la source de ses écritures les plus anciennes.

La Kaaba des Yarsanis

Pour les fidèles de l’Ahl-e Haqq, Perdiwar tient la place suprême parmi tous les sites sacrés, et leurs propres textes sacrés parlent explicitement de son équivalence avec la Kaaba, sanctuaire le plus saint de l’islam. Dans leur tradition, c’est la qibla des Yarsanis, le point vers lequel s’oriente leur dévotion et la première destination de leur pèlerinage. Comme les musulmans se tournent vers La Mecque, la tradition yarsanie se tourne, en esprit, vers Perdiwar.

Ce respect reflète la manière dont les Yarsanis comprennent leur foi comme une religion complète et autonome, avec son propre centre saint plutôt qu’un centre emprunté. Selon leur croyance, le pèlerinage aux lieux saints associés à leurs saints leur convient mieux que tout autre pèlerinage, et les bonnes actions accomplies pour autrui importent encore davantage que l’observance rituelle. Perdiwar est au cœur de cet univers de dévotion, son point le plus sacré. Il doit être compris dans les termes mêmes des Yarsanis, comme le centre spirituel cher à une foi distincte et ancienne.

L’essentiel

  • Perdiwar est le sanctuaire le plus saint de la foi yarsanie kurde, ou Ahl-e Haqq.

  • Il se trouve au bord du Sirwan dans le Hawraman, en pays kurde gorani.

  • Sultan Sahak y fonda la religion yarsanie à la fin du 14e ou au début du 15e siècle.

  • Les Yarsanis le vénèrent comme l’équivalent de la Kaaba et comme leur qibla.

  • Sultan Sahak conclut son alliance sacrée avec ses compagnons à Perdiwar.

  • Les écritures yarsanies les plus anciennes sont connues comme les textes perdiwari.

Repères

  • Nom : Perdiwar, également Pardiwar, Perdivar ; signifie de ce côté du pont

  • Nature : Le sanctuaire le plus saint de la foi yarsanie, ou Ahl-e Haqq

  • Situation : Au bord du Sirwan, dans le Hawraman, en pays kurde gorani

  • Fondateur : Sultan Sahak, fondateur du yarsanisme

  • Époque : De la fin du 14e au début du 15e siècle

  • Portée : Lieu où Sultan Sahak fonda la foi et conclut son alliance

  • Statut : Vénéré par les Yarsanis comme l’équivalent de la Kaaba, leur qibla

  • Textes sacrés : Les écritures yarsanies les plus anciennes sont les textes perdiwari

  • Quatre maximes : Pureté, droiture, effacement de soi et générosité

  • Dévotion : Destination du pèlerinage et de la prière yarsanis

Sur les rives du Sirwan

Perdiwar se trouve dans l’un des paysages les plus beaux et les plus riches en récits du monde kurde : les montagnes du Hawraman, également appelé Uraman, sur les confins des actuels Iran et Irak, arrosés par le Sirwan. C’est le cœur du pays des Kurdes de langue gorani, terre escarpée de vallées abruptes et de villages en terrasses, depuis longtemps berceau de la culture et de la foi kurdes. C’est ici, au bord du Sirwan, que fut établi le site sacré de Perdiwar.

Le nom Perdiwar est lui-même évocateur : on comprend qu’il signifie, dans la langue de la région, de ce côté du pont, référence à un passage sur la rivière près duquel se dressait le sanctuaire. La tradition parle d’un lieu dans les jardins de Shaykhan, marqué par une grande pierre, qui identifie l’endroit de Sultan Sahak et de ses compagnons. Cette image du pont et du sanctuaire riverain convient à Perdiwar, compris comme un seuil, un point de passage entre l’humain et le divin, dans le paysage sacré des montagnes du pays gorani.

Le lieu où Sultan Sahak fonda la foi

Perdiwar doit sa sainteté suprême à la figure de Sultan Sahak, également appelé Sultan Ishaq, fondateur de la foi yarsanie que ses fidèles honorent comme le Sultan de la Vérité et le Roi du Hawraman. Né, selon la tradition, dans la région de Halabja, il émigra au Hawraman et y construisit Perdiwar. C’est dans ce sanctuaire qu’il fonda la religion de l’Ahl-e Haqq et proclama, selon la compréhension yarsanie, la manifestation de Haqq, la Vérité divine, dans le monde.

En fondant la foi à Perdiwar, Sultan Sahak réunit autour de lui un cercle de saints compagnons et établit les enseignements, les rituels et les principes éthiques qui allaient définir la voie yarsanie. Le sanctuaire devint ainsi le berceau de toute une religion, le lieu où son fondateur vécut, enseigna et établit l’alliance de la foi. Pour les Yarsanis, Perdiwar est inséparable de Sultan Sahak lui-même, terre sainte où le Roi du Hawraman fit naître leur religion ; certaines traditions situent son sanctuaire funéraire à Perdiwar, dans ces montagnes sacrées où il œuvra.

L’alliance de Perdiwar

Parmi les événements les plus sacrés associés à Perdiwar figure l’alliance que Sultan Sahak y conclut avec ses compagnons. La tradition yarsanie raconte qu’il y établit un pacte solennel avec le cercle d’êtres saints qui l’entouraient, dont les Haft Tan, les Sept Corps ou Sept Êtres saints qui accompagnaient sa manifestation. Cette alliance est comprise comme un moment fondateur de la foi, liant la communauté à son ordre sacré.

Les grands principes éthiques enseignés par Sultan Sahak sont liés à la fondation de la foi à Perdiwar : quatre maximes au cœur de la vie yarsanie, pureté, droiture, effacement de soi ou néant devant le divin, et générosité ou tolérance envers autrui. Avec l’alliance de Perdiwar, ces principes donnèrent à la communauté yarsanie son fondement moral et spirituel. À ce jour, le souvenir de cette alliance conclue sur les rives du Sirwan ancre la foi dans la terre sacrée de son origine.

Les textes perdiwari

Perdiwar a donné son nom à un lieu, mais aussi à la couche la plus ancienne et la plus vénérable des écritures yarsanies. La littérature sacrée de l’Ahl-e Haqq, vaste ensemble poétique connu comme le Kalam-e Saranjam, ou Discours de la conclusion, a en son cœur un ancien corpus fondateur, les textes perdiwari, nommés d’après le sanctuaire où la foi fut fondée. Ces textes, dont le Livre du trésor de Perdiwar, comptent parmi les écrits yarsanis les plus anciens et les plus sacrés ; ils datent approximativement des quinzième et seizième siècles.

Que les écritures fondatrices soient appelées perdiwari mesure la place centrale du sanctuaire dans la foi. L’ère de Perdiwar, temps de Sultan Sahak et de ses successeurs immédiats, reste l’âge classique et formateur de la religion yarsanie, et les textes qui en sont issus possèdent une autorité particulière. Composés dans le kurde gorani, langue sacrée de l’Ahl-e Haqq, longtemps conservés par la copie attentive comme par la transmission orale, ils enracinent toute la tradition scripturaire de la foi dans la terre sainte de Perdiwar.

Un lieu de présence divine

Au cœur du respect de Perdiwar se trouve une profonde croyance théologique. Dans la compréhension yarsanie, le divin, Haqq, se manifeste dans le monde par une succession d’incarnations ou d’épiphanies dont Sultan Sahak est tenu pour la manifestation suprême. Les Yarsanis croient que la présence divine fut immanente à Perdiwar d’une manière particulière. Le sanctuaire est ainsi le lieu où, selon la compréhension de la foi, le divin s’approcha du monde de façon unique, au-delà d’un simple mémorial d’événements passés.

Cette croyance en la présence sacrée à Perdiwar donne au site sa sainteté extraordinaire et explique pourquoi il est considéré comme l’équivalent de la Kaaba. Dans la vision yarsanie, c’est l’endroit où le ciel toucha la terre et où la Vérité se manifesta ; il est donc vénéré comme la terre la plus sainte de la foi. Ces croyances appartiennent à la théologie propre de l’Ahl-e Haqq et sont ici décrites comme les convictions chères à une religion vivante, à comprendre avec respect et dans les termes mêmes de cette foi.

Pèlerinage et dévotion

Perdiwar est une destination de pèlerinage yarsani et un foyer de dévotion. La vie religieuse de l’Ahl-e Haqq est centrée sur le rassemblement de la communauté pour la récitation et le chant du kalam sacré, accompagnés de la musique du tanbur sacré, luth à long manche lui-même tenu pour saint, ainsi que de danses sacrées et du partage communautaire d’une offrande consacrée appelée niyaz. Dans ces rassemblements, la foi se renouvelle et la communauté s’unit.

Pour les Yarsanis, des lieux comme Perdiwar, associés à leurs figures saintes, sont les destinations appropriées du pèlerinage, et leur visite est tenue pour particulièrement méritoire. Cette dévotion s’accompagne d’un fort accent mis sur la vie éthique, sur les bonnes actions pour autrui que la tradition estime au-dessus du simple rituel. Dans le pèlerinage à Perdiwar et les dévotions accomplies en son honneur, les fidèles yarsanis renouvellent leur lien avec la terre sainte où naquit leur religion et avec l’alliance sacrée que Sultan Sahak y conclut.

Perdiwar et Baba Yadgar

Perdiwar est le premier des grands sanctuaires de la foi yarsanie, mais pas le seul. L’autre lieu saint principal est le sanctuaire funéraire de Baba Yadgar, l’un des saints les plus aimés de l’Ahl-e Haqq, dont la tombe dans les montagnes du Dalahu est un grand centre de pèlerinage. Ensemble, Perdiwar et le sanctuaire de Baba Yadgar forment les deux pôles de la géographie sacrée du monde yarsani.

Ces lieux saints ancrent la foi dans le paysage des montagnes kurdes, donnant à la communauté yarsanie des centres physiques de dévotion à la mesure de sa riche tradition spirituelle. La géographie sacrée qu’ils créent, centrée sur le pays gorani du Zagros, marque la foi yarsanie comme une religion profondément enracinée dans une terre particulière, les montagnes du Hawraman et leurs environs. Sanctuaire fondateur, Perdiwar tient la première place parmi ces lieux saints, terre même où commença la foi.

Un centre sacré comme Lalish

Un parallèle éclairant unit Perdiwar à la vallée sainte de Lalish, centre spirituel de la foi yézidie. Chacune de ces religions kurdes singulières possède un lieu sacré suprême unique, terre sainte liée au fondateur ou refondateur de la foi, vers laquelle s’oriente toute la vie de dévotion de la communauté et où vont ses pèlerins. Pour les Yézidis, c’est Lalish, avec le sanctuaire de cheikh Adi ; pour les Yarsanis, Perdiwar, avec le souvenir de Sultan Sahak.

Ce modèle commun reflète quelque chose de profond dans les traditions religieuses des Kurdes, où un paysage sacré et un centre saint jouent un rôle central, et où la foi s’enracine dans un lieu particulier et cher des montagnes. Les religions kurdes du yézidisme et du yarsanisme, avec leurs traditions apparentées, trouvent chacune leur cœur dans un tel sanctuaire. Voir Perdiwar à côté de Lalish, c’est reconnaître un instinct spirituel commun à ces anciennes religions du monde kurde : rendre une terre particulière sainte et rassembler autour d’elle la vie de la foi.

Symboles et sens

Perdiwar est riche de sens symbolique. Son nom même, compris comme de ce côté du pont, évoque l’image d’un seuil ou d’un passage ; dans l’imaginaire yarsani, le sanctuaire est précisément ce seuil, le point où se rencontrent les mondes divin et humain, où Haqq se manifesta et où naquit la foi. Qibla des Yarsanis, c’est le centre vers lequel se tourne la dévotion, le point fixe qui oriente tout l’univers spirituel de l’Ahl-e Haqq.

Berceau de la foi, site de son alliance et source de ses écritures les plus anciennes, Perdiwar réunit en un même lieu les origines de toute la tradition yarsanie. Il symbolise l’enracinement de la foi dans le paysage sacré du Hawraman et la conviction yarsanie que les choses les plus saintes sont liées à une terre particulière et consacrée. Contempler Perdiwar, c’est contempler le moment de la naissance d’une religion et le lieu où, dans la vision des croyants, la Vérité éternelle toucha les montagnes des Kurdes.

Perdiwar et les Kurdes

Perdiwar tient une place chère dans le patrimoine des Kurdes, sanctuaire le plus saint de l’une de leurs religions singulières. Les Yarsanis forment une communauté très majoritairement kurde, centrée sur les pays gorani et hawrami du Zagros, et leur centre sacré de Perdiwar lie intimement leur religion à la terre kurde. Dans le sanctuaire du Sirwan, le caractère kurde de la foi yarsanie trouve son expression la plus profonde, enracinée dans les montagnes et la langue du Hawraman.

Pour une communauté qui, comme d’autres minorités religieuses kurdes, a subi l’incompréhension et les pressions, la terre sainte de Perdiwar est une source d’identité, de continuité et de dignité, ancrant les Yarsanis dans un passé sacré et un lieu saint qui leur appartiennent. Honorer Perdiwar, c’est honorer la profondeur et la singularité du patrimoine yarsani dans l’histoire plus large des Kurdes et reconnaître la riche diversité religieuse du monde kurde, où des religions comme le yarsanisme ont leurs propres centres saints et leurs propres traditions anciennes.

Débats et idées reçues

Qu’est exactement Perdiwar : un édifice, une pierre ou un lieu ? Les sources le décrivent comme une construction sacrée sur le Sirwan, associée à une grande pierre dans les jardins de Shaykhan qui marque l’endroit de Sultan Sahak et de ses compagnons. Sultan Sahak établit ce site comme qibla de la foi. Il vaut mieux le comprendre comme un site saint et un sanctuaire, berceau de la religion, plutôt que comme un simple objet unique ; les détails physiques précis varient selon les traditions.

La tombe de Sultan Sahak est-elle à Perdiwar ? Les traditions varient ici, et l’honnêteté exige de relever cette incertitude. Certains récits placent son sanctuaire funéraire à Perdiwar, dans les montagnes du Hawraman, tandis que d’autres associent sa sépulture au secteur de Shaykhan, dans la région de Kermanshah. Ce qui demeure constant est que Perdiwar est le sanctuaire où il fonda la foi et le lieu saint suprême des Yarsanis. La situation exacte et la nature de sa tombe sont décrites différemment selon les sources ; reconnaître cette diversité est plus fidèle qu’affirmer une seule version.

La comparaison avec la Kaaba implique-t-elle une hostilité à l’islam ? Non. L’équivalence de Perdiwar et de la Kaaba est la manière propre aux Yarsanis d’exprimer la sainteté suprême de leur centre saint au sein de leur foi. Elle doit être comprise comme une affirmation de leur dévotion plutôt que comme une polémique contre une autre religion. Le yarsanisme est une tradition religieuse distincte du monde kurde, avec ses propres écritures en kurde gorani, ses saints et ses lieux saints ; Perdiwar en est le cœur spirituel cher aux fidèles, à comprendre dans les termes mêmes de cette foi.


  • Sultan Sahak : le fondateur de la foi yarsanie qui établit Perdiwar

  • Kalam-e Saranjam : les écritures sacrées yarsanies, avec leurs anciens textes perdiwari

  • Les Haft Tan : les Sept Êtres saints, compagnons de l’alliance de Perdiwar

  • Baba Yadgar : l’autre grand sanctuaire de la foi yarsanie

  • Le tanbur : l’instrument sacré yarsani du rituel du kalam

  • Lalish : la vallée sainte des Yézidis, centre sacré parallèle


Questions fréquentes

Qu’est-ce que Perdiwar ?

Perdiwar, également écrit Pardiwar, est le sanctuaire le plus saint de la foi yarsanie, l’Ahl-e Haqq, l’une des religions singulières des Kurdes. Il se trouve au bord du Sirwan dans la région du Hawraman au Kurdistan. C’est là que le fondateur de la foi, Sultan Sahak, établit la religion à la fin du quatorzième ou au début du quinzième siècle. Les Yarsanis le vénèrent comme l’équivalent de la Kaaba et comme leur qibla.

Pourquoi Perdiwar est-il si sacré pour les Yarsanis ?

C’est le berceau de leur foi, où Sultan Sahak établit la religion, conclut son alliance sacrée avec ses saints compagnons et où, selon leur croyance, la Vérité divine devint manifeste et immanente. Leurs textes sacrés parlent de son équivalence avec la Kaaba. C’est la qibla vers laquelle se tourne leur dévotion et la première destination de leur pèlerinage, le lieu le plus saint de la foi.

Où se trouve Perdiwar ?

Perdiwar se trouve au bord du Sirwan, dans les montagnes du Hawraman, également appelé Uraman, en pays kurde de langue gorani, sur les confins des actuels Iran et Irak. La tradition l’associe à un site sacré dans les jardins de Shaykhan, marqué par une grande pierre. Ce paysage montagnard escarpé est le cœur du pays des Kurdes goranis et un berceau de la foi yarsanie.

Que signifie le nom Perdiwar ?

Le nom Perdiwar, également écrit Pardiwar, est compris comme signifiant de ce côté du pont, référence à un passage sur le Sirwan près duquel se dressait le sanctuaire. Cette image convient à la tradition yarsanie, qui comprend Perdiwar comme une sorte de seuil ou de passage entre les mondes humain et divin, le lieu où naquit la foi.

Que sont les textes perdiwari ?

Les textes perdiwari sont la couche la plus ancienne et la plus vénérable des écritures yarsanies, nommés d’après le sanctuaire de Perdiwar où la foi fut fondée. Ils forment le noyau ancien de la poésie sacrée connue comme le Kalam-e Saranjam, datent approximativement des quinzième et seizième siècles et sont composés dans le kurde gorani, langue sacrée de l’Ahl-e Haqq. Ils possèdent une autorité particulière comme écritures de l’âge de formation de la foi.

Comment Perdiwar se compare-t-il à Lalish, chez les Yézidis ?

Tous deux sont les centres sacrés suprêmes de religions kurdes singulières. Comme Lalish, avec le sanctuaire de cheikh Adi, est la vallée sainte et le cœur spirituel des Yézidis, Perdiwar, avec le souvenir de Sultan Sahak, est le sanctuaire fondateur et le lieu le plus saint des Yarsanis. Ce parallèle reflète un modèle profond des religions kurdes, où un paysage sacré et un centre saint unique jouent un rôle central dans la vie de la foi.


Références et lectures complémentaires

Ahl al-Haqq : Pardiwar, la Kaaba de l’Ahl-e Haqq — WikiShia

Le sanctuaire de Sultan Sahak, lieu de culte le plus saint des Kakais — Kurdistan24

Yarsanisme : les textes perdiwari — History of Kurdistan

Le patrimoine textuel religieux des Yarsan, Ahl-e Haqq — Oral Tradition

Yarsanisme — Wikipédia

Ahl-e Haqq, yarsanisme — Alevi Ansiklopedisi

Yarsanisme — KurdishPeople.org

Sultan Sahak — Wikipédia